Une idée cadeau fantastique : le méga bundle « Stephen Jones & friends » pour 253 £

Stephen Jones Black ReindeerOn ne s’était jamais rendu compte, avant de recevoir cette publicité spéciale, jusqu’où notre addiction nous avait emmené. Depuis qu’il est sur bandcamp et depuis qu’on suit TOUTE sa production de musique nouvelle (sur internet), c’est-à-dire assez précisément depuis octobre 2012, Stephen Jones, plus connu comme l’ancien chanteur/compositeur de Babybird (malgré tous ses efforts) aura sorti rien moins que 102 items. Puisque c’est Noël, le bonhomme que l’on connaît maintenant sous un tas d’autres noms comme Arthritis Kid (son plus vieil alias et qui lui sert pour des productions instrumentales mélancoliques), Black Reindeer (le plus présent depuis 3 ans), Roadkiller, Radioactive Stars, Babybird, Amplified Silence ou Trucker, propose au public de télécharger l’ensemble de sa production depuis 3 ans en une seule fois soit la totalité des 102 items pour 253 livres anglaises et quatre vingt dix pences. On pense (parce que les fans susceptibles d’acheter tout cela ont justement déjà tout acheté) que cette offre n’intéressera pas grand monde. Qui serait assez fou pour acheter un tel truc qui doit peser par ailleurs son pesant de kilo-octets ? Qui serait assez fou pour offrir (puisque c’est possible) une sorte d’intégrale digitale à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de ce mec obscur ? Qui pourrait le faire par amour ? Par inconscience ? On ne voit pas.Il y a assez peu de tubes ici, si ce n’est peut-être le grandiose Charlie Sheen, le single absurde le plus classe depuis le Frances Farmer Will Have Her Revenge On Seattle de Nirvana, ou dans les limbes, une version atrophiée et primitive de You’re Gorgeousle titre maudit et invisible sans qui rien de ceci n’aurait existé.

On imagine que Jones, qui se débat depuis des années maintenant avec ce statut d’outsider (son dernier alias en date du reste), exclu du marché du disque physique et qui n’a pas fait de concerts depuis plus de 3 ans, a monté ce MEGA BUNDLE pour nous rappeler qu’il n’avait pas chômé et montrer au monde qu’on pouvait encore vivre et exister en dehors des circuits obligés, qu’on pouvait surtout produire, jouer, enregistrer de la musique depuis un salon-studio et ne rien céder sur la qualité et l’engagement.

Comme cela nous enchante et nous fait marrer, on s’est amusés à reproduire la liste intégrale ici, histoire de démontrer que cela n’est pas du vent, ou juste une collection de chansons. Non, parmi ces 102 choses en vente sur bandcamp, Stephen Jones a réuni principalement des albums originaux (entre 30 et 40), quelques singles de circonstances (le discours d’investiture d’Obama, les attentats parisiens), des raretés tirées du catalogue de Babybird ou de sa carrière solo, des live et plein d’autres trucs, comme (collector de chez collector) des CDs physiques. Il y en a 3 ou 4, guère plus, préparés comme à la maison en mode Do It Yourself et souvent agrémentés de bonus amusants. Avec le dernier, l’artiste a ajouté une petite fiole en verre en forme de coeur, supposément remplie d’air respiré par le chanteur au moment où il enregistrait les tubes. L’autre fois, Stephen Jones avait ajouté une petite nouvelle écrite en pattes de mouche. Et une autre fois encore, des cartes de visite avec des dessins originaux à l’encre de chine. L’économie « Jones », c’est le retour à l’artisanat et à une relation 100% digitale entre le producteur et le consommateur qui vous donne l’impression de faire partie d’une secte.

La liste est là et fait foi :

xmas, xmas album teaser, The Ole Piano, The impossible problem, No Mouth and Mouthy, MOUTHY TEASER, Babybird live in Vienna 2000, Western, stephen jones sampler, outsider, YoUnGsTeRs, eight track teaser, MUSIC, SING A RAINBOW, back to the womb, the old car, Fatherhood2, Cambridge Junction 1998, Last Album Outtakes, The Last Album, GIFT, BLACK CROSS, Missing lofi 3 : Songs, Missing loft 3 : Soundtracks, No message, Reimagined, OUTSIDER, Meloncholy, live sessions 1995-8 volume 2, live sessions 1995-8 volume one, missing lofi 2, Rehearsal Tapes, MISSING LOFI part one, ROAD, ROADFILLER, ROADTRIPPER, ROADKILLER, Shop til dead, The Christmas album, artkid remix, ARTHRITIS KID, FREE DELUDER SAMPLER, Media paedo terrorist pop songs, An album of tiny things, Dance Freeq, Poppies & Oil e.p., THE REINVENTION OF HISTORY, ALMOST CURED OF SADNESS (REMASTERED), Church Music, Watching for dead friends faces in the campfire e.p., DREAM WALKING, DREAM WALKING OST, RADIOACTIVE STARS, SONGS TO TRUCK TO, Ambition Expired, A personal lo-fi mixtape – part two, A personal lo-fi mixtape : part one, ENDLESS SUMMER DAY, Things, science destroys creation, LEGAL HIGH, HAVOC, Garage Flowers E.P, Cuts, Photo of the soul 2, PHOTO OF THE SOUL 1, Not coming home for Christmas, The Reworks Part 1 – « Demonsdemonsdemons », DEMONS DEMONS DEMONS, DEMONS DEMONS DEMONS, Demons Demons Demons EP2, Demons Demons Demons E.P, DEATH IS STUPID 2, DEATH IS STUPID, Music is my only friend, Free Sampler, BLACK CLOUD REMIX, The end of youth, The ten stages of alcohol, Just for today history is wrong, go away, all is good, Black dreams hide me (HPY AS FCK REMIX), Due to a lack of excitement, sing a rainbow, je suis un imbecile anglais, A difficult third album, DOTN VS THE EARLYMAN cokeholes remixes, OUTTAKES, BLESSED OST, F@&k you Father Xmas, Real life is overrated, Rubber Pills – 1985 – 2012, god bless you america, the end of space, MUSIC FROM THE FILM THAT NEVER GOT MADE, CHARLIE SHEEN, THE BAD BOOK soundtrack, Live At The Electric Ballroom Bootleg 1996,the original lo-fi greatest hits, The Black Album, et Almost Cured of Sadness.

Parce qu’on n’est pas complètement dingo, on s’est contenté de la recopier depuis le site Bandcamp et pas de la retaper ligne à ligne mais on aurait dû pour mieux visualiser combien cette production est insensée et d’autant plus folle qu’elle est en grande majorité d’une qualité, d’une inventivité et d’une pertinence remarquables. Puisque c’est la fin de l’année et parce que c’est l’heure des bilans, on fera, ce qu’on ne fait jamais avec Stephen Jones, un classement de ce qu’on a préféré, sachant depuis qu’il tourne à plus de 10 albums dans l’année, JAMAIS, JAMAIS on n’a fait face à ce qui s’appelle une DECEPTION. Tout ici  a des qualités, tout est bon comme dans le cochon. On a bien sûr des préférences, des trucs qu’on aime moins (allez, Trucker par exemple, qui est moyennement notre truc), mais aucun regret quant à cet énorme investissement (253 livres donc) qu’on a fourni et qui vaut mieux que son poids en paquets de cigarettes ou en disques de Coldplay. Stephen Jones est en train à sa manière d’inventer une modèle (intenable) et (soutenable) de vie discographique en dehors des circuits autorisés. Son oeuvre clandestine est une malédiction/bénédiction qui rend aux fans de musique indépendante le goût des catacombes et des plaisirs privatifs, lorsqu’on allait « à l’ancienne » chercher son disque au magasin du coin et qu’on passait des nuits à le chérir en silence, cette époque lointaine où on faisait circuler des K7 sous le manteau et où on était prêts à payer le type qui avait récupéré d’une connaissance la retranscription des paroles sur un bout de papyrus.

Les Conseils du Chef :

  • Black ReindeerThe Reinvention of History : pour les amateurs d’histoire, un album instrumental qui parle de Louis XIV, de Staline et bien d’autres. Délicat et cultivé.
  • Arthritis KidArthritis Kid : le premier album de cet alias est magistral et indépassable.
  • BabybirdFatherhood 2 : la suite du fameux album lo-fi culte à la pochette « enceint ». Un disque chanté à mi chemin entre le lo-fi originel et les premiers albums solo, très réussi.
  • BabybirdBack To The Womb : Stephen Jones a enterré Babybird définitivement en 2015 en publiant 4 à 5 albums originaux. Back To The Womb est l’un des premiers, avec des chansons épatantes.
  • Babybird Missing Lofi 3 : Songs : Sorte de vide-grenier géant, la série des Missing Lofi 3 aligne des chansons enregistrées au milieu des années 90 et qui ne figuraient pas sur la série des 6 albums (5+1) originaux. On y trouve quelques reprises fabuleuses.
  • Black ReindeerThe Ole Piano : Celui-ci est sorti il y a 4 jours et c’est une merveille de finesse et de délicatesse. Ce sera l’avant dernier album de l’année puisque Stephen Jones a programmé un album de Noël avec une édition en CD physique pour dans quelques jours.
  • Black ReindeerAll Is Good : l’un des premiers albums de Black Reindeer et l’un des meilleurs avec des titres insensés comme Jimmy Savile ou Gunlaws. Stephen Jones inaugure ici la mise en musique de samples fabuleux.
  • Stephen JonesMeloncholy : l’album chanté de l’année. Un miracle.
  • Stephen JonesPoppies & Oil ep (Withdrawal from Afghanistan) : un titre unique et politique qui fait l’objet de 5 ou 6 mixes différents et où on entendait parler George W. Bush.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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2 Comments

  • Vous etes les seuls a encore parle de cet immense artiste et je vous en remercie. C est la vie parce que le succes est volatile. J ai de nombreux disques de lui que j ecoute tres régulièrement.

  • Oui Martial. Nous sommes peu nombreux a frequenter cette musique et c est bien dommage. Il y a de vrais tresors dans toute cette discographie et pas seulement sur sa partie la plus connue. C est un plaisir égoïste finalement et ce n est pas faute d essayer d attirer l attention sur lui depuis des annees. Quand l heure est passee, je crois qu il n y a plus rien a faire. Bonnes fetes chez toi.

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