Avec Sunflowers, le Portugal est l’autre pays du fantôme

Sunflowers Castle SpellOn suit le groupe Sunflowers depuis ses débuts et on aime plutôt bien ce qu’ils font. En attendant de revenir dans les grandes largeurs sûrement sur leur deuxième album, Castle Spell, sorti il y a une dizaine de jours maintenant chez les excellents Only Lovers Records, on se contentera ici de présenter leur nouveau single… Castle Spell et d’en saluer la qualité.

Pour ceux qui s’en souviennent et les autres, Sunflowers est un groupe de psyché garage noise punkomachinchose de Porto (au Portugal). Comme on ne connaît toujours rien de rien (c’était le cas il y a deux ans et on n’a pas du tout potassé depuis) à la scène indé portugaise, nous sommes incapables de dire si Sunflowers préfigure une sorte d’école portugaise de la guitare affolante ou s’ils sont juste des éclaireurs pionniers d’un genre à décoiffer la morue. Toujours est-il qu’après un premier album excellent, le duo (ils sont deux mais ils ont l’air d’être au moins douze) composé de Carlos et Carolina (ou Carole pour les intimes), est toujours aussi déchaîné et peu domestiqué. Le nouvel album s’organise autour d’un concept ténébreux et gothique : dévoiler en dix morceaux les pièces habitées d’un palais du lugubre et de l’obscur. Cela donne un album vigoureux, sonore et chaotique, porté par des hurlements, des cris de succube en rut (ou alors très en colère) et des nappes de guitares psychédéliques pleines d’effets spéciaux. L’imagerie renvoie à des films d’horreur du passé, à l’image de cet excellent clip, à la Motorville (en moins rigolo et sexy) qui mêle une dizaine de classiques de l’horreur et de la série Z. Oui, avec Sunflowers, le Portugal est bien le pays des fantômes, des vampires et des loups-garous.

La musique de Sunflowers est fascinante car elle électrise l’auditeur autant qu’elle le fait bouger. Il y a toujours un fond de groove qui sommeille ici quelque part, conférant à cette messe gothique une sorte de supplément d’âme et de folie, qui renvoie aux 70s, à Julian Cope et à une forme de Bauhaus psychédélique qui est encore à inventer. Paradoxalement, l’album est plus tenu que le précédent, tout en donnant la sensation que le groupe est définitivement débridé et prêt à toutes les outrances. L’esprit de The Cramps n’est pas encore tout à fait mort.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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