Avant le festival : Playlist découverte des artistes de la 3ème édition en 100 morceaux

Playlist Festival Outsiders 3On a hésité assez longtemps à baptiser le festival Outsiders, le festival de la fin du monde mais cela aurait été sûrement trop mélodramatique. On aura en revanche sûrement la chance le vendredi 25 septembre d’entendre Black Box Recorder entonner l’une de ses plus célèbres rengaines et rien qu’avec cette strophe, on saura qu’on a pas perdu notre soirée :

It’s only the end of the world
Not a death in the family

We’ve seen all the best sights
Been on all the best rides
At the amusement park
On Saturday, we got tongue-tied
After all the best fights
Stuff that’s too boring to trash
It’s classless and crass
It’s only the end of the world

L’édition 2026 a pour sujet l’écriture pop et ses déclinaisons. On ne va pas faire de grands développements sur le sujet mais entre Black Box Recorder et les chansons perverses composées par John Moore et Luke Haines pour la chanteuse Sarah Nixey, entre Momus et ses trente et quelques albums qui vont de la synth pop à la new wave en passant par la K Pop, entre Perio, la déclinaison/dérivation d’une pop française… américanisée, colorée de folk psychédélique, on pourrait aussi parler de l’écriture pop d’un Scott McCloud, voix-cendrier des légendes hardcore Girls Against Boys, rappelons le au départ un side-project des non moins essentiels Fugazi, puis des galopants et essorés Paramount Styles, on ne sera jamais, malgré les apparences, dans un grand écart mais plutôt dans un parcours d’excellence. La pop de la fin du monde se pratique avec élégance, humour, légèreté, pour mettre en appétit (sexuel chez Momus) ou pour faire le bilan d’un parcours.

Pour vous convaincre de venir faire un tour chez nous, au Supersonic Records, on vous a concocté une playlist en 100 chansons, pas une de plus, pas une de moins, qui présente le travail de nos 4 artistes de l’année. Parce qu’il fallait bien illustrer ce billet, on a juste retenu une chanson de chaque ci-dessous, qui comptent parmi nos préférées des préférées.

Découvrir le festival en 100 chansons sur Deezer…

Découvrir la même playlist sur Spotify…

N’hésitez d’ailleurs pas à ajouter des morceaux. La playlist est ouverte aux contributeurs.

Black Box Recorder – The Art of Driving

C’est l’un des plus beaux duos de la pop anglaise des années 2000. La chanson dissimule assez mal son sous-entendu sexuel (rappelons que John Moore et Sarah Nixey finiront mari et femme et parents d’une jeune fille à l’issue de l’aventure BBR) mais vaut aussi pour son côté ballardien, autour de son développement automobile, thème que l’on retrouvera sur un autre des chefs d’oeuvre du groupe, The British Motorway System. La musique de Black Box Recorder a pour finalité principale de balayer les composantes de l’Englishness pour les réenchanter tout en observant leur lente dissolution dans une modernité vulgaire et mercantile.

Momus – I Want You, but I Dont Need You

On peut retrouver ce morceau sur l’anthologie Cherry Red Records de Momus qu’on ne saurait trop recommander. Il est sorti en 1997 sur l’excellent album Ping Pong. Pour nous, on a tout Momus dans cette chanson, le côté pop DIY qui nous rappelle les Television Personalities et le meilleur de la pop anglaise qui emballe un tube clandestin avec deux bouts de ficelle et des paroles simplissimes mais géniales, le côté joueur et amusé du chanteur, la dimension sexuelle très marquée chez l’Ecossais et l’air (fameux) de ne pas y toucher. C’est beau, simple comme un vieux morceau des Beatles, ça se chantonne en lalala et on est pas loin de penser que toute la pop anglaise se résume à ça.

Perio – Graffiti Palace

On aurait pu aller chercher au loin dans le premier album de Perio, le plus connu. Mais en choisissant Graffiti Palace, on voulait mettre l’accent sur la qualité des derniers titres de Perio et notamment son dernier album en date, The Sharp Bones of My Sleep. Il y a assez peu d’artistes français qui font aussi beau et élégant que cette entrée en matière, à la fois entraînante et mélancolique. Perio joue beaucoup sur le temps qui passe, la mémoire, la matière des rêves. Ses chansons sont imagées, poétiques et intimes. C’est ce qu’on aime chez lui. On lui a toujours trouvé, du moins ces dernières années, un petit air de parenté avec le meilleur du Badly Drawn Boy, l’un de nos héros d’antan.

Scott McCloud – Make It Forever

Là encore, on sait que McCloud viendra au Supersonic avec certains des titres emblématiques de Girls Against Boys et de Paramount Styles. On ne vous donne pas d’indices mais il chantait au printemps quelques titres pour lesquels on aurait bien vendu un rein. Mais son aventure solo passe surtout par ce premier album en solitaire, et bien entouré, dont il lança la composition dans un studio grec il y a plus de dix ans et qui sent bon la fin ou le début de parcours. McCloud est un revenant de la “légende du rock”, un truc qui existait encore dans les années 90 et qui consistait à vivre de scènes gigantesques en fredaines d’anthologie en fricotant avec des groupies, en picolant et en faisant la fête. Ses chansons de l’après sont imprégnées de la lassitude et de la tristesse des types qui ont eu une jeunesse tumultueuse qu’ils… regrettent mais pas tant que ça. Sa voix cendrier fameuse faisait fureur quand il beuglait devant les mecs de Fugazi. Elle lui va bien avec l’âge puisqu’elle descend si bas qu’on tient avec lui un des barytons les plus rocailleux du marché. Make It Forever, la chanson titre de son album du même nom, est tout simplement magnifique.

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