Amen Dunes / Freedom
[Sacred Bones Records / Differ-Ant]

8 Note de l'auteur
8

Amen Dunes - FreedomDepuis Love, son quatrième album paru en 2014 déjà pour le compte de la maison hantée Sacred Bones, on tient Amen Dunes en haute estime. Seul à bord de ce faux-groupe à géométrie variable dont il est la plume, la voix, l’âme et le principal interprète, Damon McMahon réussissait à croiser rigueur rythmique et mélodies oblique, krautrock (ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il a choisi son pseudo en référence à Amon Düül) et folk atmosphérique.

Sur le plan musical, Freedom s’inscrit dans la lignée des précédents albums et profite une nouvelle fois de l’apport de Parker Kindred (Antony & The Johnsons, Jeff Buckley) qui fait des merveilles à la batterie, de Jordi Wheeler et Delicate Steve pour les parties de guitares. Ce cinquième album porte bien son titre, tant le New-Yorkais croise les influences et transgresse les genres comme ses compatriotes le font si bien ces dernières années. Amen Dunes peut ainsi sans peine rivaliser avec Woods, Ola Podrida, Kevin Morby, Grizzly Bear, Here We Go Magic et tant d’autres encore, mais c’est avec Young Magic que la filiation est la plus probante. Chez ces artistes, c’est la somme du tout et son appropriation qui permet aux œuvres de se révéler modernes – et bien plus qu’une simple actualisation de la musique des anciens.

Surtout, le jeune homme tourmenté lâche prise comme jamais sur ce disque pour dévoiler ses doutes, ses fêlures les plus intimes, faisant de son adolescence (pas très gaie) sa principale source d’inspiration. Il est ici question de dépendance aux drogues, de la quête de personnalité, d’enfermement, de disparition, d’innocence perdue, et de sentiments contrariés qu’il est trop tard pour exprimer. Il interprète d’ailleurs chaque chanson avec une ferveur incroyable, les tremolos en fin de phrases et les envolées faisant oublier le timbre nasillard et l’étendue vocale limitée. Outre le single Blue Rose, chanté les yeux fermés et la gorge nouée, il faut se lancer emmener par Believe, beau mantra mélancolique. Ces chansons viennent de loin, des profondeurs de l’âme de Damon McMahon. D’ailleurs, Chris Coady (Beach House) a du s’atteler à l’enregistrement et la production pendant trois ans entre Los Angeles et le légendaire Electric Lady Studios à New-York.

Au fil des écoutes, Freedom se dévoile pleinement et, même si nous avions fondé quelques espoirs sur Amen Dunes, il faut bien admettre que Damon McMahon réalise là un album qui, s’il ne révolutionne rien, pourrait prétendre être l’une de ces œuvres mineures qu’on chérit plus que de raison.

Tracklist
01. Intro
02. Blue Rose
03. Time
04. Skipping School
05. Calling Paul the Suffering
06. Miki Dora
07. Satudarah
08. Believe
09. Dracula
10. Freedom
11. L.A.
Liens
Ecrit par
Ecrits aussi par Denis

Qui vivra, IRAH

En signant IRAH, le label danois Tambourhinoceros poursuit son indéfectible soutien à...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *