Pale Honey / Devotion
[Bolero Recordings / import]

9 Note de l'auteur
9

Pale Honey - DevotionPour juguler la morosité ambiante et prégnante, direction Göteborg : c’est là que se cache Pale Honey, l’un des groupes les plus réjouissants du moment, haut la main.

Après la parution d’un premier album bien ficelé (Pale Honey – 2015) et malgré l’incompréhensible confidentialité du duo hors de la Scandinavie, les deux filles continuent de sillonner les salles de concerts du Nord de l’Europe, sans jamais se départir d’un grand sourire toujours rivé sur leurs frimousses. Entre la (fausse) blonde dont le regard implacable coupe les jambes et fait s’emballer le palpitant et la brune espiègle aux allures de copine trop cool avec qui on aimerait finir la soirée, Pale Honey bénéficie d’une double carburation qui permet à leur noisy pop-songs de renverser la concurrence avec une facilité déconcertante.

Dès les premières secondes de Replace Me une ligne de basse bondissante happe l’auditeur tandis que le chant de Tuva Lodmark se mue en feulement, le tout sonnant comme un tube des Pixies (ou de The Breeders). Parfois ces demoiselles bandent les muscles, quand Nelly Daltrey malmène les fûts de sa batterie sans jamais se départir pour autant d’un groove indéniable. Le compère du duo féminin n’a semble-t-il pas trop le droit de cité (c’est elles qui signent toutes les compositions et occupent l’espace médiatique), pour autant le garçon assure sa part pour que les chansons soient truffées de gimmicks fédérateurs. Pale Honey claque les tubes comme Homer Simpson s’enfile des donuts : outre Real Thing Get avec sa mélodie façon machine à laver qui est un tube attesté après des dizaines (voire bien plus) d’écoutes ; These Things Out Of My Head fait l’effet d’un saut à l’élastique du haut d’un pont vertigineux ; Lesson Learned devrait ravir ceux qui ont toujours eut envie de savoir ce qu’aurait donné Sebadoh si Lou Barlow avait été une gonzesse (de surcroît dans un studio moderne) ; Golden deviendra un hymne pour stades façon Seven Nation Army quand elles seront enfin célèbres… Mais au delà de ces références, auquel on ajouterait volontiers Weezer et Nada Surf pour appâter le chaland, on pointe plus d’une fois des ressemblances avec leurs consœurs française Mensch, dans une version anglophone et « so sweet » : une sensibilité à fleur de peu, une volonté farouche de ne pas s’épancher dans l’auto-complaisance, une envie de partager communicative, un talent pour les mélodies à tiroirs. Les Suédoises savent aussi nous coller le bourdon comme sur The Heaviest Of Storms (Devotion, Pt. 1) lorsqu’elles baissent la garde et s’ouvrent à la confidence. Plus loin, avec 777 (Devotion, Pt. 2) on les accompagne dans leur intimité domestique : elles sont encore plus craquantes quand elles laissent entrevoir toutes leur fragilité post-adolescente. Pale Honey se permet même de relayer en dernière position le toxique Why Do I Always Feel This Way qui s’évanouit… avant qu’on appuie une énième fois sur la touche « replay ».

Tracklist
01. Replace Me
02. Someone’s Devotion
03. Get These Things Out Of My Head
04. The Heaviest Of Storms (Devotion, Pt. 1)
05. Lesson Learned
06. Real Thing
07. 777 (Devotion, Pt. 2)
08. Sweep
09. Golden
10. Why Do I Always Feel This Way
Pale Honey - Devotion

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