Chris Orrick : torch song, réalisme social, hip hop et Muppets

Chris Orrick - PortraitsChris Orrick est une figure atypique du hip hop américain. Ancien ouvrier dans le Michigan, l’homme s’est fait connaître sous le nom de Red Pill par ses chansons à forte connotation sociale. Ses paroles ultraréalistes constituent « à la Dylan » une observation précieuse de l’Amérique de Trump : déclin industriel, misère ouvrière, violence rurale et toxicomanies à tous les étages. Son album solo, Portraits, s’annonce comme l’un des albums importants de l’année hip-hop, tant la singularité d’Orrick devrait y trouver son expression. Entouré par des producteurs de renom, Chris Orrick entame ses Portraits en bonne compagnie, avec la sortie de ce single assez génial, Design Flaw, produit par le producteur star l’Orange, spécialiste des musiques old school et old tempo. On retrouvera sur d’autres morceaux Apollo Brown et Nolan The Ninja.

Le clip de Design Flaw repose de surcroît sur une idée géniale : faire parler des violences ordinaires et de l’alcoolisme (tout aussi ordinaire) à travers des marionnettes. On retrouve ainsi réfugié dans une chambre d’hôtel et entourée de jeunes femmes une sorte de Muppet au bord de la crise de nerfs. La situation est cocasse, risible et terrifiante. Le morceau lui-même est assez formidable reposant sur ce mélange de beat rétro et de piano jazz qui caractérise l’approche musicale d’Orrick. Souvent tendu entre le hip-hop traditionnel et le piano bar, les accompagnements de ces morceaux sont toujours soignés, soyeux et laissent beaucoup d’espaces à la mise en avant du flow. Ils constituent de fait un vrai élément d’attraction pour ceux qui ne fréquentent pas le hip-hop d’ordinaire.

Il ne faut pas hésiter à écouter attentivement le texte, voire à le lire, tant la poésie de Chris Orrick n’a rien à envier aux meilleurs songwriters américains. Ce type est une plume importante pour l’Amérique d’aujourd’hui. Entre Dylan et Bukowski pour les uns… mais rap. On peut évidemment s’amuser à écouter du Rnb et croire que la vérité est ailleurs, mais Orrick fait partie des quelques rappeurs qui disent l’Amérique et ses travers mieux que quiconque. Rien que pour ça, il ne faut pas hésiter à aller butiner ce Portraits qui sort le 4 mai chez Mello Music Group.

Honestly pretty bad, I’m trying to get better at
Thinking about what they might put on my epitaph
Or thinking about how I’ve been treating my better half
Or thinking about the shit I’d be doing instead of rap
I could be working at McDonald’s or at the plant
Instead I’m overseas, Cali to Amsterdam
Moscow to D.C., Paris to Bellingham
But then the mind starts to think
And you know, the mind it connects to the spine
And the spine is entwined with the nerves, but I’m fine
I’m inclined to the wine and I pine for a time
When my crime was the name on the spine
Of a book, never mind all the signs, how it looks
It’s a crime, or at least how the law
Has it defined and I’m trying to be fine
But I’m not, my design is a flaw

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