Le monde amoureux de Sarah Amiel

 

Sarah AmielLe premier album de Sarah Amiel est sorti mi-mars. Il s’appelle Par le hublot, un joli titre qui renvoie au caractère intime et en même temps ouvert sur le monde de ce disque simple et pétri de vie. Il ne faut pas compter sur la chanteuse parisienne (qui vit à Montpellier) pour nous bousculer ou faire autre chose que nous bercer de douceur, mais on peut passer en sa compagnie un excellent moment de poésie et surtout y trouver un réconfort plein de tendresse, de charme et de bienveillance.

Ce disque qui comprend 10 morceaux originaux lorsqu’on le met sur la « platine » (ou le truc qui en tient lieu) fait entrer dans la pièce une sorte de rayon de soleil/lune chaleureux et magique qui transforme la grisaille et les fantômes en songes ailés. A l’image du single Les Refrains, le disque est un hymne à l’art de composer des chansons, de les pousser sans prétention vers le monde, de les entonner et de les garder en tête. Les arrangements sont joyeux, entre folk, jazz cool et décrochés (ultra)marins à l’image de ce miraculeux bonbon qu’est J’voudrais que tu veux, chanté avec Oriane Lacaille. D’aucuns trouveront ça gnangnan, chichiteux, naïf et sans audace mais on peut aussi considérer que c’est tout le contraire. Écrire des chansons qui respirent l’envie de vivre, la joie, la féminité et la bonté n’a jamais été chose facile. Sarah Amiel joue de la guitare merveilleusement bien et se paie quelques envolées de flûte (son instrument d’origine et de prédilection) qui donnent des ailes à quelques uns des morceaux du disque. L’un des morceaux les plus craquants du disque s’appelle L’ennui à deux. C’est un titre qui est si charmant et anachronique, qu’il nous précipite dans une bulle sentimentale dont on ne sortirait sous aucun prétexte. Dimanche accompagnera à merveille votre envie de brunch et de câlins sous la couette. Deux pouces donne envie de tomber amoureux. Il n’y a pas un seul nuage, pas une seule ombre sur ce disque, ce qui en constitue l’horizon et sans doute aussi la limite en matière d’intensité. Sarah Amiel se tient à son cahier des charges (écrire des comptines amoureuses, des miniatures sentimentales) quitte à passer pour quelqu’un qui évolue hors du monde.

C’est doux, c’est neuf, l’équivalent musical d’un film de Truffaut ou de Wes Anderson. Il faut avouer que c’est beaucoup plus cool et moins prétentieux que Zaho de machinchose.

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