Depuis la fin de Hood, groupe devenu culte pour une poignée d’aficionados et injustement méconnu, Richard Adams a œuvré dans divers projets (on conseillera notamment l’écoute des albums de Memory Drawings) mais il se concentre surtout sur son projet solo The Declining Winter. Depuis plus de dix ans, il alterne sous cette entité entre plages ambiant et hymnes de pop pastorale mal fagotée. On reste persuadé que s’il accédait à une production plus léchée et ambitieuse, certaines de ses compositions lui auraient déjà permis de sortir de l’anonymat. Peut-être le fera-t-il un jour ce grand disque qui renouera avec la superbe d’un Cold House (Domino – 2001) ?
Dans l’immédiat, il poursuit une vie paisible à Leeds en continuant de travailler chez Norman Records le jour et en enregistrant la nuit des disques pour le compte de labels artisanaux passionnés chez qui le travail de cet artiste minutieux fait écho. Au fil du temps, il est à la tête d’une pléthorique discographie qui pourrait constituer le support d’un jeu de piste de l’Internationale Pop. Une générosité et une prolixité qui l’honore depuis vingt-cinq ans et els premiers pas du groupe qu’il formait avec son frère Chris (Bracken).
C’est d’ailleurs à l’heure où le soleil décline et que les ombres s’étirent, lorsque la ligne d’horizon devient trouble qu’il a composé ces nouvelles pièces instrumentales. Plus expérimentales et vaporeuses encore que ses « chansons » au format bâtard qu’il distille avec The Declining Winter, ces compositions étirent le temps, seulement rythmées par un beat électro et dénuées d’apport organique (on n’y a pas décelé une note de guitare, mais il y a quand même une belle ligne de basse sur le conclusif Absence). L’approche est donc somme toute assez différente pour que Richard Adams ait décidé de les réaliser sous le nom de Western Edges. Ces huit compositions regroupées sur l’album Prowess (Sound In Silence) sont ainsi destinées « aux fans de Boards Of Canada » (mais en plus ascétique), « d’Aphex Twin« (mais en plus accessible) « et de bvdub« (mais en plus planant). On pourrait aussi citer Loscil ou Pan American. Autant de références qui n’ont que pour but de souligner la qualité de cet album qui gagne en intensité sur la longueur. Et peut-être qu’en contrepoint, le prochain album de The Declining Winter prendra-t-il un virage résolument pop ?