Jean du Voyage : la Khanti-té vaut la qualité

Jean du Voyage par Mathieu VouzelaudLe premier clip tiré du premier album de Jean du Voyage, à paraître le 21 octobre chez Jarring Effects, nous ramène au nom de ce DJ voyageur, amateur de cultures exotiques et de musiques afro-américaines. Voyage donc et une volonté manifeste de mêler des sonorités world et électro, toujours casse-gueule mais qui sur ces premiers essais fonctionne avec une belle élégance et une certaine efficacité. On connaissait assez peu Broken Drop, sa précédente incarnation en duo, encore moins ses prestations de DJ (notre dernière visite en club remontant à une éternité) mais on l’avait découvert sérieusement en 2014 avec un EP, The Closest ep, qui faisait déjà le grand écart entre les genres et les influences.

Cela devrait être aussi le refrain de Mantra, disque monde, qui mêle, selon ce qu’en dit la maison de disques, les ambiances cinématiques et des paysages sonores variés. C’est une façon de tout dire et de ne rien dire. La musique de Jean du Voyage, comme le montre ce premier morceau, Khanti, est à la fois ambitieuse, profonde, séduisante à l’oreille et globalement apaisante et relaxante. C’est une électro vaguement ambient et planante qui fonctionne aussi bien en club qu’à la maison, chambrée, à l’apéritif ou au moment de la redescente. En cette période particulière, s’afficher avec un tel nom de scène, proclamer qu’on laissera entrer dans sa musique toutes les influences, qu’elles soient indiennes (influence centrale ici), africaines, arabes, jazz, hip-hop ou soul, est en soi déjà un vrai manifeste esthétique et politique. C’est tout le sens qu’on veut donner au travail de Jean du Voyage. Une électro qui respire et voit loin, une électro où l’on se sent bien et pas forcément menacé de partout. Le clip, qui célèbre la diversité, est lui-même issu d’un travail avec le Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle pour lequel Jean du Voyage a sélectionné des chants de voyage et traditionnels du monde en entier en vue d’une exposition.

D’aucuns trouveront cela bassement chill out ou bobo jusqu’au bout des oreilles. On peut écouter tout ceci différemment. Ni trip-hop, ni ambient, électronica parfois, et un peu tout à la fois, l’album promet d’être assez varié avec des featurings notamment du fidèle Pierre Harmegnies et de quelques chanteuses de talent.

Crédit photo : Mathieu Vouzelaud.

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