Pills For Tomorrow réveille les guitares et les Echoes shoegaze

Pills For Tomorrow par Emilie VigliottaCela faisait un petit bout de temps qu’on avait pas entendu un son de guitares aussi déterminé et fuzzy. On est encore orphelins des Dead Mantra et autres rejetons du “réveil shoegaze” qui avaient fait frissonner la France (provinciale) des années 2020. Depuis, c’était chanson et/ou psychédélique mais rien d’aussi frontal et bien étagé que la musique des Grenoblois de Pills For Tomorrow qui sortiront leur premier album à l’automne prochain. On avait croisé la route du groupe à l’occasion de leur premier EP et d’une reprise (pas mal du tout) du Shadowplay de Joy Division. On est contents de les retrouver en aussi bonne forme sur ce Echoes qui a une fière allure et joue des pédales d’effets comme personne.

Le premier album du groupe s’appellera donc The Day They Killed Morpheus et Echoes est … dessus. C’est un album qui a pour thème les ravages du monde moderne et qui, sur la foi de ce premier single, devrait valoir pour la qualité de ses guitares. La voix de la chanteuse Nathalie Valion évolue sous couvert de traitements qui brouillent les cartes et laissent affleurer un texte qu’on qualifiera faute de mieux de gothique et un brin pessimiste. Les guitares moulinent avec précision, créant autour du chant désincarné des vortex électriques qui s’enroulent autour d’une rythmique répétitive impeccable. Laurent Gouviaux, à la guitare, semble le principal compositeur du groupe. La section rythmique avec Laurent Prost et Augustin Garnier amène une belle puissance et un sentiment d’ordre clair, qui donne une belle épaisseur grésillante et vibrante à l’ensemble.

Le son du précédent EP semblait plus clair et plus pop. Celui-ci plonge dans le trou électrique. On aime le brouillard et les effets qui se dégagent de ce premier single, sa confusion apparente et le sentiment de relatif désespoir que cela nous inspire. Le texte confirme qu’on est plus prêts des visions noir et blanc de Ian Curtis, que du shoegaze à ailes de Ride. La cupidité nous avale, on perd de vue nos rêves et on chute (libre) dans la nuit. A défaut d’être très nouveau, l’expression est poétiquement sûre et permet au fond de rejoindre la forme. On attend le disque avec impatience. D’ici là, plusieurs singles sont annoncés. On verra si Pills For Tomorrow a trouvé la bonne formule. Pilule bleue ou rouge ? Il semble que les Grenoblois aient fait leur choix : la Rouge, of course. Quoi qu’il en coûte aux illusions de bonheur.

Man runs after shining gold
Pockets grow heavy heart cold
He sells his dreams loses sight
Falling fast into the night
Whispers echo calling deep
Promises we cannot keep
Chasing shadows in the myst
A world we’d like to resist
Greed it never fades away
Burns the soul makes it decay

Photo (promo presse du groupe) : Émilie Vigliotta.

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