Playlist : Bill Murray en cinq titres (et un bonus)

Bill Murray Groundhog DayEt si un grand acteur se définissait en fonction de son lien avec la musique ? De sa capacité à éveiller chez le spectateur / auditeur des images indissociables d’une sonorité, d’une chanson ? Impossible, ainsi, de se remémorer Harry Dean Stanton sans que ne surgisse aux oreilles le thème de Paris, Texas ; difficile de ne pas associer Marlon Brando à la musique du Parrain ; et puis, à vif, Pascale Ogier (Elli & Jacno), Kyle MacLachlan (Badalamenti), Diane Keaton (Gershwin), Jim Carrey (Mighty Mouse)… Bref : tous les grands acteurs font corps avec la musique.

Certains même plus que d’autres. C’est le cas de Bill Murray (le plus grand d’entre tous) dont la filmographie, outre un rapport privilégié avec les animaux (taupe, marmotte, Garfield, requin-jaguar), se distingue, avant tout, par une fréquente utilisation de la pop, du rock, et même du punk.

Bill Murray, donc, en cinq titres, cinq émotions intimes. Who you gonna call ?

Sonny & Cher – I Got You Babe
Commençons logiquement par le plus beau rôle de Bill (et le film préféré de toutes les musiciennes et de tous les chroniqueurs rock) : Groundhog Day, dans lequel, synopsis aussi connu que la Bible, le météorologue Phil Connors vit inlassablement la même journée. Coup de génie du cinéaste Harold Ramis : Bill se réveille, chaque matin et dans des humeurs mouvantes, au son d’I Got You Babe. Le titre de Sonny & Cher s’apparentait auparavant à un classique connu de tous, en 93 il devient la bande-son officielle du Bill Murray-film (un genre à part entière).

The Stooges – Search and Destroy
Le score de La Vie Aquatique est certes rythmé par les reprises Bowie du génial Seu Jorge, mais comment oublier cette incartade godardienne (référence Bande à part) durant laquelle, flingue en mains, Bill, habillé d’une robe de chambre, extermine les pirates envahissant son bateau ? Doppelgänger de Bowie, Iggy Pop, selon l’incontestable mélomanie de Wes Anderson, était particulièrement indiqué pour sonoriser la rage de « Kill » Bill.

The Kinks – Nothin’ In The World Can Stop Me Worrin’ ‘Bout That Girl
Toujours chez Wes Anderson, cette fois-ci dans (probablement) le plus beau film du cinéaste, Bill, désinvolte, déprimé, bide en avant, redéfinit, sous nos yeux ébahis, « la piscine au cinéma ». Depuis Rushmore, nous n’écoutons plus les Kinks de la même façon, et il est dorénavant impossible d’aller à la piscine sans une cigarette et un verre de whiskey.

Mulatu Astakte – There Is An End
Broken Flowers n’est certes pas le meilleur Jarmusch. Un rôle (Don Johnston) qui permet néanmoins à Bill d’intensifier à l’écran la figure du « personnage Murray » (comme avant lui, à leurs façons, Charles Chaplin, Jerry Lewis, Nanni Moretti ou Woody Allen) : bougon, en pleine crise cinquantenaire, seul, mais en bonne compagnie avec soi-même. Pour dévergonder le socle Murray, Jarmusch envoie celui-ci sur les routes, à la recherche de ses anciennes (petites) amoureuses. Et lorsque le jazz éthiopien de Mulatu Astakte accompagne le périple existentiel de Bill, le petit film propose soudainement des moments magiques…

Roxy Music – More Than This
Tellement emblématique qu’il est impossible de ne pas citer cette scène anthologique de Lost in Translation : en compagnie de Scarlett Johansson, Bill, plus romantique que jamais, chante en playback du Bryan Ferry. La plus grande vision cinématographique de Sofia Coppola.

Bonus track

Ray Parker Jr. – Ghostbusters
Car nous avons tous découvert Bill Murray avec ce film (en décembre 84), car notre amour pour Bill provient de Peter Venkman, car ce fut Ghostbusters, lors de sa sortie française, qui nous fit admettre un fait jamais démenti depuis : Bill Murray is the boss.

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