Mind’s Renaissance nous rend plus Uman

Uman - Mind's RenaissancePause fraîcheur, on en profite ! Quoi de mieux que de parler d’un groupe d’une époque à laquelle on s’imaginait partir à Goa, pour nager parmi les dauphins, après un visionnage très (trop ?) passionné du Grand Bleu ? On parle bien évidemment de Uman, duo frère-sœur auquel on vouait un culte partagé avec les productions synthético-oniriques d’Éric Serra, de Jean-Michel Jarre et de Laurent Boutonnat, probablement pas si éloignées d’influences anglo-saxonnes comme la signature de Trevor Horn (notamment via Art of Noise) et d’autres qui nous échappent, lesquelles se télescopaient à un autre courant (musical) new age / world music incarné, en France du moins, par Deep Forest, auquel on s’est toujours montré méfiant, dubitatif, car conscient des limites et ressorts du genre.

Malgré (ou grâce à) son indépendance, Uman a toujours livré, en trente-cinq ans de carrière, des albums expérimentaux de haute tenue, quitte parfois à frôler courageusement le ridicule, sans jamais pourtant tomber dans la marre new age et ses rudiments alter où il est pourtant si facile de s’enliser. Sincères et axés, c’est l’attitude qu’on retient de Danielle et Didier Jean, DDJ pour les intimes (le petit cercle de fans se reconnaît par cet autre diminutif : D&D). On pourrait trouver en le trio américain Total Blue des enfants (légitimes ? conscients ?) de Uman. L’occasion du nouveau single Mind’s Renaissance d’annoncer la venue d’un septième album… imminent.

Mind’s Renaissance, donc. On apprécie son sifflement, présent depuis quelques singles et années chez Uman, notamment le morceau A Long Walk En Famille l’année dernière, tout aussi (in)tranquille, rappelant aussi bien les compositions sifflées d’Ennio Moriconne qu’un plus improbable Better Person. L’ensemble est sage comme une Enigma. Un certain Dorian Jean vient prêter son expertise batterie. L’ambiance est entre chiens et loups, plus automnale que printanière, quand les vêpres viennent murmurer leur mystère. La raison à des chœurs presque peinés et miséricordieux. L’atmosphère est loin de la mystique d’emphase du Chaleur Humaine (1992) ou de l’onirique Purple Passage (1997).

L’inquiétude — peut-être est-ce elle qui les a empêchés de tomber dans les tropes new age — a toujours été présente ; une méfiance de l’inconnu, méfiance subsistante mais toujours dépassée par un émerveillement renouvelé, qui, cette fois, ne semble pas totalement… au rendez-vous. Peut-être viendra-t-il plus loin dans l’album… ? On lévite, mordillé par le doute. Est-ce l’époque troublante voulant cela ? L’âge avançant ? Uman se montre désabusé depuis quelques temps. Unimaginable sortira cet été, et notre enthousiasme reste, lui, intact comme à chaque sortie du groupe. Il promet ce que chaque journée, chaque année, déposent devant nous comme un miracle discret : la perspective d’un recommencement, d’une relance des dés.

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