Nouvel album d’Umberto : le retour du prince des ténèbres électroniques

Umberto

Umberto, de son vrai nom Matt Hill, fait partie des artistes clivants, autrement dit des types dont le talent divise tout autant par ses productions (électroniques) que par le genre ou le sous-genre qu’il représente. Tenu pour le pape des musiques de films d’horreur et digne successeur de John Carpenter (qui connaît un vrai regain d’intérêt en tant que compositeur musical depuis qu’il aligne les CDs) ou de compositeurs italiens célèbres comme Fabio Frizzi, Giovanni Cristiani (compositeur du classique Demonia) ou encore Franco Piana, ces trois derniers étant particulièrement associés aux musiques des films icôniques de Lucio Fulci, Umberto est à son échelle (de série Z) une sorte de légende vivante. Le gaillard, originaire de Los Angeles, est jeune (30 ans), longiligne, quasi muet et mystérieusement timide. Ses longs cheveux, souvent gras, lui cachent les yeux, souvent cernés par une mauvaise fatigue passée à enquiller les éreintantes tournées mondiales en solitaire où il propose des concerts en forme de DJ set ou ciné-concert exclusivement dédiés à ses compositions. La musique d’Umberto a remplacé les soirées batcave dans le coeur de fêtards post-gothiques qui préfèrent le soleil de Malibu et le gin au jus de tomate et aux musiques de corbeau. L’esprit reste cependant le même : affligé et inquiet, déprimant et environné de menaces détraquées à l’arme blanche.

Après quelques singles interstitiels qu’on recommande chaudement (et notamment In The Night), et un album composé en collaboration avec Antoni Maiovvi (tout aussi excellent), Umberto reviendra en juin chez Not Not Fun Records avec un album intitulé Alienation. Deux morceaux ont été révélés qui placent la barre assez haut, accompagnés chacun de clips plutôt épatants bien qu’assez flippants. Awakenings nous éclaire sur les secrets du monde négatif, un truc à la Lovecraft qui court et se développe sous l’épiderme de notre propre monde, tandis que le génial Drifters nous embarque dans une dérive zombastique dans un Los Angeles hanté. Comme toujours chez Umberto, la musique est assez linéaire, secouée de spasmes peureux qui relèvent le niveau d’angoisse à des hauteurs rarement atteintes. Les compositions peuvent paraître mornes et sans imagination à ceux qui n’aiment tandis qu’elles constituent des monuments de délicatesse et des trésors de progression pour les autres. Pour ceux qui doutent encore rappelons que le jeune homme a émargé un temps chez Rock Action et fait figure d’influence non négligeable (bien que complètement incontrôlable – Matt Hill se trimballe une réputation de dingo dans le métier) chez les Écossais de Mogwai.

Quoi qu’on en pense, on n’a pas encore trouvé d’équivalent moderne aussi adapté et envoûtant pour accompagner le massacre à la tronçonneuse d’un flic zombie français ou le viol d’une jeune nonne italienne.

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