Benjamin Schoos / Night Music, Love Songs
[Freaksville Music]

Benjamin Schoos - Night Music, Love SongsLa question qui s’impose à l’écoute de ce disque de Benjamin Schoos est d’essayer de comprendre pour quelle bonne raison on lui accorde suffisamment de crédit pour supporter un solo de saxophone interminable, un passage à la flûte de pan ou des cordes dégoulinantes, des fins de chansons en fade-out indigentes, des anglicismes faciles comme ce « love » décliné sur tous les tons, quand ce ne sont pas des formules qui rappelle l’éducation bourgeoise d’Arnaud Fleurent-Didier (les plus pointus se rappelleront à cet égard son projet Notre-Dame) ? Bref, pourquoi ces sept longues chansons qui se traînent comme autant de slows poisseux ont le droit de cité sur notre platine au-delà de la première écoute curieuse.

On ne pourra même pas se retrancher derrière le pedigree du Belge, qui peut pourtant s’enorgueillir d’avoir déjà publié un album en 2014 (Beau Futur – 2014) et pas moins de sept autres sous le nom de Miam Monster Miam : malgré des collaborations avec Laetitia Sadier (Stereolab) ou April March, le crooner n’a jusqu’alors pas ému les foules – ou alors, désolé, la vague lacrymale n’a pas franchi le Pas de Calais.

Mais on devrait peut-être revoir notre position à l’écoute de Night Music, Love Songs. Quand bien même la feuille de presse invoque le triumvirat de la variété française de la décennie 80, ChristophePolnareffBalavoine (on n’aurait même pas osé telle comparaison) et qu’on pense parfois à William Sheller avec ce piano omniprésent sur un rythme essoufflé et suranné, il se dégage de ces chansons une puissance mélodique incroyable. Le dossier à charge pourrait s’avérer trop lourd pour d’autres, mais Benjamin Schoos franchit le Rubicon de la niaiserie et du kitsch avec l’élégance de ceux qui savent transcender les codes. Ses chansons déploient une évidence pop imparable, une mélancolie limpide et une douceur bienveillante. On aimerait pouvoir vilipender Night Music, Love Songs, mais la vérité nous oblige à confier qu’on fredonne ces airs qui tournent au ralenti et ces paroles universelles sur l’amour, l’absence, le doute, l’introspection. Si certains risquent au nom d’un « bon goût » érigé en dogme de passer à côté de ce « mini-album », Benjamin Schoos (re)donne ses lettres de noblesse à la variété française.

Tracklist
01. I Love You
02. Une fille en or
03. Un parfum de nostalgie
04. Le maître du monde
05. Le grand paquebot va sombrer
06. N’enlève pas tout
07. Conducteur fantôme
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