Giardini di Mirò / Rapsodia Satanica [santeria]

Giardini di Mirò / rapsodia satanicaEnglish version below.

Parfois, emporté par la profusion des productions du moment, on risquerait d’oublier à quel point ce groupe peut nous toucher, nous bouleverser, nous emporter. Il était donc grand temps que Giardini di Mirò nous rappelle cette implacable réalité : occuper l’espace médiatique n’est pas gage de qualité. Et inversement. Ainsi, le groupe italien semble-t-il restreint à une notoriété nationale, et encore, en marge du réseau grand public, quand de ce côté-ci des Alpes, trop peu de monde prête encore l’attention que leur conséquente discographie mérite. Rapsodia Satanica constituera donc un cinglant rappel. Une morsure, un coup de griffe dans le voile : ce treizième album confère à Giardini di Mirò une stature qui ne s’appréciera qu’avec le temps. Quand on aura oublié ces disques mineurs dont on se délecte sur l’instant, il restera des œuvres telles que cet album qui se moque bien des modes fugaces. On espère sincèrement que ceux qui préfèrent aujourd’hui ressasser des classiques du rock progressif et/ou psychédélique vieux de plusieurs décennies, ou rabâcher sans cesse l’importance de Godspeed You! Black Emperor (ce qui est une certitude), découvriront un jour cet album indéniablement ambitieux, jusque dans son intitulé prophétique, mais jamais prétentieux. Le quintette, dont les membres n’ont pas changé depuis la fondation du groupe en 1998, réinvente un discours instrumental saisissant, sans nostalgie inutile et débarrassé de tout oripeau superflu. A écouter maintenant et encore dans bien longtemps.


It is far too easy sometimes, overwhelmed as we are by the information overload of today’s music industry, to forget the one band that is still able to move us, to affect us, to carry us away. It was high time Giardini di Mirò reminded us of this inevitable reality: to occupy the front stage of the media circus is not synonymous with the idea of proving your real worth. And it works the other way around, of course. Only known in their home country, and obviously not by the latter’s mainstream audience, the Italian band has thus not harnessed elsewhere the attention its substantial discography deserves yet. Rapsodia Satanica is thus a crucial reminder and a bite, each track a claw tearing down the veil a little more. No doubt, this thirteenth album will help Giardini di Mirò reach a new status in a few years. When minor records and the instant consumption they encourage are forgotten, only works like this tremendous album, looking down on ephemeral fads, will remain. Let’s hope that the true music lovers who’d rather rehash psychedelic prog-rock classics today, or endlessly rant about the importance of Godspeed You! Black Emperor (which is admittedly undeniable), will soon discover this undoubtedly ambitious record whose prophetic and yet not-so-pretentious title sets the tone right: fallen angels are everywhere in sight these days, and this is what they should sound like. The sixteen-year-old quintet thus reinvents a gripping instrumental language, bereft of any useless nostalgia or superfluous ornaments. Listen to it now and for a very, very long time.

Tracklist
1. Rapsodia Satanica I
2. Rapsodia Satanica III
3. Rapsodia Satanica VII
4. Rapsodia Satanica XIII
5. Rapsodia Satanica XVII
6. Rapsodia Satanica XXI
Lien
Le site du groupe : www.giardinidimiro.com.
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