Gorillaz sort de la brume et singe Chaplin avec les Sparks

Gorillaz - The MountainIl y a toujours tellement de trucs à écouter, à regarder et à décrypter dans les morceaux de Gorillaz qu’on s’y perd un peu. Le single du retour précède la sortie de l’album The Moutain, que le groupe a dévoilé sur scène il y a quelques jours à la grande satisfaction des fans et des critiques présents. Le dit single s’appelle The Happy Dictator, chanson qui reçoit le renfort (assez discret) des Sparks. Les vétérans californiens lancent le défilé des stars et autres vedettes chantantes, rappantes et dansantes, qui garniront le line-up du nouvel opus, parmi lesquelles on compte Johnny Marr (de Morrissey et Marr), Gruff Rhys des Super Furry Animals, Paul Simonon du Clash mais aussi (ce qui est quand même assez spécial) des tas de… types morts comme Bobby Womack, Mark E. Smith ou encore Dave Jolicoeur de De La Soul.

La sortie d’un disque de Gorillaz étant tout autant un événement musical que marketing, c’est cette résurrection de voix “mortes” qui constitue pour l’heure la curiosité de l’entreprise, le groupe ayant eu recours à un dispositif étrange baptisé Voices from Elsewhere qui permettrait de mélanger à nouveau anciennes voix et prises directes. On n’a pas tout compris mais on est pas convaincu que ce soit un grand progrès pour les musiques… vivantes. Pour les fans de James Hewlett, le graphiste et dessinateur a ré-habillé les personnages du groupe, Murdoc, Russel, Noodle… avec un nouveau design. Le concept du disque est que les Gorillaz s’échappent du show business et de la musique commerciale dans laquelle ils étaient tombés pour voguer vers un nouvel âge spirituel et une musique clandestine élevée. Qu’est-ce qu’il ne faut pas inventer ? Le projet est particulièrement ambitieux et comme souvent avec le groupe de Damon Albarn, on est divisés… entre admiration, curiosité pour un projet qui a livré avec Plastic Beach et quelques autres des disques merveilleux, et extrême scepticisme devant l’évidente roublardise d’une équipée qui a aussi abouti à des disques mineurs comme le bof The Now Now ou l’anodin Cracker Island.

The Happy Dictator est, en attendant, un single suffisamment alléchant pour qu’on reconnaisse que chaque mouvement de Gorillaz est digne d’intérêt. La chanson semble évoquer les pouvoirs apaisants et faussement bienveillants d’un dictateur aux gants de velours et a donc un contenu politique qui n’échappera à personne. C’est enlevé, pas trop chargé en guimauve et plutôt habile. On sera au rendez-vous de The Mountain et on a un peu de temps pour s’y préparer puisque le disque n’est prévu que pour le 20 mars 2026.

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MHF
MHF
5 mois il y a

Hâte de les revoir sur scène aussi … Tous ensemble 😉