Malheureusement pour Scott Morgan, le premier album de Loscil (Triple Point – 2001) est paru après 360 Business / 360 Bypass (1999) de Pan American le plaçant irrémédiablement dans l’ombre de ce chef d’œuvre du genre. Loscil a ainsi toujours souffert de la comparaison avec son camarade de label avec qui il partage beaucoup d’affinités musicales et une approche esthétique assez similaire. Sans qu’on sache si Kranky a délibérément donné encore fois la priorité à l’ainé, toujours est-il que Sea Island arrive quelques semaines après la parution du premier album d’Anjou qui marque le retour sur le devant de la scène de Mark Nelson (accompagné de son ancien compagnon de Labradford et du batteur qui illuminait déjà les disques de Pan American). Mais si la drone-music d’Anjou s’appuie sur des textures parasitées, le Canadien s’appuie quant à lui pose sur une rythmique délicate et limpide placée au centre de ses compositions (à l’exception de Iona, merveille d’abstraction). A cet égard, ce dixième album en solo marque une très légère inflexion par rapport aux précédentes réalisations de Loscil. Mais l’évolution est ténue, et, derrière un graphisme maritime comme à l’accoutumé, Scott Morgan ne déroge pas à l’équation qu’il maîtrise parfaitement en combinant des nappes synthétiques et des mélodies cristallines dans un grand élan cinématique. Sea Island trouvera ainsi logiquement sa place dans le court segment séparant les disques les plus contemplatifs de Murcof et les dernières productions de feu Pan American. Une place de choix donc.
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