(Avant le) Festival Outsiders : Momus lance 2 nouveaux morceaux en plein cœur de l’été

Momus n’arrête jamais. Après avoir renoué avec la scène il y a quelques semaines, et dans l’attente de son passage au Festival Outsiders, le samedi 26 septembre à Paris, le chanteur Ecossais vient de balancer mine de rien, dans la torpeur estivale, deux magnifiques chansons qui iront garnir la tracklist de ce qu’il présente déjà comme son deuxième (ou second, selon toute vraisemblance) de l’année 2026 après l’excellent Mannequin. Ce nouvel album Humperstinck – on avoue ne pas avoir la moindre idée de ce que signifie ce titre – semble comme le précédent devoir se développer en temps direct par ajout de titres directement à la liste des chansons créées sur le Bandcamp de l’artiste. Ce nouveau work in progress a d’ores-et-déjà été garni de deux morceaux : l’illustré Schlubs and Bozos et le plus intime The Breakers.

Momus - Schlubs and Bozos
Momus – Schlubs and Bozos (capture d’écran YouTube)

Pour les amateurs d’expressions imagées, Schlubs and Bozos signifie en anglais un mélange de “monsieur tout le monde” et de Bidochon, un peu populaires, un peu sots, qu’on désignerait plutôt aujourd’hui sous le nom de “Tuches” en référence au film vedette. Nos Schlubs and Bozos sont la cible d’une satire amusée de Currie qui les dépeint largués mais se croyant en avance sur leur temps, pris de court par une actualité écologique et politique, qui les conduit droit dans l’impasse… sous les yeux d’un photographe de guerre burlesque tout aussi ridicules qu’eux. Le premier couplet est un modèle d’écriture, précis et aux images qui font mouche.

Somebody got to the schlubs and the bozos
So far behind they think they’re ahead
As the jeans and oil world system
Solemnly burns itself to death

La chanson est illustrée par un clip à la façon de Wallace et Gromit qui sert à merveille cette chanson extralucide et pince sans rire qui est cent fois plus intelligente et référencée qu’elle en a l’air. Momus y évoque l’Humperstinck comme “la voix du pays”. The Breakers, le deuxième morceau, est tout aussi riche et emplie d’esprit, à l’image de ce couplet qui évoque l’un des thèmes chers à l’artiste, la licence sexuelle, la liberté à l’époque moderne :

I used to pinch the bottoms of the women in the gents
But now they say I’m creepy if I even
Cast a furtive glance at them
Free the nipple, certainly, that is the nipple’s due
Your bra may be a prison but display
Display’s a prison too

And down into the breakers all the broken people go
And we’ll know next to nothing when there’s nothing left to know

Le morceau n’a évidemment rien de moraliste, pas plus qu’il ne critique la modernité. Momus se contente ici de regarder le temps passer et de compter les pièces qui s’effritent et qui donnent cette idée que tout s’écroule autour de nous.

A l’appui de ces démonstrations sensibles, la pop triste et minimaliste de Momus fait merveille, débarrassée de tout le superflu et de tout effet de manche. Le ton est joueur, enfantin presque, comme si, au fond, tout ceci n’avait pas une grande importance. On pense parfois à un croisement entre un Divine Comedy privé de son orchestre, un groupe de saltimbanques viennois évoluant en acoustique, et le Sufjan Stevens bricoleur des débuts.

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