The Album Leaf / Between Waves
[Relapse Records]

8.5 Note de l'auteur
8.5

The Album Leaf - Between WavesDepuis 1999 et alors que Jimmy LaValle participait encore activement à Tristeza (c’est d’ailleurs à travers sa participation à Dream Signals In Full Circles qu’on l’a découvert), The Album Leaf est devenu un projet éminemment personnel pour lequel certains nourrissent des connivences intimes. Chacun de ses neuf albums (en comptant sa collaboration avec Sun Kil Moon) est l’occasion pour ce rocker repenti de se dévoiler un peu plus, d’explorer de nouvelles pistes… qui bien évidemment ramènent toutes aux confins même de son âme. Projet personnel, indéniablement, mais jamais les compositions de The Album Leaf confinent au repli sur soi, ramènent à l’auto-centrage, encore moins à l’apitoiement. Tout au contraire, avec une sensibilité rare, l’Américain sublime cette inspiration très personnelle pour que sa musique puisse prétendre à une certaine universalité. Between Waves (Relapse Records) comporte ainsi huit pièces qui s’affirment au fil des écoutes comme la parfaite bande-son de nos moments quotidiens : quand on quitte ses amis après un week-end passé ensemble, pour un trajet de nuit en voiture ou en train, le nez collé à la vitre, ou encore un dimanche oisif et domestique. Il y a toujours des circonstances et des humeurs qui appellent l’écoute de The Album Leaf. Et inversement.

Porté par une rythmique appuyée, False Down affirme d’entrée de jeu l’inflexion électronique de l’album, mais assez vite l’électronica se drape d’une patine new-age (assez prégnante sur Glimmering Lights) sans pour autant renier un certain allant mid-tempo. D’ailleurs là où Jimmy LaValle excelle, c’est lorsqu’il dédouble le beat électro et les crépitements synthétiques, d’une véritable batterie, inventive puisqu’elle n’a plus à se soucier de tenir la cadence. Et au creux de cette solide architecture, il introduit un saxophone ou des arrangements de cordes (ou du moins des sonorités qui s’en rapprochent) ce qui donne une dimension onirique aux morceaux. Ponctuellement, c’est le chant qui tire la mélodie vers le haut. Car même si le disque compte seulement trois morceaux chantés et qu’il faut attendre la 11éme minute pour entendre LaValle sur le mélancolique New Soul, ces chansons constituent les pépites de l’album. Never Far laisse poindre les influences plus rock de l’Américain : on s’attend à chaque instant que la machine s’emballe, mais la retenue permet de garder une certaine distance envers l’auditeur. Mais c’est bien le morceau Between Waves qui s’enchaîne à Lost In The Fog (superbe exercice post-rock / électro) pour conclure l’album en apothéose. D’aucuns prétendront qu’il ne s’agit toutefois pas d’un tube dans la mesure où la structure s’affranchit du format couplet-refrain et que ces six minutes ne sont pas ponctués d’un gimmick imparable. Certes. Mais c’est un sommet de spleen qui devrait à lui seul suffire à convaincre ceux qui, hésitant encore malgré la beauté de l’objet (la pochette est une œuvre d’art comme d’accoutumée), douterait encore de la puissance mélodique de The Album Leaf et de la faculté de Jimmy LaValle à bouleverser tout un chacun.

The Album Leaf – Between Waves (full album)

Tracklist
01. False Dawn
02. Glimmering Lights
03. New Soul
04. Back To The Start
05. Wandering Still
06. Never Far
07. Lost In The Fog
08. Between Waves
The Album Leaf - Between Waves

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2 Comments

  • Merci pour cette chronique. Le concert de TAL, intimiste, au Flow, il y a quelques semaines mettait bien (quoique peut être un peu trop) en avant la « double rythmique » electro et analo. Et un special coup de chapeau à Matt Resovich, le fidèle des groupes indé de San Diego (Black heart Procession en tête) qui nous a régalé à la trompette ou au violon de la plus belle des manières. Bref un beau concert et des musiciens qui sans en faire des tonnes ont montré une vrais chaleur avec le public post gig.

    • Le concert de TAL… ah oui, l’acronyme du groupe de Jimmy LaValle et non pas la chanteuse française. 😉
      Vous avez bien de la chance d’assister à ce concert.
      Merci pour votre commentaire.

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