Cemeteries / Fossor, In Pieces
[Autoproduit]

8 Note de l'auteur
8

Cemeteries - Fossor, in Pieces On ne mène pas tous la même vie. A l’heure où la plupart des quadras se déhanchaient au son de New Year’s Day, que les amoureux s’embrassaient sous le gui, que les plus jeunes s’amusaient des cotillons, que les plus connectés s’acharnaient sur leurs smartphones à forcer les réseaux saturés et que les anciens regardaient le show de Patrick Sébastien pour digérer un repas trop gras, Kyle J. Reigle mettaient en ligne son troisième album le 31 décembre 2018.

On s’est épris de ce type résolument autiste à l’époque du premier album de Cemeteries, The Wilderness, qui avait atterri par miracle dans les oreilles du label Lefse Records (Youth Lagoon, Teen Daze, A Sunny Day In Glasgow, …). L’auteur-compositeur-interprète solitaire avait ensuite réalisé Barrow (2015), pour le compte de label Track and Field Records, basé dans l’Oregon dont il est lui-même originaire. Et depuis, silence radio. On n’a même jamais reçu de réponse lorsque on lui a fait part de notre enthousiasme pour ses disques et qu’on le sollicitait pour répondre à quelques questions.

Il faut en prendre son parti : Kyle J. Reigle ne communique qu’à travers sa musique. Et les quelques photos qu’ils publient sur son blog. Il s’agit généralement de clichés de scènes rurales, où la nature tient une place importante : des animaux, de la neige, des forêts, des montagnes…

C’est dans cette ambiance d’isolement et d’émerveillement envers les éléments naturels qu’il a composé 9 nouvelles chansons cotonneuses et sépulcrales qui constituent Fossor, In Pieces uniquement disponible en digital (pour le moment) sur son compte Bandcamp.

Comme il l’annonçait lui même, si The Wilderness évoque l’automne et la terre, Barrow, l’été et l’eau, ce troisième album est celui de l’hiver et du feu (d’où ce visuel tout droit sorti d’une série de SF). Effectivement, on a l’impression qu’il se consume au fil des notes. Manifestement, l’homme est pourchassé par des fantômes et d’ailleurs, le morceau le plus abouti de l’album est Jackknife. Son chant, mélange de ferveur et d’effroi, se pose sur des mélodies égrenées au piano ou à la guitare qui se dérobent au format conventionnel. Sur Fossor, In Pieces, l’Américain a réalisé un travail d’orfèvre sur les arrangements qui se dévoilent au fil des écoutes (et à fort volume). Au-delà d’une ligne rythmique (batterie et / ou basse) souvent appuyée, on découvre alors une multitude d’instruments (des cordes, une clarinette, des chœurs, des synthétiseurs analogiques, des samples, etc.).

Il faut probablement plus de temps et encore plus de patience pour apprécier cet album que ces deux prédécesseurs, mais il arrive un moment où enfin tout fait sens : ces compositions, ces images, ce comportement. Cemeteries offre ainsi une salutaire prise de distance, de remise en perspective de la vie.


Tracklist
01. Bonewhite
02. The Lights of Town
03. Jackknife
04. Wendigo
05. Bear Trap
06. Yearling
07. The Congregation Floods
08. Settlement
09. What Year Was Our House Built?
Liens
Ecrit par
Ecrits aussi par Denis

The Day / Midnight Parade
[Sinnbus]

C’est à peine croyable qu’on puisse, à l’heure du tout puissant Google,...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *