Les bébés de merde vol. 2
[Moulbert Records]

8.1 Note de l'auteur
8.1

Les bébés de merde vol. 2On soupçonne les irresponsables qui se cachent derrière les Bébés de Merde de fabriquer de l’adrénochrome avec des cadavres de mioches dans leur arrière-boutique grenobloise puis de se l’injecter direct dans la zez pour trouver l’inspiration. Ces lâches n’ont même pas le courage de donner leurs vrais noms et de signer leur forfait, mais il est possible que ces gens (David le Bébé, Toto L’asticot, Flo Flo, Lolo, Pitou, Brissounet et Bébé Connard) aient à voir avec des structures dont on a dit du bien jadis : les Poupard, David Litavicki et consorts. Oubliez ça, cette fois, Après un premier volume en 2022, les Bébés de Merde signent déjà un retour sur un Volume 2 qui comprend 9 titres et qui, Dieu merci, n’est produit qu’à 30 exemplaires. On espère que personne ne profitera de cette recension pour aller y jeter une oreille tant ce disque est mauvais, maladroit et irrespectueux de ce qui fait le charme et la beauté des nourrissons. On est à peu près certain qu’aucun véritable bébé n’a participé à l’enregistrement de ce disque et que les voix qui sonnent comme des voix et des paroles d’enfants SONT DES VOIX D’ADULTES manipulateurs avec des poils et des pensées tordues.

Il faut être sacrément cinglé pour démarrer un disque par un morceau chanté par un gosse (La Classe) qui fait trois vers sur ses profs et sa vie de collégien. Il n’y a aucun instrument, aucune mélodie, juste un gamin qui fait de la beatbox pendant une minute trente et se la joue star du hip-hop avant de nous souhaiter « bonne chance à tous! » Il en faudra pour survivre à ce disque.

Sur les Gaufres, le chanteur parle de sa mère qui fait des gaufres après avoir arrêté son travail pour s’occuper un peu plus de sa famille. La voix est mal posée comme s’il s’agissait d’un gars qui voulait se faire passer pour un gosse. Le refrain dit : « Oui, c’est un peu comme des crêpes, comme des crêpes, des crê-peus » et il y a une mélodie ska un peu démente qui accompagne tout ça. Si vous diffusez le morceau, vous allez voir que tout le monde va trouver ça bien en plus, et danser, et se marrer, et aussi penser à sa propre mère et aux sacrifices qu’elle a fait pour vous. Les Bébés de merde ont cette seule qualité de dire des choses sincères et de toucher juste. Sur Bébés Cracras, ils parlent de prouts, de caca, de dégueulis. Ce sont les seuls au monde à parler de ça comme ça, c’est vraiment n’importe quoi. On pense parfois à un univers régressif ou à des types qui ont perdu leur cerveau dans le caniveau. Aux absurdités surréalistes de Pierre La Police qui partirait en colo avec un Jordy de quarante balais.

Sur Tous ceux que j’aime, ils arrivent presque à nous faire gober qu’ils ont recueilli la vraie confession d’un bébé. Le texte a la simplicité d’un poème, la beauté immédiate d’une comptine. C’est une fille qui chante et il y a un arrangement variétoche kitsch et seventies qui déchire. Le bébé parle de la joie qu’il ressent à être entouré des siens. On sent des relents d’idéologie anti-travail, comme si ces types avaient un plan secret pour vous dissuader de voter Macron et de penser à autre chose qu’à trimer pour vivre. S’ils n’étaient pas aussi maladroits, on penserait presque qu’il y a une foutue intention derrière cette horreur : attendrir et amuser. Les bébés sont nombreux. Ils évoquent des scènes de violence domestique (Papa), la musique de Wagner et des broderies qui sont offertes aux gens avec un paquet de pâtes dessus (Jolie Broderie). C’est à peu près aussi intéressant que la vraie vie. Il y a assez peu de choses qui riment ou qui ont du sens, si bien qu’on se demande aussi où ils veulent en venir.

L’un des titres les plus cool s’appelle Maracasse. Les auteurs se trahissent. Ce sont autant des rappeurs que des rockeurs. On dirait du Renaud avec des guitares électriques ou alors du Arthur Lee vraiment psychédélique. « J’ai cinq gosses à nourrir. J’ai des gosses dans le ciel, ils font des maracasses. Papa ? T’es quand même un salaud, de nous avoir enfermé là-haut…. » Est-ce que les enfants sont morts ? Ensuite, sur la Zez, le bébé se coince le zizi dans la fermeture éclair un mercredi après-midi parce qu’il regarde Dragon Ball trop longtemps. Le final s’appelle le Polichinelle. La voix ressemble à celle de Roger Cageot sur l’album Puta’s Fever de la Mano Negra. Le bébé qui parle est né d’un accident de capote, c’est cradot. C’est néo-réaliste et dégueu. On dirait du théâtre minimaliste, ou une scène d’un film toc de Caro & Jeunet. De pire en pire. Le bébé est vieux à la naissance et vieux à la fin. Beurk.

On ne va quand même pas faire de la publicité à ce disque. Il est unique. On adorait le Bonhomme articulé et Les Fleurs Noires sur le précédent et il y a, sur le volume 2, des titres qui sont au moins aussi bons que ces deux-là.  Le problème n°1 causé par l’effondrement de l’industrie du disque, c’est que des types dans ce genre n’ont plus aucune limite. Ils peuvent vous faire des disques comme ça deux ou trois fois dans l’année avec le soutien de majors blindées comme Moulbert Records.  Et personne ne fait rien. Personne ne trouve rien à y redire. C’est un comble.

Tracklist
01. La classe
02. Les gaufres
03. Bébés cracras
04. Tous ceux que j’aime
05. Papa
06. Wagner
07. Jolie Broderie
08. Maracasse
09. La Zez
10. Le Polichinelle
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