Cancel culture ou pas ? : playlist ordures, pédocriminels et autres macro-saloperies, de Michael Jackson à Gary Glitter

Michael Jackson film 2026Le biopic Michael, consacré à Michael Jackson, a tout simplement fait exploser les compteurs dès son début d’exploitation, devenant en quelques jours le biopic musical le plus vu de tous les temps et devançant (à distance) des mastodontes du box office tels que Spiderman, Thor ou encore certains volets de la franchise Harry Potter. Michael réalisé par Antoine Fuqua avait pourtant été éreinté de manière extraordinaire par la critique qui en a dénoncé le caractère toc, l’interprétation médiocre mais surtout l’effacement de la face sombre et pédo-criminelle du chanteur. Sur ce dernier point, force est de constater (et cela a été pointé déjà dans plusieurs tribunes de la presse nationale et locale) que le public a fait le choix de s’en foutre royalement, notamment le public jeune qu’on pensait (à gauche notamment) plus sensible à ces questions que ses aînés. Le succès de Michael renvoie à cette vieille question qui circule depuis au bas mot… la collaboration avec les nazis : faut-il continuer à écouter des artistes (et des chanteurs, ici) convaincus d’être des… criminels, des sales types, pédophiles, meurtriers, racistes,… .? Doit-on séparer l’artiste de ce qu’il produit ?

Pour répondre à cette question, on peut prendre appui sur le grand Jankélévitch qui, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, fait le choix éthique, symbolique et culturel, de lancer un grand anathème (personnel) sur tout ce qui fait la culture allemande devenue complice à ses yeux (et malgré elle) de ce qui s’est passé. Cette attitude irréprochable est évoquée dans cet article et conduit ramenée à notre sujet d’étude (individuel) à s’interdire toute écoute d’artiste ayant participé de près ou de loin à un crime majeur. La question devient alors de savoir où démarre l’oblitération éthique : pédophilie pour sûr ? racisme sûrement ? meurtre ? excès de vitesse ? Doit-on canceller la production d’un artiste quand il dépasse les bornes en tant qu’être humain ? Ou plus généralement dès qu’il se comporte mal ? L’autre ligne, tout aussi justifiée, est celle défendue par Jordan, 24 ans, rapportée dans la presse locale à la sortie du biopic : “Je m’en fous qu’il a fait quoi ? Sa musique elle me parle et je m’intéresse pas au reste.” Plus rustique et sensible, elle renvoie finalement à une position qui nous va assez bien d’auto-détermination individuelle. Fi des questions morales (les artistes sont tous corrompus, drogués, coupables de quelque chose) et bonjour les questions éthiques. En clair : où se situe MON curseur personnel dans cette affaire ? Violence faite aux femmes, homophobie, pédo-criminalité, machisme, etc : la musique est comme le monde un réservoir de sales types qui ont (parfois) réussi. Il est possible chez certains de traquer dans la musique quelques unes de leurs passions dissimulées mais leur travail est souvent suffisamment détaché de leurs turpitudes pour proposer tout autre chose. C’est évidemment dans ces cas précis que le dilemme se pose. A chacun selon ses moyens, sa conscience, sa ligne de conduite. On peut écouter tout le monde, tout le temps et sans devoir être l’objet d’une quelconque condamnation ou d’un jugement de valeur par autrui qui nous reprocherait tel ou tel intérêt. Mais il faut savoir qu’au final, ce qu’on écoute et ce qu’on lit disent un peu ou beaucoup de nous-mêmes.

Histoire de vous embêter, on a réuni ici une petite playlist de l’immonde, tableau de quelques criminels du rock ou d’autres disciplines, qui composent une galerie à écouter ou à oublier à jamais. A n’en pas douter, qu’on ait osé mélanger les uns et les autres vous paraîtra insupportable, signe que vous touchez du doigt là où se trouve votre ligne de démarcation.

LostProphetsLast Train Home

Ian Watkins, chanteur et fondateur des LostProphets, groupe gallois tout à fait estimable, se tient depuis 2013 et la révélation de ses crimes, très haut dans l’échelle de l’innommable. Actes pédophiles, vidéos, tentative de viol sur un bébé et autres délires, le chanteur a aussi bien trompé son monde, trahissant la confiance de ses copains musiciens sur une période de plusieurs décennies. Il finit en 2025 poignardé par un autre détenu alors qu’il était en prison. Bien fait ? Est-ce qu’on peut encore écouter les cinq albums de son groupe comme on le faisait avant ?  Il semble, dans ce cas, et sûrement parce que le groupe n’est pas si attachant que ça, que la réponse n’est pas dure à trouver.

Noir DésirTostaky

Pas la peine de rentrer dans le détail ici. Écouter Noir Désir ? Détroit ? Le débat est l’un des plus clivants qui agitent depuis plus de 20 ans (la mort de Marie Trintignant en 2003 sous les coups répétés de son compagnon) la sphère culturelle française. D’autres soupçons et allégations se sont ajoutées au casier virtuel du chanteur Bertrand Cantat au fil des années, dessinant deux camps bien marqués entre ceux qui continuent (parce que c’est le meilleur groupe français des années 1990 et parce que le chanteur est sexy) à écouter leurs vieux disques et ceux (et celles) qui s’y refusent car c’est un meurtrier de femme.

Enseignement : c’est beaucoup plus dur de canceller un artiste quand ce qu’il a fait est d’extrême qualité et qu’on y est personnellement attaché.

Gary GlitterI’m The Leader of the Band

Au début des années 70, Gary Glitter est l’une des stars incontestées du glam, quelque part entre Bowie et le T Rex, en plus clinquant et excentrique. Son titre Rock n’Roll (Part 2) est une tuerie et le bonhomme semble promis à une gloire éternelle qu’il sabordera lui-même rapidement en se mettant sur la paille puis tombe en 1997 (alors qu’il avait enregistré deux ans auparavant encore un titre avec Oasis), pour détention de matériel pédopornographique. Après quelques mois de prison, il part en Asie où après un séjour controversé au Cambodge, il finit par tomber à nouveau au Vietnam pour des viols répétés sur des mineures d’une dizaine d’années. Il est de nouveau arrêté en 2012 en Angleterre puis condamné dans le cadre de l’affaire Jimmy Savile qui s’il avait vraiment chanté aurait bien entendu figurer en tête de liste de ce triste panorama. Glitter est en taule et de toute façon, il n’y a plus grand monde qui écoute son glam à paillettes. Ça tombe assez bien.

Michael JacksonSmooth Criminal

On ne va pas se ridiculiser en expliquant pourquoi Michael Jackson c’est bien, très bien et même assez incroyable à écouter. Ses plus grands fans ont beau encore soutenir que Michael Jackson aimait beaucoup les enfants, il est indéniable qu’il aimait trop et mal les enfants. Acquitté en 2005 dans ce qui restera comme son procès le plus tonitruant (un désastre d’images mais une victoire juridique), l’affaire est relancée suite à des témoignages nouveaux relayés dans un documentaire de 2019. Si bien que le doute qui ne persiste pas vraiment en vrai, profite à l’accusé. On voit que “canceller” son travail est tout à fait problématique si l’on (ce que font certains fans) met au regard de ces “accusations” la liste de ses bienfaits et belles actions caritatives. Bilan (globalement) positif ? Le cas Michael Jackson renvoie chacun à son jugement. Jimmy Savile faisait aussi beaucoup de bonnes choses, avant d’enfiler des cadavres à l’hôpital. On ne peut pas comparer. Ça n’a rien à voir. Justement si.

Mötley CrueHome Sweet Home

Celle-ci est plus facile, si vous aimez Mötley Crue. C’est une version metal de l’affaire Palmade (le chemsex en moins). La situation est simple : les membres des groupes Mötley Crue et Hanoï Rocks (des finlandais) font une méga fête qu’on qualifiera pudiquement d'”en phase avec leur mode de vie hédoniste”. A un moment donné, il y a une rupture de stock sur les bières et peut-être la dope alors Vince Neil (le chanteur du groupe) part en bagnole au ravitaillement avec le batteur des Finlandais. Défoncé complètement et bourré comme un coin, il percute une voiture et blesse de manière très grave (lésions cérébrales et physiques définitives) deux personnes qui passaient par là ainsi que le pauvre batteur finlandais qui mourra peu après. Vince Neil fait trois semaines de prison et sort tranquillou bilou. Le groupe explosera commercialement l’année d’après. Il est viré du groupe bien plus tard et revient encore plus tard. Vince Neil se marie avec des mannequins dont il divorce souvent très vite. Il continue à conduire bourré, tabasse de temps en temps une prostituée. Son hit Home Sweet Home est un titre de faux cul intégral qui présente le groupe et son chanteur sous un tour doux et tranquille. On cancelle facile parce que le glam metal ça pue du mulet !

Chuck BerryMemphis Tennessee

Pas si difficile. Il ne viendrait à personne l’idée de ne pas écouter Chuck Berry. Parce que c’est vieux et cool et parce que personne ne veut du mal au pionnier du rock’n’roll. Bah voyons. Si vous n’êtes pas Philippe Manoeuvre, sans doute est-ce que le pedigree de Berry mérite de s’interroger. Par delà la consommation de groupies plus ou moins âgées/jeunes, qui ont pu amener à travers les âges à quelques protestations, Chuck Berry s’est signalé d’abord en 1987 pour avoir frappé au visage une cliente de son restaurant (simple amende) puis et surtout en 1990 pour une affaire assez inédite. Le père Chuck a en effet disposé des caméras dans les toilettes des femmes de son restaurant et conservé les enregistrements parmi lesquels au moins une jeune fille mineure. Une soixantaine de plaignantes s’associent et le “différend” fait l’objet au final d’une résolution à l’américain grâce à un gros gros chèque. En tout état de cause, l’interprète de Maybellene et Johnny B. Goode, pourrait mériter une excommunication pour ses états de service, auxquels on pourra ajouter au moins deux violations de la loi Mann (une loi qui interdit de traverser des états avec une nana dans l’intention de la prostituer – une sorte de loi anti-mac transfrontalière) avec des jeunes filles de 17 et 14 ans. Chuck ! Chuck !

Rick JamesSuper Freak

Que celui qui n’a jamais remué du boule sur Super Freak jette la première pierre à Rick James. Ok Rick James a la particularité d’avoir été poursuivi pour viol sur mineure de moins de 15 ans après sa mort. La routine pour un type dont la consommation de stupéfiants (drogue en tout genre) aura été le petit pêché mignon pendant une très grande partie de sa carrière. Agressions sexuelles, diverses “fantaisies” de cet ordre, jusqu’à un célèbre “weekend de torture” où avec son amie d’alors, et sous l’emprise du crack et d’autres substances, Rick James et sa nana d’alors âgée d’une vingtaine d’années (il en avait 43 ans) ont enlevé une jeune femme (ou attiré celle-ci avec de la came), l’ont conduit jusqu’à la maison du King of Funk pour la défoncer, puis la torturer en alternant les séances de brûlage de chair et d’orteils au briquet ou à la pipe à crack avec des interludes de sexe plus ou moins consenti. Accusé, l’ami Rick a ensuite récidivé quelques années plus tard se limitant cette fois à des agressions sexuelles supposées, pour lesquelles il s’en est à chaque fois plutôt bien tiré. James fait un peu de taule, entre en désintoxication mais est rattrapé par Dieu qui le foudroye (crise cardiaque) lors d’un concert et lui inflige la perte d’usage de ses jambes. Justice divine ? Il décèdera en 2004 de problèmes respiratoires causés directement par sa redoutable hygiène de vie. Faut-il pour autant refuser d’écouter You and I, Ghetto Life ou encore Give It To Me Baby ?

Pour les amateurs, il y a un documentaire sur les plateformes qui revient sur l’itinéraire du garçon.

The Beasts of Satan

Cette fois-ci, la cancel culture a parlé pour nous. Quasi impossible d’écouter encore la douce musique des satanistes italiens de Beast of Satan, groupe de heavy metal (qui d’après les témoignages ne faisait pas tellement de musique… mais bon) qui était également et surtout une sorte d’association de serial killers italiens. Là aussi, on trouve d’excellents documentaires sur cette affaire digne d’une version horrorcore de Faites Entrer l’Accusé, qui met en vedette le musicien et leader du groupe Andreas Volpe, son ami et collègue Nicola Sapone et… dans un rôle secondaire assez fascinant (et rendu indispensable par l’extrême beauté de la jeune femme – même si elle ne fut que la petite amie d’un des protagonistes et témoin probable d’un unique meurtre), la jeune Elisabetta Ballarin. En utilisant leur “rayonnement” tout relatif sur la scène metal italienne, les membres du groupe attirent à eux des jeunes gens/fans pour officiellement leur faire partager divers rituels satanistes. En réalité, ils en profitent pour sacrifier une jeune fille et un étudiant (poignardés) puis quelques années plus tard mutileront une ex copine de Volpe avant de l’enterrer vivante. On peut leur attribuer ensuite une bonne demie-douzaine d’exploits de ce type, ce qui en fait très sûrement les plus grands meurtriers de l’histoire du rock.

L’ensemble des protagonistes a été condamné à de lourdes peines qui (est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle) se sont achevées récemment et ont permis aux uns et aux autres de reprendre une activité normale. Ce qui est certain c’est qu’écouter la musique des Beasts of Satan est aujourd’hui plus que mal venu, même si vous défendez la cause sataniste. C’est évidemment avec l’affaire Manson, LE cas par excellence où la cancel culture ne se discute même pas.

Phil Spector – The CrystalsThere’s no other like my baby

On ne va pas s’appesantir non plus sur le cas de Phil Spector, producteur de génie des années 60 et 70, dont les “créations sonores” seront suffisamment marquantes pour lui valoir très souvent des crédits de co-auteur plutôt que de simple producteur. Victime en 1974 d’un terrible accident de voiture, Phil Spector serait à partir de cette date (il souffre de divers maux et blessures plus ou moins apparentes dès lors) monté en gamme en matière d’excentricité. Le diagnostic médical (supposé) mêle égocentriste outrancier et bipolarité et le conduit à dégainer plus qu’il ne le faudrait son célèbre pistolet sur les Ramones, John Lennon ou une arbalète (?) pour menacer Leonard Cohen. La perte d’un jeune enfant (9 ans) le plonge, après des années 80 assez calmes, dans une nouvelle période de turpitude qui le conduit à malmener C’line en studio puis… à tuer au pistolet une hôtesse actrice d’un club local qu’il avait ramenée chez lui. Le meurtre de cette femme, Lara Clarckson, âgée de 40 ans, l’envoie en prison où il finira ses jours. Il meurt en 2021, possiblement du covid.

On a jamais vu quelqu’un qui refusait d’écouter les centaines/milliers de productions signées par Phil Spector (Imagine de Lennon ? The Long and Winding Road des Beatles ? Death of A Ladies Man de Leonard Cohen) parce que Spector était derrière ces productions. On entend l’argument : “c’est quand même pas pareil de tuer une nana par jeu ou par accident ou d’essayer de violer des bébés.” Qui veut vraiment jouer à de telles comparaisons ?

BurzumDunkelheit

Il y en a pour tout le monde ici et même pour les Finlandais. Sur le papier, une histoire presque anodine après tout le reste : le meurtre d’un acteur essentiel du black metal finlandais Euronymous par l’un de ses (anciens) potes Varg Vikernes en 1993. Les deux hommes se connaissaient bien. Varg participe à plusieurs groupes comme Mayhem et les excellents Burzum. Sa fâcherie avec le fondateur de son label Euronymous (un mec connu alors pour sa sensibilité droitière et avoir fabriqué de petits objets déco avec des fragments d’os d’un autre ami mort) le conduit au meurtre (poignard) pour lequel il écope d’une vingtaine d’années. Varg se défend en disant que son ami voulait le buter. Son pedigree est assez chargé et comprend des incendies d’église, des sympathies satanistes supposées ainsi qu’un ancrage marqué à l’extrême droite, autour du sympathique mouvement odaliste, mélange de nazisme contemporain et d’euro-identité. Libéré depuis quelques années, Varg Vikernes poursuit ses activités artistiques et a sorti un album, The Land of Thule, avec son groupe Burzum. Il est interpellé en France en Corrèze avec son épouse en 2013 où on le soupçonne de sympathies pour Anders Breivik. L’affaire tourne court mais il écope quand même d’une forte amende et d’une condamnation à six mois pour quelques écrits racistes sur son blog. Un type recommandable dont l’oeuvre circule librement et s’écoute avec grand plaisir. Vous êtes sûr ?

Josh Homme – Queens of The Stone AgeNo One Knows

On ne compte plus les articles rendant grâce au talent de Josh Homme. La presse musicale a longtemps fait de ces Queens of The Stone Age un de ces groupes chouchou. D’abord batteur pour Eagles of Death Metal, Josh Homme est devenu chanteur et guitariste pour SON groupe. Il joue aussi avec Dave Grohl et le batteur de Led Zep, John Paul Jones. Il aime la moto, les durs à cuir et tout ce qui va avec. Mais Josh est un homme violent. Il écrase son pied sur la gueule d’une photographe durant un festival et s’excusera un peu plus tard. Il tabasse divers types et collègues à ses heures. Deux de ses enfants ont porté plainte contre lui pour violences verbales et physiques. Son ex-femme a dénoncé des violences conjugales répétées et des menaces de mort contre divers petits amis passés et présents. Josh Homme a toujours une grosse cote de popularité auprès de la presse critique et ce en dépit de ce qu’on désigne pudiquement comme son “tempérament volcanique”. La question est : doit-on ne pas écouter QOTSA parce que son leader est visiblement un homme qui n’arrive pas à maîtriser son tempérament violent (notamment quand il est bourré) ? S’il n’a tué personne jusqu’ici et n’a donc RIEN à faire avec notre galerie de meurtriers extra-ordinaires, on voit bien que la ligne d’appréciation morale est fine entre l’excommunication et l’acceptation.

On ne doit pas mélanger morale et art. Tout le monde sait ça. L’horreur absolue annihile toute crédibilité artistique. Mais où est-ce qu’elle démarre exactement ? Et où est-ce qu’elle finit ? Votre horreur est-elle la mienne ? Qu’est-ce que tout cela veut dire au juste ? N’est-ce jamais que de la musique ? Ou s’agit-il d’autre chose ?

On s’était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

C’est un peu dégueulasse de finir là-dessus non ?

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