Les Instantanés d’Imara #32 – Kid Congo à Paris

Kid Congo Powers par ImaraKid Congo Powers était de passage à Paris ce mercredi 11 mars à la Maroquinerie, une chouette petite salle du 20e arrondissement. L’ancien guitariste des Cramps et du Gun Club nous rend souvent visite: c’est la troisième fois que je le vois en trois ans (il était auparavant venu en 2023 dans cette même salle et en 2024 au Trabendo).

À ce rythme-là, il va me voir grandir.

Les premières parties sont la plupart du temps sans intérêt mais la soirée d’hier a fait exception à ce constat, puisque sur cette date et plusieurs de la tournée, c’est Liz Lamere qui ouvre le bal. Chevelure rousse, vêtue d’un corset, de collants noirs et de bottines aux lacets dénoués (attention à ne pas se casser la gueule !) la veuve de l’incroyable et irremplaçable Alan Vega chante et lance des boucles rythmiques depuis son ordinateur. A ses côtés se trouvent un guitariste aux cheveux longs et au t-shirt sans manches semblant sortir d’un groupe de hard-rock et une danseuse toute en cuir noir (avec une ceinture à clous) dont la coiffure rappelle les grandes heures de Siouxsie et des Cure. Ce drôle de trio nous offre une sorte de post-punk gothique électronique pas déplaisant qui nous replonge dans les discothèques souterraines des années 80. Avec sa voix et sa tenue de scène, Liz Lamere fait un peu penser à une Madonna qui aurait choisi le droit chemin, et ses instrumentaux évoquent bien entendu son travail tardif avec son défunt mari. On n’aurait d’ailleurs pas rechigné à entendre une reprise d’un titre solo de ce dernier voire même de Suicide. Quoi, Marc Hurtado et Lydia Lunch le font déjà?Oui, mais bon.. Quoiqu’il en soit et comme Liz me l’a dit après le concert: ”l’esprit d’Alan Vega est en chacun de nous.”

Arrive le Kid à 21h, entouré de son actuel groupe, les Pink Monkey Birds, composé de lui-même, du batteur Ron Miller et du guitariste Mark Cisneros. Le toujours cool Kid Congo habillé d’une veste et d’un pantalon noir avec une jolie chemise rayée et un petit foulard nous livre un set à son image, sobre, élégant et rock n’roll, aussi bien tourné vers le passé que vers le présent: c’est la classe à Las Vegas (story). Son jeu de scène est minime mais gestuel, il s’exprime beaucoup avec les mains. Son set fait la part belle à son dernier album, That Delicious Vice, (dont il faisait déjà la promotion au Trabendo) et ce dès le début du concert avec des morceaux tels que The Boy had it all et Silver for my sister. On retrouve bien sûr également les groupes qui l’ont fait connaître, avec en premier lieu les Cramps. Il raconte son expérience de jeune musicien anxieux à qui on a répondu de simplement jouer quelques accords et le reste suivra. Les accords en question sont ceux de Goo Goo Muck, qu’il entame après cette anecdote. Une chanson de Ronnie Cook & the Gaylads popularisée (et améliorée) par les Cramps qui a contribué à faire leur renommée et qui a récemment été entendue dans Mercredi, une série pas terrible dérivée de La Famille Addams qui a cependant le mérite de renflouer les caisses de Kid Congo et Poison Ivy. Autre morceau des Cramps joué hier soir, Call of the Wighat, titre qui figurait sur l’album live Smell of Female.

Sur la chanson titre de son dernier album, le Kid nous invite à chanter en choeur avec lui “Ese vicio es delicioso para mí”. Heureusement que j’ai fait espagnol LV2. On reste dans le spanglish (ou l’espanglais) avec le très sympathique La Araña au riff accrocheur.  Le Kid salue ensuite la mémoire de son ami Jeffrey Lee Pierce, et lui dédie le titre He walked in (d’une durée de 14 minutes avec un long solo qui fait retourner Lux Interior dans sa tombe) avant de nous offrir une double ration de Gun Club avec d’abord Walking with the Beast (issu de l’album Las Vegas Story) puis le classique She’s like heroin to me (de leur premier album, Fire of Love) qui enthousiasme le public.

Deux morceaux de son dernier LP avant de quitter la scène (A beast, a priest et Wicked World).

The Gun Club par Imara
The Gun Club : Kid Congo, Jeffrey Lee Pierce et la bassiste Patricia Morrisson

Kid Congo revient pour un rappel. Certaines personnes dans l’assistance crient son nom, d’autres celui de Jeffrey Lee et du Gun Club…tandis qu’un autre demande The Mercy Seat, ce à quoi le Kid répond: “Nick Cave est vivant et peut encore chanter ses chansons”. C’est finalement Sex Beat, autre titre phare du Gun Club qu’il nous joue, suivi de Never Said, jolie ballade nocturne aux accents fifties. Pendant l’entracte, une femme disait “Le Wu-Tang Clan passe à Bercy, mais à 150 euros la place j’ai choisi Kid Congo” Elle a bien fait: ce concert était abordable dans tous les sens du terme, mais aussi chaleureux, personnel et humain, loin des grosses arènes où l’on voit le groupe de loin, de surcroît derrière un écran. Merci à Kid Congo de rester accessible. Le rock’n’roll, c’est aussi ça.

Lire aussi :
The Masonics à Paris
The Beatles en reprises
The Rolling Stones en reprises
Les Instantanés d’Imara #29
Buddy Holly en reprises
Rock et dessins animés
Le Jukebox d’internet
Holly Golightly et les filles de Medway

Recevez chaque vendredi à 18h un résumé de tous les articles publiés dans la semaine.

En vous abonnant vous acceptez notre Politique de confidentialité.

Écrit par
Plus d'articles de Imara
Les Instantanés d’Imara #31 – The Beatles en reprises
Des allergiques aux Beatles, j’en connais. Il n’y a pas de mal...
Lire
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires