Peter Perrett, l’homme qui revenait d’ailleurs

Peter PerrettOn ne compte plus le nombre de fois où on a cru en un vrai retour de Peter Perrett, l’ange noir du pré-post punk britannique, chanteur de The Only Ones et auteur avec son groupe de titres aussi marquants (et géniaux) que Another Girl, Another Planet, Why Don »t You Kill Yourself, Flaming Torch, Miles From Nowhere ou Lovers of Today. Célébré dans une inquiétante biographie (toujours pas traduite en français), Peter Perrett, qui a eu 65 ans il y a quelques semaines, est une sorte d’équivalent londonien de Lou Reed mais un Lou Reed bien plus romantique et sombre que l’original. Exclu de l’école à 15 ans, Peter Perrett a financé l’activité de son groupe (les instruments, les enregistrements) par le trafic de drogue (son père était policier!) avant de lui-même tomber dans une addiction qui l’a conduit à disparaître littéralement pendant des décennies entières.

Sa biographe raconte qu’il passa ainsi une bonne douzaine d’années allongé dans la même pièce de sa maison, une ancienne bâtisse victorienne tombée en ruines, avant de se réveiller. En 1996, Peter Perrett était sorti une première fois du bois pour un album merveilleux Woke Up Sticky. Perrett a traîné un peu avec le groupe The One qu’il avait rassemblé autour de lui, avant de replonger. En 2007, The Only Ones s’était reformé, d’abord pour un festival puis pour une série de concerts. Un album avait été annoncé qui ne s’est pas fait. Mike Kellie, le batteur du groupe, est mort il y a quelques mois.

Entre temps, Peter Perrett s’est refait une petite santé (son apparence physique s’est considérablement améliorée depuis sa sortie cadavérique du début des années 2000) et s’est remis à jouer et à composer. Il a signé un contrat avec Domino et livré un nouvel album, How The West Was Won, qui sortira en juin. Miracle des miracles, un premier single est sorti, accompagné d’un clip assez chouette. Peter Perrett y décalque un peu le Sweet Jane du Velvet Underground mais irradie les quatre minutes et trente secondes de toute sa présence vocale. Sa voix nasillarde reste un signe distinctif inimitable. Son air de ne pas y toucher, son jmenfoutisme de façade pourraient en faire enfin un indémodable King of Cool en 2017. L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a touché le fond. On y retrouve son engagement, son habileté lexicale (le titre n’est rien de moins qu’une petite histoire sociale et critique de l’Occident) et son sens du faux rythme. Autant dire que l’album est très attendu (chez nous). L’album comportera 10 titres dont C Voyeurger, titre qui avait déjà voyagé lors de la reformation de The Only Ones. Des love songs mais aussi quelques morceaux engagés. On espère que ce comeback permettra aux plus jeunes (et aux autres) de se replonger dans l’itinéraire de ce chanteur fascinant de beauté et de talent. La légende noire du rock indé anglais de la fin des années 70.

Tracklist
01. How The West Was Won
02. An Epic Story
03. Hard To Say No
04. Troika
05. Living In My Head
06. Man Of Extremes
07. Sweet Endeavour
08. C Voyeurger
09. Something In My Brain
10. Take Me Home
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