Depuis ses premiers en 2005, Agent Side Grinder ne cesse de tourner et de conquérir un public de plus en plus large, même loin de ses bases suédoises. A voir leur parcours et leurs multiples collaborations (Dirk Ivens, Kite, un album entier de remixes), le quintette au look digne de l’univers torturé d’Orange Mécanique (sulfureux donc !) semble en évolution perpétuelle. Et pourtant, ce qui frappe immédiatement en écoutant Alkimia, c’est que les fondements de ce quatrième album, comme ses prédécesseurs, sont d’un autre siècle. Pour qui découvrira Agent Side Grinder à l’aune de cet album à paraître sur le label Progress Productions connu pour son catalogue électronique intègre, l’anachronisme est frappant. Si les premiers pas d’ASG étaient marqués par des influences post-punk, voire même laissait transparaître sporadiquement des réminiscences électroniques radicales (l’axe Front 242 / Ministry), et que la pochette de leurs dernier album en date faisait sciemment écho à Kraftwerk, les Suédois glissent progressivement vers des inflexions bien plus pop. Alkimia est de loin ainsi leur album le plus avenant. On est d’ailleurs frappé dès les premières notes de For The Young par la ressemblance avec Depeche Mode période Violator : chant, gimmick de guitare, basse abyssale, tout y est – dans une version moins altière, certes, mais avec une classe inouïe qui permet de balayer toute circonspection. En conclusion, Last Rites est plutôt dans la veine de … Songs Of Faith And Devotion mais là encore, si ASG paie un tribut au groupe de Basildon, il l’assume crânement. Le temps de Giants Fall, c’est le fantôme de nos Little Nemo nationaux qui surgit, laissant apparaître un volet plus mélancolique, tandis qu’à l’inverse Hexagon instaure une ambiance anxiogène et bien flippée à la The Soft Moon. Les huit chansons filent ainsi et le temps qu’on pointe les liens de parenté, elles ont déjà produits leurs effets : on esquisse un pas de danse avec la gestuelle d’un automate.
Mots clés de l'article
Agent Side Grinder, Depeche Mode, Dirk Ivens, Front 242, Kite, Kraftwerk, Little Nemo, Ministry, Progress Productions, The Soft Moon
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