Festival Outsiders 3 : l’affiche complète des 25 & 26 septembre 2026

Festival Outsiders 2026“Old school is new school”, c’est la devise de notre édition n°3 du Festival Outsiders cette année, une édition qui se veut ramassée (sur 2 jours et avec 2 artistes par soir pour laisser la place à des sets un peu plus longs), exploratoire et surtout… placée sous le signe de l’exception(nel), et on expliquera pourquoi.

Le Festival Outsiders n°3 maintient la ligne adoptée depuis 2024 : proposer des artistes qu’on chérit, qu’on adore et dont on considère que l’exposition médiatique et commerciale est très très en dessous de ce qu’elle devrait être. Mêler les genres, les âges, et s’offrir une respiration à petits prix (15 euros la soirée, 25 euros le pack deux soirs… quand notre tête d’affiche vend son retour londonien à 75 euros la place !), quitte à y perdre quelques économies. Le Festival Outsiders est autofinancé, 100% indépendant et offre une qualité d’accueil et une liberté aux artistes qui leur donnent envie de revenir année après année. 2025 était une année de découvertes et de comebacks (les Woodentops). 2026 convoque des artistes plutôt confirmés et qui ont pour point commun de n’être pas passés par Paris depuis longtemps mais surtout d’avoir signé des disques pour lesquels on se damnerait tous les jours. Trêve de blabla, voici le programme.

JOUR 1 – Vendredi 25 septembre 2026 – PERIO (France) + BLACK BOX RECORDER (Angleterre)

Eric Deleporte alias Perio, musicien français, photographié à Paris le 19 mai 2025 par Mathieu ZazzoPERIO (France)

Avec son dernier album en date, The Sharp Bones of My Sleep, PERIO a fait partie de nos coups de coeur de l’année 2025. Le disque a été l’occasion pour nous de redécouvrir un artiste trop rare (son précédent album datait de 2018) et qui évolue largement sous les radars médiatiques. Perio a donné de nombreux concerts en province en avril 2026 mais n’est pas passé par Paris. Ce sera chose faite en septembre pour cet artiste à qui l’on doit évidemment quelques chefs d’œuvre durant l’âge d’or du label Lithium. C’était au milieu des années 90 et Perio signait avec Icy Morning in Paris puis Medium Crash (en 1999), deux albums balise de la pop française en anglais. Après une longue éclipse au début des années 2000, Perio revenait aux affaires en 2007 avec The Great Divide, un grand disque de folk psychédélique crépusculaire et magique, pour beaucoup son chef d’œuvre et un aboutissement artistique absolu. On avoue une petite faiblesse pour le plus sombre (et dénudé) Black Condensed, mais une chose est certaine lorsqu’on reprend ainsi sa discographie, c’est qu’il y a de la grâce, de l’harmonie et un charme unique qui se manifestent à tous les étages.

Black Box Recorder

BLACK BOX RECORDER (Angleterre)

On n’a évidemment pas attendu Billie Eilish pour écouter Black Box Recorder. Le groupe a donné son premier concert depuis 17 ans à Leeds, avant de faire son retour devant plus de 2 000 personnes au London Palladium le 22 mai. Il avait été convenu avec eux qu’on n’annoncerait pas le concert parisien avant la confirmation de leur triomphe dans la capitale britannique. Il suffit de se balader sur les réseaux pour égrener les superlatifs et voir à quel point Sarah Nixey (la chanteuse dont on est secrètement amoureux depuis 1998), John Moore, l’ancien batteur et guitariste des Jesus and Mary Chain (il y a remplacé Bobby Gillespie), et notre outsider originel Luke Haines (The Auteurs) ont réussi leur coup. Leur reformation relève autant de l’envie que de l’opportunisme après que Billie Eilish a fredonné sur ses réseaux le refrain de Child Psychology dans sa chambre. “Life is unfair. Kill yourself and get over it.” Il y a plusieurs dizaines de punchlines et autres vers so british dans les trois albums de pop anglaise qui composent leur oeuvre et dont on avait salué la sortie en coffret… en 2019. On ne se doutait pas alors qu’on aurait le plaisir d’accueillir pour le Festival le trio emmené par une Sarah Nixey plus belle que jamais et escortée par ses deux musiciens fabuleux que sont Luke Haines et son ex-mari John Moore. La promesse d’entendre sur scène dans l’écrin confidentiel du Supersonic Records, England Made Me, Girl Singing in the Wreckage, It’s Only the End of The World, ou encore The Facts of Life et The Art of Driving… nous donne déjà le frisson. Comme l’écrivait un journaliste à la sortie de leur concert à Londres, “il n’y a pas plus anglais que Black Box Recorder. Et il n’y a pas mieux non plus.”

JOUR 2 – Samedi 26 septembre 2026 – MOMUS (Ecosse) + SCOTT McCLOUD (USA)

MomusMOMUS (Écosse)

Nick Currie aka Momus n’est pas monté sur scène depuis 2019. C’était il y a une éternité. Si l’Ecossais s’est retranché dans son appartement parisien ces dernières années (après avoir beaucoup voyagé), il n’en est pas moins resté suffisamment actif pour ajouter quelques joyaux à une discographie qui compte aujourd’hui plus d’une trentaine d’albums en studio. On a parlé récemment de Mannequin, d’Aktor, les deux derniers en date, mais on aurait pu tout aussi bien chanter la louange de sa série de reprises de Michel Polnareff, mises en ligne sur youtube, pu évoquer l’attachement qu’on a pour cette synth-pop unique en son genre, que l’on suit avec appétit, surprise, passion depuis le milieu des années 80. L’oeuvre de Momus est l’une des plus intrigantes et bizarres de ces quarante dernières années. Il a été japonais, anglais, indien, pirate et érotomane. Ses chansons transpirent le désir, la sincérité et aussi le goût d’une culture qu’il défend de toutes ses forces alors qu’elle n’en peut plus d’expirer. Momus a écrit des romans à succès. Il a utilisé l’IA pour composer de la J Pop. Il a vu l’homme qui a vu l’ours. C’est une légende dont on s’échange les albums sous le manteau sur les marchés de Bangkok. Notre album préféré s’apelle Bibliotek. Il est sorti en 2012. C’est un chef d’oeuvre au ralenti. On n’a absolument aucune idée de ce que chantera Momus le 26 septembre. Il aura carte blanche, comme toujours, pour nous émerveiller.

Scott McCloud par Kottie Paloma

SCOTT McCLOUD (ex-Girls Against Boys/ Paramount Styles) avec la participation de Simon LENSKI (USA/Belgique)

Il nous aura fallu croiser à nouveau sa route à l’occasion de la sortie de son premier album solo pour réaliser à quel point sa voix et ses chansons nous avaient manqué et parlé. Avec Girls Against Boys ou Paramount Styles, aujourd’hui avec Make It To Forever, Scott McCloud nous a non seulement offert des chansons qu’on oubliera jamais (Drunx, Whores and MZK People, Come To New York, Let Me Come Back, Kill The Sexplayer, etc) mais aussi un condensé d’histoire alternative américaine depuis les influences velvetiennes et new yorkaises (Sonic Youth, les Ramones) jusqu’au punk musculeux de Washington qu’il incarne à la perfection. Son chemin, McCloud se l’est taillé grâce à une voix hors du commun, grave et graveleuse, profonde et ensablée dans les excès d’une modernité qui lui servait l’alcool, les filles et les salles pleines sur un plateau. Avec son premier album en solitaire, l’homme n’est pas tout à fait devenu philosophe mais a atteint une densité poétique qu’on ne soupçonnait pas. Son passage français au printemps, à Angers, la Rochelle, Tours, Rennes et Poitiers, nous a convaincu qu’il était l’homme abîmé et sublime idéal pour refermer cette édition n°3. Sa reprise du Search and Destroy des Stooges nous a laissés groggy. L’homme nous a conquis par son charisme et son intelligence. Un bonheur ne venant jamais seul, Scott McCloud sera accompagné pour le festival de Simon Lenski, l’un des meilleurs violoncellistes d’avant-garde de jazz et de rock européen. Habitué à accompagner McCloud sur Paramount Styles, le Belge sera un peu plus qu’un invité de marque, un allié pour servir une collection de chansons explosives, spectaculaires et intimes.

Photos : Perio par Mathieu Zazzo ; Black Box Recorder par Brian David Stevens ; Scott McCloud par Kottie Paloma / Dez Dare ; Momus pour Spotify.

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2 Commentaires
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Orson
Orson
14 jours il y a

Pas revu Momus depuis 2012 à L’International. Le 26.09 je serai évidemment dans le public…

Orson
Orson
14 jours il y a

Quelques idées d’invités pour les prochaines éditions: The Pastels, The Sneetches, Television Personalities, The Feelies, The Durutti Column, Peter Astor, It’s Immaterial, The Brilliant Corners, Close Lobsters, Wolfhounds, Corn Dollies