Mélange de talents confirmés et de jeunes pousses, de groupes français et anglo-saxons, le Festival Outsiders organisé par Sun Burns Out se tiendra comme l’an dernier à Paris, au Supersonic Records, sur 3 jours, les 7-8 et 9 octobre 2025. Le line-up est cette année comme l’an dernier particulièrement riche avec quelques retours événements en tête d’affiche comme celui des Woodentops, groupe phare de la décennie 80, qui n’avait pas franchi la Manche depuis très longtemps, l’apparition exceptionnelle de Aim aka Andy Turner, aux côtés de son épouse Niko et du DJ mancunien légendaire Mikey D.O.N, et puis bien entendu le retour aux affaires solo de Malcolm Middleton, la moitié rousse d’Arab Strap. Histoire de vous donner envie, on a rassemblé ici à raison d’un ou deux morceaux par groupe présent, quelques unes des chansons qu’on adore de toutes ces personnes et qu’on a réunies avec amour et conviction pour vous faire partager nos emballements, parfois de très longue date.
La billetterie est ouverte avec un pack early birds à 36 euros (les 3 soirs) et des billets à l’unité (14 ou 15 euros)
JOUR 1 – MARBLE SOUNDS + THE WOODENTOPS
L’ouverture du festival est une déclinaison pop en deux temps : sentimentale et caressante avec Marble Sounds, puis mélodique et plus énergique avec les Woodentops. Deux groupes mais une seule passion : l’exploration du coeur humain, de la bonté, de la grâce dans un esprit d’ouverture et d’apaisement. Pop humaniste ? Les Outsiders ne dédaignent pas la tendresse. Sweet and tender hooligans.
La délicatesse et la précision pop des Belges de Marble Sounds nous a fascinés depuis leurs premiers pas. Cosy pop enchanteresse, la musique de Pieter Van Dessel détend, rend triste et/ou heureux. Cajoline Pop. Elle a valu un certain succès au groupe en Allemagne, Belgique et aux Pays-Bas et sur les réseaux sociaux où leurs clips soignés sont souvent viraux. Les recevoir à Paris est un privilège.
S’agissant des Woodentops, Morrissey avait écrit de leur premier disque au milieu des années 80 que “c’était un disque qu’on chérirait et qu’on voudrait garder près de soi toute sa vie“. Ce n’est pas faux. Le groupe de Rolo Mc Ginty avait ensuite failli faire un peu d’ombre aux Smiths pour lesquels ils ouvraient en tournée. L’oeuvre du groupe reste l’une des plus belles pages de la pop anglaise jusqu’à leur dernier album Fruits of The Deep, sorti en 2024.
JOUR 2 : CHASSEUR + AUDOYNAUD + ATIC RECORDS Presents AIM, Niko et Mikey D.O.N
Le jour 2 est réservé aux expérimentations et aux mariages arrangés. C’est la journée des curieux/curieuses et des amateurs/amateurs de musique pointue qui ne craignent pas les grands écarts. On mêlera volontairement la mélancolie et la danse, dasn une ambiance Northern Soul revendiquée. Comme l’an dernier, cette journée s’ouvre aux musiques qui bercent, qui inspirent, qui flottent entre pop et poésie mais qui ont en commun de balancer en rythme. Chasseur ouvre avec ce qui se fait de mieux aujourd’hui en matière de pop rock français, avec des instrumentations amples et atmosphériques, des mots sûrs que l’on retrouvera en transition entre l’univers acoustique et l’électro sous le son singulier des Audoynaud et leur disque Hyperboréen. Le groupe présentera un set ancré dans son terroir mais aussi dreamy et inspirant avant que le dernier mot ne soit laissé à Andy Turner du label Atic Records.
Le premier disque de Aim (son groupe), Cold Water Music, est un indémodable chef d’oeuvre qui mêle soul, funk et hip-hop dans une ambiance contemplative et glaciaire qui n’a jamais eu d’équivalent si ce n’est… ses disques suivants. Les fans de Massive Attack ou de Portishead connaissent cet univers. Aim emmène avec lui Niko et sa machine à danser, mais aussi l’un des DJs les plus connus de Manchester, Mikey D.O.N qui obtenu sa 3ème dan en dub, reggae, northern soul et rap en jouant avec et pour les plus grands noms du dub et du reggae et en tenant une émission radio qui fait référence encore aujourd’hui. Le concert de clôture de cette deuxième soirée sera inédit, dansant, et vous fera passer de la langueur, à la sensualité en passant par l’excitation du rap old school.
JOUR 3 : CONCORDSKI + MALCOLM MIDDLETON
Le festival se refermera sur une étrange combinaison de pop rétro virevoltante et critique (politique aussi) et de déprime dansante. Concordski, emmené par une chanteuse meneuse charismatique, est un jeune groupe qui aime les synthés et lorgne vers la légèreté engagée d’Elli et Jacno, très pop mais aussi situ et punk sur les bords. Cela ne devrait pas déplaire à Malcolm Middleton, le guitariste et chanteur Écossais à peine revenu de sa tournée des festivals avec Arab Strap, qui reprendra à l’occasion de ce concert parisien le manche d’une carrière solo plus confidentielle mais brillante. Sa pop est marquée par la dépression et les peines de coeur. Mais Middleton s’en est toujours amusé en la faisant danser ou se changer en une sorte de “disco pop pour la fin du monde”, aussi entraînante et vive qu’elle est désespérée. Il est le seul à rendre la mort, le suicide, les ruptures bien plus cools et fringants que la Quéquette à Raoul.

