Gunwood en playlist

Gunwood par Richard SchroederDéjà auteur en 2014 d’un magnifique EP (autoproduit) nommé Gunwood Circle, le trio, via le label Zamora, propose aujourd’hui son premier album officiel : entre folk et littérature, rock et voyages immobiles, Traveling Soul, comme son titre l’indique, dépayse l’horizon français. L’occasion de demander à Gunnar (guitares, voix) sa playlist idéale.

Crédit photo : Richard Schroeder.

Stina Nordenstam – I Came So Far For Beauty
La chanteuse suédoise assez méconnue a sorti en 1998 l’album splendide People Are Strange composé majoritairement de reprises. Tout comme les autres titres de l’album, cette reprise de Leonard Cohen mélange avec subtilité des influences folk, grunge et garage, d’autres morceaux sont également teintés de trip-hop. Stina Nordenstam se permet même de sublimer le tout avec un quatuor à cordes sans faute de goût. Un mélange de nostalgie, tristesse, colère et de beauté.

Elvis Perkins – While You Were Sleeping
Ce morceau m’a marqué entre autres par sa poésie et son interprétation honnête et ressentie. Il s’agit d’une lettre d’adieu à sa mère décédée dans un des avions du 11 septembre, ce qui peut expliquer l’intensité de la performance vocale du début jusqu’à la fin du titre. J’aime également les prises de son naturelles et chaleureuses qu’on retrouve dans tout l’album Ash Wednesday.

Wye Oak – Civilian
Ce titre est pour moi un des mélanges de folk, garage et noise les plus réussis des 10 dernières années. La production musicale est subtilement agressive sans gâcher la beauté des mélodies, rappelant des mixages à la Steve Albini. Un petit coup de génie qui arrive à nous transporter avec une suite de 4 accords sans être trivial.

The Dubliners – The Foggy Dew
Ce groupe a bercé mon enfance. The Foggy Dew est pour moi l’une des plus belles chansons du répertoire traditionnel irlandais, et Luke Kelly l’interprète avec une intensité saisissante. Il s’agit d’ailleurs probablement d’un des chanteurs qui m’a le plus influencé dans ma vie.

Feist – Undiscovered First
Dans Metals, Feist marque pour moi le début de son indépendance artistique. J’ai découvert les morceaux de l’album via une session live organisée par « Blogothèque » où elle interprète ses titres accompagnée par 3 instrumentistes et 3 choristes à la fois déchaînés et d’une finesse inouïe. Ce titre m’a surpris par son écriture originale, son côté tribal, les arrangements faussement primitifs et le son extraordinaire produit par le grand Renaud Letang.

Jeffrey Lewis – Roll Bus Roll
L’artiste new-yorkais est un des représentants les plus emblématiques du mouvement anti-folk. Parmi ses titres on retrouve du punk garage, des balades country, et des belles chansons folk comme le morceau que j’ai choisi. Roll Bus Roll est une ode au voyage, mélangeant humour et amertume face aux problématiques qu’on rencontre en étant constamment sur la route.

Nirvana – Lounge Act
Je pense que c’est un des titres les plus méconnus de l’album Nevermind. C’est aussi le titre que je réécoute le plus souvent de Nirvana. La performance vocale sur ce morceau me transcende à chaque écoute, ainsi que sa richesse harmonique et mélodique.

Half Moon Run – Full Circle
Je n’aime pas tous les titres du groupe canadien, mais Full Circle fait pour moi preuve d’une grande maturité en termes d’écriture et d’approche du son. Il fait partie des morceaux qui m’ont conforté dans le fait qu’on a le droit d’à nouveau s’inspirer des grands trios vocaux des années 60 sans forcément sonner ringard.

Galt MacDermot – Coffee Cold
Encore un artiste méconnu du grand public, qui est pourtant à l’origine des compositions de la comédie musicale Hair, et qui doit figurer parmi les artistes les plus samplés au monde. Il a fait toute une série d’enregistrements magnifiques dans les années 60, mélangeant blues, jazz, rhythm & blues, soul et funk New Orléans. Sans être un pianiste virtuose, il arrive à nous faire entendre par son jeu tout en finesse que c’est bien lui qui est à l’origine des compositions.

Piers Faccini – Cloak Of Blue
Son album I Dreamed An Island est d’une grande beauté, il y mélange ses influences folk aux sonorités orientales. On y entend des violons utilisant des quarts de tons, des guitares trémolos, des guitares folk, des chœurs transcendants, le tout avec un son intimiste et chaleureux. Un album qui sonne incroyablement juste.

Union Station – The Boy Who Wouldn’t Hoe Corn
Avec le blues, le rock et le folk irlandais, le bluegrass fait parti des styles qui m’ont beaucoup marqué en tant qu’enfant. J’ai découvert cette chanson bien plus tard, mais j’y retrouve tout ce que j’adore dans ce style musical : mélodies saisissantes, harmonies vocales, sans parler du son et du jeu extraordinaire d’Alison Krauss au violon ainsi que des autres musiciens.

Radiohead – Exit Music (For A Film)
Il s’agit pour moi de la chanson la plus intense du groupe, que ce soit en termes de composition ou de production musicale. La voix a été enregistrée dans une cage d’escalier donnant lieu à une reverb magnifique. C’est aussi une des chansons qui m’a familiarisé avec l’instrument nommé Mellotron, l’ancêtre du synthétiseur.

Simon & Garfunkel – Patterns
Paul Simon est pour moi une énorme référence en termes d’écriture. J’aurais évidemment pu mettre des dizaines d’autres titres du duo dans cette playlist, mais ce titre m’a marqué particulièrement par sa mélodie celtique et son ambiance. De plus il s’agit d’une chanson plutôt méconnue qui mérite d’être écoutée.

Gunwood – Traveling Soul

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