Calypso Valois au 7ème art

Calypso Valois d'Adrien Viot
Chanteuse et aussi actrice, Calypso Valois s’est cette fois-ci glissée dans le rôle de compositrice pour le cinéma. Elle a réalisé la BO brillante des Immortels de Caroline Deruas, disponible en vinyle. Elle nous partage ici une liste de 5 films et 5 BO qui l’ont inspirée pour ce film, à découvrir encore dans quelques salles et très bientôt en VOD.

5 films :

Trouble Every Day de Claire Denis

Pour moi une des plus grandes réalisatrices actuelles. Et ce film un de mes plus grands chocs cinématographiques. Visuellement, psychologiquement, psychiquement. Un film d’amour d’horreur que je n’ai jamais pu revoir alors qu’il a été très inspirant pour moi, d’autant que le cannibalisme est une thématique récurrente dans ma réflexion et mon cheminement artistique (cf mon premier album solo Cannibale). Très belle BO de Tindersticks qui a d’ailleurs mis en musique plusieurs films de la réalisatrice.

Inauguration of the Pleasure Dome de Kenneth Anger

Un autre de mes grands émerveillements cinématographiques. Les couleurs sont tellement intenses qu’elles en deviennent presque irréelles. J’aime la plupart des films du réalisateur mais celui-ci atteint un paroxysme de féerie. On est absorbé dans un rêve, une hallucination, une folie sublime. La version originelle du film utilise la musique du génial compositeur tchèque Leos Janacek.

Théorème de Pier Paolo Pasolini

Terrence Stamp y est magnétique et m’a énormément troublée. Peut-être autant qu’il a troublé tous les membres de cette famille au milieu de laquelle il fait irruption et vient tout chambouler. Le film nous perd entre le réel et la métaphore, questionne l’authentique et l’inauthentique (entre autres). J’aime les films desquels on ressort empli de questionnements et du besoin de comprendre davantage l’humain.

Showgirls de Paul Verhoeven

Film désormais culte, il a pourtant été considéré comme un navet à sa sortie. Ses acteurs ont d’ailleurs eu du mal à s’en remettre (voir ne s’en sont jamais vraiment remis, comme Elizabeth Berkley). Pour moi ce film est précurseur et féministe, il dépeint très justement les enjeux et abus de pouvoir, ici transposés au milieu du strip-tease. On assiste à la prise de conscience de son héroïne et sa détermination à renverser le rapport de force.

Barry Lyndon de Stanley Kubrick

Pour le film et la BO. Une des plus incroyables photographies du cinéma: l’éclairage à la bougie filmé avec des objectifs de la NASA lui donne un rendu unique. Et la BO est sublime, notamment grâce aux morceaux de Haendel, Bach et Schubert, 3 de mes compositeurs préférés.

Calypso Valois d'Adrien Viot

5 BO

Belladonna of Sadness de Masahiko Satō

Obsédante BO. Il s’en dégage une telle beauté, une telle mélancolie. Les mélodies sont entêtantes, les voix sont hypnotiques, les morceaux instrumentaux sont également superbes et nous emmènent loin dans la veine psychédélique 70s’. C’est un véritable voyage.

Pierrot le Fou d’Antoine Duhamel

Cette BO reste une référence pour moi et ce depuis très longtemps. Je trouve qu’elle représente bien la grande époque de la BO à la française : l’influence classique dans l’écriture, la beauté des orchestrations. J’aime particulièrement le thème de Ferdinand qui bouleverse par son angoissante beauté.

La Route de Salina de Christophe & Clinic

Une de mes BO préférées. Magnifiques arrangements (notamment de flûtes et de cordes). On reconnaît la patte de Christophe, en particulier sur le morceau central The Girl from Salina qui se décline en 3 versions. J’aime cette tradition des BO de variations autour d’un même thème (cf ma BO des Immortelles: Le Cœur Arraché -> Le Cœur Brisé -> Le Cœur Ressuscité). Et la patte du groupe Clinic dans une veine rock prog 70s’. L’unique morceau composé par Bernard Gérard, Cold Water est l’un des plus beaux du disque, il a l’immensité d’un morceau de musique classique.

Rosemary’s Baby de Krzysztof Komeda

J’ai tellement écouté cette BO, notamment son fameux thème principal Lullaby. Sa mélodie est incroyable, il s’en dégage une dérangeante impression candide et démoniaque à la fois.

Laura, les Ombres de l’Été de Patrick Juvet

Je n’ai pas vu le film mais je me suis intéressée à la BO car j’adore Patrick Juvet. Je trouve qu’il n’a jamais été reconnu à la mesure de son talent de compositeur. Beaucoup de morceaux mélangent piano et synthés typiques de cette époque (1979). On y retrouve son sens du tube, notamment sur One Way Love, son sens du groove, et son absolu romantisme.

Crédit : Calypso Valois par Adrien Viot

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