Nous avions pris un peu de retard pour chroniquer le cru 2025 de Momus, Aktor, excellent de bout en bout, et on n’est pas fâchés ainsi à l’entame de cette année 2026, de pouvoir enchaîner aussi vite avec les premiers extraits du cru nouveau qui a désormais un titre, une pochette (probable), mais pas encore de date de sortie, Mannequin.
Comme l’explique l’artiste écossais, il aime désormais enregistrer vite et ne plus se poser de questions. Sa pop est devenue peut-être plus instinctive et “en 1ère intention” qu’auparavant mais n’a rien perdu de sa sophistication et de sa classe. L’extrait présenté sur le Bandcamp de l’artiste (voir ci-dessous) comprend en réalité quatre morceaux dont on ne sait pas s’ils seront tous sur le nouveau disque mais qui impressionnent par leur amplitude, la qualité de leur production et leur impact. 4×4 parle de famille, de 4×4 électrique et du quotidien qui harasse et épuise. Le deuxième titre, Decency, est encore plus sombre, racontant la réclusion d’un type dans son appartement pour se protéger de l’état du monde et de la manière dont celui-ci le poursuit. C’est sombre, sec et aussi peu enlevé que possible mais un remarquable conte glauque sur la peur de ce qui nous arrive.
To make this world
A better place
The dream shrank down to my flat
Makeover shows convinced me
To make a better world in my habitat
My walls are thick on the outside
But sensitively thin within
But wifi and my letterbox
Let the grim old world back in
Le ton général de ces titres est sombre, voire carrément noir, et flippant. Afterlife parle de la vie et surtout de la mort d’une personne pleine de vie et qui va disparaître. C’est affreux et fascinant à la fois, servi par une instrumentation passionnante qui s’appuie sur des percussions astucieuses, des cuivres pour confondre un ton farcesque et ce qui s’apparente à une marche funèbre. On ne fera pas d’explication de texte pour le 4ème titre, Neversay, mais c’est aussi un excellent morceau, tout en contrôle et maîtrise de ses effets. De ces quatre titres, on peut tirer une petite idée (peut-être) de ce à quoi ressemblera l’album : un disque angoissé et où la peur est intériorisée; un disque qui ne sera pas flamboyante mais concentré sur d’étranges contes cruels.
En bonus (et sans rapport avec l’album), Momus continue de s’exercer à chanter et à traduire des chansons de Michel Polnareff pour un disque de commande. Sa version de Letter To France est remarquable de mélancolie et de finesse.

