Spirit Fest / Spirit Fest
[Morr Music / La Baleine]

5.5 Note de l'auteur
5.5

Spirit Fest - Spirit FestSi The Notwist est solidement installé au Panthéon de la pop moderne, cela fait néanmoins bien longtemps que les (trop) nombreux projets auxquels participent Markus Acher suscitent plus souvent de l’indifférence, voire de la circonspection, que de l’enthousiasme.

Cette fois-ci, Spirit Fest concrétise le pont entre la sphère Morr Music et la scène japonaise. Lancé à l’initiative du duo Tenniscoat, ce collectif compte outre le barbu, son acolyte au sein de Notwist, Cico Beck (également à l’œuvre chez les excellents Aloa Input) et Mathew Fowler (Jam Money). A l’occasion de la venu des tokyoïtes pour un festival organisé par Alien Transistor (le label de Markus), la bande s’est enfermé dans un home-studio : quatorze jours plus tard, Spirit Fest était dans la boite. Vu la genèse du projet, on comprend que chacun des musiciens est venu avec des bases de compositions, sur lesquels les autres sont venus broder et s’immiscer plus ou moins. Voilà qui explique la relative hétérogénéité des morceaux, quand bien même la production de Tadklimp (déjà aux manettes de productions de Morr), donne un vernis électro-acoustique qui tend à unifier l’ensemble.

Ainsi donc, à moins d’être fan de toutes les réalisations des artistes ici à l’œuvre, il y a à boire et à manger parmi cette dizaine de pièces mollassonnes ou confortables (selon l’appréciation de chacun). Sur Déjà Vu, en introduction, on reconnaît immédiatement le style de Saya & Takashi avec ce chant enfantin et précieux… C’est assez tartignolle – comme souvent chez Tenniscoat – mais il faut reconnaître quand même la mélodie simpliste colle aux oreilles. Il en est de même sur Hitori Matsuri dont le ton compassé peut agacer sur la longueur (plus de sept minutes quand même !) alors que Shuti Man, mélange de japonaiseries et de fanfare bavaroise, est carrément irritant. Nambei avec son ton sautillant est nettement mieux, Markus Acher parvenant à glisser quelques paroles, tout comme l’évanescent instrumental Inklings rehaussé d’une pincée de guitare. On négligerait bien vite cet énième disque d’électronica plus ou moins expérimentale, plus ou moins sincère, en tout cas trop sirupeux, si ce n’était pour deux chansons. Tout d’abord Rain Rain porté par le chant effondré de l’Allemand et doublé de chœurs entêtants : c’est beau à en chialer. Dans une moindre mesure, River River qui présente toutes les qualités d’une ballade de The Notwist. Deux morceaux en état de grâce tandis que le reste du disque est anecdotique voire gentillet, pour peu qu’on apprécie les chants enfantins, le piano électrique, et les cliquetis électroniques.

Spirit Fest – River River

Tracklist
01. Deja Vu
02. Rain Rain
03. Nambei
04. River River
05. Inklings
06. Hitori Matsuri
07. Shuti Man
08. To The Moon
09. Take Me Home
10. Mikan
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