[Interview] – Day One : les hommes ordinaires ne meurent jamais…

Day OnePremier groupe signé par Massive Attack sur son label Melancolik, le duo Day One était promis à une belle carrière. Son premier album, Ordinary Man, sorti en 2000, initiait un mélange alors nouveau de hip-hop blanc, de pop et d’électronique qui prospérerait par la suite à travers des groupes de premier plan comme The Streets. 18 ans après, Ordinary Man n’a pas pris une ride et regorge de morceaux beaux à se damner, émouvants et justes. Passé ce coup d’éclat et une série de concerts où Phelim Byrne, le chanteur, et Matthew Hardwidge, le musicien, épataient tout le monde, les Day One étaient soudainement avalés par un trou noir qui les recrachait temporairement pour un deuxième album, Probably Art, sept ans plus tard.

English version below.

Day One avait raté son heure. Invisibles, oubliés, les membres du duo s’en retournaient à leurs affaires terrestres mais sans jamais cesser d’opérer en groupe, reprenant sans relâche leurs chansons, leurs bandes, leurs musiques afin de ré-émerger et de poursuivre leur oeuvre pacificatrice. Avec l’aide de Mario Caldato Junior des Beastie Boys, et soutenu par la Bowers and Wilkins, un label haute fidélité, le groupe a accouché enfin d’un troisième album, Intellectual Property, magistral, dont la sortie a elle-même été compliquée. On peut le trouver aujourd’hui en édition numérique en attendant une version CD ou LP qui ne saurait tarder…. L’occasion était trop belle de mettre nos fins limiers à leurs trousses et d’échanger librement avec ce groupe oublié inoubliable et son maître arrangeur Matthew Hardwidge.

Quelques mois plus tard, les réponses nous revenaient, révélant ce qu’on pressentait : cela souque ferme à cette profondeur du rock indépendant, mais le fond de l’eau est frais et habité par de superbes créatures. Day One : renaissance… Act III. Grosse cote.

On aimerait beaucoup rejouer Ordinary Man en entier. Si quelqu’un lit cela et est intéressé pour monter ça, qu’il nous contacte !! Nous sommes prêts.

Votre troisième album est enfin disponible dans de bonnes conditions deux ans après sa première sortie chez Bowers & Wilkins. C’est vraiment un combat de haute lutte….

Nous avons commencé à travailler sur cet album en 2010, comme à notre habitude en assemblant des idées d’environnements sonores, des histoires. Nous travaillons en nous échangeons des choses via internet, en faisant des allers-retours successifs jusqu’à ce que l’idée soit stabilisée et le traitement satisfaisant. Ce n’est qu’après une session de travail en face à face que ce qui est produit selon cette méthode devient véritablement une chanson en studio. Nous avons écrit quelque chose comme 16 morceaux pour en retenir 12 qui nous semblaient suffisamment solides et cohérentes pour former un album.

L’étage suivante a été de les réinstruire, une à une, de les travailler encore pour les enrichir d’enregistrements d’instruments live, de les travailler en production, de les arranger, les éditer. Nous avons la chance d’avoir des amis talentueux qui s’y connaissent et ont pu jouer et contribuer aux disques. Le découpage principal a été réalisé chez moi, à Londres, principalement avant d’être retraité par Mario Caldato Jr à Los Angeles. C’est Mario qui nous a amené Miguel Atwood Ferguson (Flying Lotus et colllaborateur de Thundercat) pour ajouter des arrangements de cordes.

Comment vous êtes-vous retrouvés en affaires avec la Bowers & Wilkins que je m’imagine comme une sorte de club privé d’amateurs de musique à dominante classique ?  Ils font un travail formidable sur ce que j’en sais mais c’est curieux d’éditer de la musique populaire par ce biais….

Nous avons envoyé le disque à Peter Gabriel qui a toujours soutenu notre travail et notre groupe. Nous avons enregistré une bonne partie de notre premier album, Ordinary Man, chez lui, aux studios Real Word et il est devenu puis resté fan ! En 1999, nous étions à deux doigts de signer avec sa boîte de publishing et puis cela ne s’est pas fait. C’était un honneur de bosser ensuite avec la Bowers and Wilkins car nous tenons la plupart des projets et des artistes qu’ils soutiennent en très haute estime. Ce n’est pas si différent, d’une certaine façon, de travailler avec eux que certains artistes qui réservent leur production pour du streaming exclusif à des boîtes comme Tidal.

C’est devenu si dur que cela de trouver un label ? Vous aviez déjà rencontré cette difficulté pour Probably Art, n’est-ce pas ? On y reviendra plus tard….

On a tout essayé au cours de notre carrière. Des majors, des indépendants. Oui, cela a été très dur de trouver le bon label pour le disque. A chaque fois et nous y sommes toujours aujourd’hui. Peter Gabriel et la Society of Sound (label associé à la Bowers and Wilkins) ont gagné notre respect éternel car ils n’ont pas tergiversé.

Intellectual Property a été enregistré aux Etats-Unis où vous avez à nouveau travaillé avec Mario Caldato des Beasties Boys. C’était une bonne expérience de travailler à Los Angeles ? Qu’est-ce que vous êtes allés chercher là-bas ?

Nous avons réalisé nos 3 albums là-bas, et tous avec Mario. Disons que c’est notre port d’attache n°2, sentimental et professionnel, après Bristol bien sûr. Le climat, les bonnes vibrations, le studio : cela fait partie de l’ambiance qu’on recherche et puis Mario est vraiment très important pour nous. Il nous a compris et il a tout de suite compris ce que nous essayions de faire musicalement. Tellement bien que nous sommes repartis sur la même formule pour notre prochain album qui est actuellement en phase d’écriture.

Vous étiez fans des Beastie Boys ? Comment vous vous êtes rencontrés pour la première fois ?

Oui, on a toujours été fans du groupe. Moi peut-être un peu plus que Phelim. J’ai été scotché par Paul’s Boutique à l’époque, Check Your Head et Ill Communication. Et je le suis toujours des années plus tard. Mario nous amène de la lucidité et une sorte de clarté dans notre silence. Il joue de surcroît un rôle de pivot extraordinaire, de liaison entre Phelim et moi quand nous sommes en studio. C’est le Boss.

 

Comment ça se passe en studio justement ? Vous envoyez les musiques à Phelim avant pour qu’il pose ses textes et imagine ses mélodies vocales ?

Tout est préenregistré avant qu’on ne débarque chez Mario. Toutes les chansons sont façonnés et quasi bouclées. Le travail qu’on effectue en studio consiste à éliminer le gras, à raffiner chaque chose. C’est ce qu’on attend de Mario. Souvent, on reprend les voix, on enrichit l’atmosphère, on change la couleur et puis Mario mixe le tout au fil de l’eau jusqu’à ce qu’on aboutisse au produit fini. Il a toujours d’excellentes idées et il sait quand il manque quelque chose à la perfection.

Les gens seront surpris à l’écoute d’Intellectual Property de voir que votre son n’a pas évolué tant que ça en dix ans. Je dis ça mais ce n’est pas complètement vrai. Les chansons sont plus sophistiquées peut-être avec pas mal de détails que l’on perçoit à l’arrière-plan. Sur cette chanson d’amour française Lovers & Strangers par exemple, ça regorge de petits trucs de production : des cloches, une trompette. C’est vraiment remarquable. Cela vient d’où ?

Cette chanson a été écrite et enregistrée dans mon home studio et on l’a mixée à LA. Tous ces petites trucs, je les ai ajoutées avant tout pour faire marrer Phelim. J’adore ce qu’il raconte sur cette chanson. Les details sont extraordinaires. Et on a beaucoup ri en l’enregistrant.  Mais j’adore aussi la tristesse qu’il est capable de distiller dans ses récits, sans aucun effort ou que cela paraisse forcé. Pour moi, c’est un peu sa marque de fabrique.

Il y a des chansons qu’on aurait pas pu trouver sur vos albums précédents comme l’instrumental If Only’s or Maybe’s. Le morceau est très cinématographique. Vous pouvez nous en dire deux mots ?

Je suis vraiment très fier de la manière dont cette chanson sonne au final. J’étais littéralement obsédé par Pet Sounds à cette époque. La chanson a jailli comme ça : Pop ! En à peine deux heures ! Phelim avait écrit un super texte pour ce morceau mais on ne l’a pas gardé pour l’album alors j’ai essayé de reprendre la musique et d’en faire un instru. J’ai ajouté des choses, des arrangements et c’est devenu encore mieux. On a encore enrichi la texture avec Mario et voilà : je trouve que ça sonne parfaitement ainsi. Cela fonctionne en plus très vite dans la dynamique de l’album, comme un petit interlude.

Quelle était la ligne directrice dans l’écriture de cet album ? On a l’impression que vous vous en êtes tenus à vos fondamentaux mais peut-être avec une ambition musicale plus importante…

Tout à fait. Un disque de Day One ressemblera toujours à un disque de Day One mais on voulait repousser un peu les limites de notre territoire. Pour dire la vérité, Probably Art a été un album précipité. A la fois pour l’écriture et pour l’enregistrement. Du coup, c’était vraiment un luxe de disposer cette fois-ci de tout le temps qu’on voulait pour travailler sur ce disque.  On est vraiment très fiers du résultat ce qui rend d’autant plus frustrant et honteux le fait qu’au-delà de ceux qui nous suivent de très très près, personne ne sait que le disque existe !

On respire Los Angeles sur certains morceaux comme Bright & Breezy. C’est fou en train de singer The Beach Boys, là. C’est assez brillant. Et puis il y a aussi The Greatest Trick qui est très « à la manière de ». Vous êtes fans de Brian Wilson et de son groupe ?

Vous avez vu juste. Pet Sounds en particulier a été une influence majeure sur l’album et ces titres là bien sûr. L’idée a germé et abouti car j’ai un ami qui s’appelle Jim Boggia qui est musicien et artiste à Philadelphie qui est vraiment très très beau pour mettre en place ces harmonies caractéristiques. Je lui ai juste dit : » faudrait que ça sonne comme les Beach Boys , tu vois ? » et c’était parti….

Vous avez eu l’occasion de voir Brian Wilson sur scène ces dernières années ?

J’ai attendu toute ma vie de pouvoir assister à un concert de Brian Wilson. J’en ai rêvé en lisant des livres sur eux, en écoutant leurs disques, pour finalement le voir à l’Hammersmoth Appolo. Et j’ai été très très déçu. Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais au juste mais j’ai eu l’impression d’assister à un barnum nostalgique géant. Cela m’a gêné. Ce n’était pas lui qui était en cause mais j’ai eu l’impression qu’il y avait un côté voyeuriste, que le public était trop présent, dérangeait quelque chose et était juste là pour le regarder comme s’il n’était qu’un poisson rouge dans son bocal. Ne vous méprenez pas. Cela n’enlève rien à l’admiration que j’ai pour lui. C’est un héros éternel pour moi et c’est bien Pet Sounds qui a été mon fil rouge et mon inspiration au moment de composer.

L’écriture de Day One est centrée sur les personnes ordinaires, la description de situation du quotidien. En tant qu’artistes, comment est-ce que vous vous échappez de cette vie ordinaire pour travailler ? Le travail, la famille, les enfants peut-être… je suppose que tout cela fait partie de votre vie….

Oui, nous avons tous les deux des familles et aussi des emplois à temps plein. La musique est notre passion. Nous écrirons toujours des chansons quoi qu’il arrive car nous n’avons pas besoin d’avoir un label pour payer nos factures.

L’attention que vous prêtez aux personnes ordinaires demande des qualités d’observation et d’empathie qui vous trahissent. De quel milieu social êtes-vous issus ? On aime bien savoir ça en France…

Le moins que je puisse dire, c’est qu’on ne fait pas partie des milieux privilégiés ! (rires)

 

Quelle est la plus grande réussite du disque ?

Sans doute le fait que nous ayons réussi à mener le projet à son terme, étape par étape, d’une manière complètement indépendante. J’espère que nous arriverons à ce que le disque sort sur support physique prochainement. C’est un album qui mériterait à un moment une sortie vinyle.  Après nos mésaventures sur Probably Art, nous ne souhaitions plus travailler avec la maison de disques qui a sorti l’album en dehors du Japon. Cela nous a pris du temps. Le temps de l’écriture, du mixage mais pas que….

Est-ce que pendant toutes ces années d’absence, vous continuiez à exister en tant que groupe ?

Nous étions engagés dans notre vie privée, dans nos boulots mais la musique était toujours présente et nous avons toujours trouvé du plaisir et du réconfort dans l’écriture de chansons.

Phelim et moi adorons faire de la musique et nous adorons travailler ensemble. Mais nous nous rejoignons sur un point : nous considérons que tout le business qui gravite autour de la musique est peu intéressant et très fatigant. Nous avons vu tous les aspects de cette activité. En dehors du domaine artistique, le monde de la musique est une petite bête très moche.

Avec le recul, est-ce que vous vous considérez chanceux d’avoir connu ce que vous avez connu au moment de la sortie de Ordinary Man ?

Oui et non. On ne possède pas les droits de cet album et on ne les possèdera probablement jamais. On n’a pas gagné d’argent avec notre musique. Ce succès-là n’est pas venu jusqu’à nous. La seule chose que nous avons retiré de cette époque ce sont les chansons. C’est la seule qui nous reste et dont nous sommes fiers.

Pour la plupart des gens, à cause de la malchance ou d’on ne sait quoi, vous êtes considérés comme un groupe qui n’a pas tenu ses promesses initiales. Vous partagez ce point de vue ? Est-ce que cela éveille chez vous des regrets ?

Aucun regret. Je crois que nous sommes arrivés un peu trop tôt et en avance sur notre temps. Je me souviens de réunions à Londres dans les locaux du label où les types du marketing nous disaient : » Vous devriez vous concentrer sur un seul style musical. Où est-ce que vous voulez qu’on range ce disque. Toutes les chansons sont différentes ! Avec le recul, c’est évidemment rigolo d’y repenser. Je ne suis pas sûr que tous ces types aient gardé leur boulot…. Le plus effrayant, c’est qu’il est probable qu’ils l’aient gardé !!

Eprouvez-vous de la nostalgie pour cette époque et vos premiers pas dans le monde de la musique ? La fin des années 90….

Un peu. Je me souviens de la création d’Ordinary Man. De la rencontre avec Mario. Du moment où on a commencé à travailler à Sunset Sound à Los Angeles. De la naissance de mon premier fils.

Aujourd’hui, quelles sont vos ambitions ?

Continuer à faire de la musique. Tout simplement. Et y prendre un maximum de plaisir.

Il y a un vrai revival année 2000 ces temps-ci. Ca ne vous donne pas envie de surfer sur la vague et de vous refaire quelques festivals nostalgiques ? De rejouer aux vieux tubes en tant que vieille gloire ?

On aimerait beaucoup ressortir Ordinary Man en vinyle car le disque n’est jamais sorti dans ce format. On aimerait aussi beaucoup le rejouer entièrement, dans l’ordre que vous voulez. Si quelqu’un lit cela et est intéressé pour monter ça, qu’il nous contacte !! Nous sommes prêts.

Prochaine étape ?

Nous avons presque fini l’écriture de notre nouvel album et nous sommes très excités par tout ça. On se fout de ce qui va arriver ensuite et on n’a pas vraiment envie à ce stade de l’envoyer à des tas de labels pour leur demander si ils sont intéressés ! On en a vraiment marre de ce jeu-là. On ne le donnera qu’à ceux qui veulent l’écouter vraiment.

Notre objectif est d’essayer de trouver le meilleur moyen de le faire connaître pour regagner un peu d’exposition et entrer de nouveau en contact avec les fans qui nous ont perdus de vue.

We would like to play Ordinary Man live again in its entirety, if anyone reads this that is remotely interested hit us up!

Your third LP gets a real proper treatment two years after it has been published through the Bowers & Wilkins Society. Can you tell us about the story of the LP ? It has been a long long way to the CD & LP edition ?

We started working on Intellectual Property our 3rd LP in 2010, as always by collating soundscapes ideas and stories and working on them via the internet, sending back and forth until we have an idea that we are happy with, That idea after a face to face writing session in our studio becomes a song. We wrote maybe 16 songs and picked 12 which we thought were strong enough and coherent enough to form an album. The next stage was revisiting the songs individually and adding live instrumentation/production and working on the edits/arrangements.

We are lucky enough to have some very talented friends that played on the record. Most of the tracking was done at my house in  London, with the final flourishes recorded in L.A with Mario Caldato Jr. He brought in Miguel Atwood Ferguson (Flying Lotus/Thundercat collaborator) to add string arrangements.

How did you get involved with the Bowers & Wilkins Society, which is something, seen from my window, like a private club for classical music ? They do a great job i have been told but it is a strange way to edit popular music ?

We sent the Lp to Peter Gabriel who has always been very supportive of the band, we recorded some of our first album Ordinary Man at his Real World recording facility and he became a fan ! We were going to sign with his publishing company back in 1999 but things took another path. We were honored to be associated with the project Bowers and Wilkins project as the acts and what it represents are held in high esteem. It was similar i suppose as bands now doing exclusives with streaming companies such as Tidal.

Was it that hard to find a label after Probably Art ?

We have always found it hard to be honest to truly find a label that we could call home, its always been a bit of a trade off between getting the LP out and finding a way to cut through all the bullshit. We tried many different ways throughout our career from Majors to Minors, so yes it was difficult to find the right fit for the LP. I guess we are still searching for that now. And respect to Peter Gabriel and the Society of Sound because they saw it straight away.

Intellectual Property has been recorded in the United States. You’ve worked with Mario Caldato Jr of the Beastie Boys. Was working in Los Angeles a good experience ? What did you try to get there ?

We have worked on all 3 of our LP’s in Los Angeles with Mario, i guess it’s our spiritual 2nd home musically after Bristol of course ! The weather, the vibe, the studio it all adds to the blend. Mario Caldato from the first time we met him he got us and what we were trying to achieve musically. We will be working with him again on our new LP which is currently in the writing process.

Are you fan of the Beastie Boys ? How did you get in touch with him for the first time ? What did he bring to your music ?

Yes we have always liked the Beastie Boys myself more than Phelim, i was hooked on Pauls Boutique, Check your Head and Ill communication and still am ! Mario brings clarity and is a wonderful linchpin between phelim and myself in the studio he is the Don !

Can you describe us your studio routine ? I guess you work separately before. How do you function as a band. Matthew, i imagine you send Phelim some tracks for him to write his lyrics and vocals.

Everything is captured and tracked before we get to Mario so all the songs are shaped and its a matter of fine tuning and trimming the fat when we get to Mario. We will redo some vocals and add some flavour and Mario will mix as we go along shaping the songs into the finished recordings

Were the songs ready when you have been in LA ?

Yes the songs are fully formed and ready for the mix. Mario always has great ideas and of course will always add some flavour.

People will be surprised when listening to Intellectual Property to find your sound hasn’t changed that much in ten years. Well i am lying a little bit with the « same sound » thing. Some songs may be more sophisticated, with many little subtle things we can hear in the background. There is this French song Lovers & Strangers which is full of small production details : bells, trumpet, etc. It is remarkable. Can you tell us about the work you did in the studio ?

Lovers and strangers was written and recorded at my home studio and mixed in L.A. All those little nuances you have picked up on i threw in to make Phelim giggle. His narrative is wonderful in this song ,we had many laughs recording it. I love the sadness that he effortlessly injects into the narrative. I guess that’s his trademark.

There are songs or tracks we probably wouldnt have had on the previous albums such as the instrumental If Only’s or Maybe’s. Matthew, how do you come with such a track ? It is very cinematographical.

Thanks. I’m very proud of how that track came about, I was obsessed with Pet Sounds at the time and this just kind of popped out and happened in about 2 hours! Phelim originally wrote some wonderful words for it, it didn’t make the fimal album cut so i tried it as an instrumental adding some more instrumentation and it sounded great ! We added some more textures in L.A with Mario and it came out perfect. It works really nice in the album sequence almost like an interlude.

What were your intentions with this album ? We feel a real will to stick to basis but maybe with more musical ambition….

Exactly a Day One record will always be a Day One record but we wanted to push the boundarys sonically a little more. To be honest Probably art was a little rushed in the writing and recording /making of the LP so it was a luxury to take as long as we wanted to take. We are really proud of what we made. It’s a shame outside our core audience that a lot of people are not aware it even exists.

We can feel L.A in Bright & Breezy. It is you turning into The Beach Boys, isn’t it ? Where did you get the idea ? It is brilliant. We have also The Greatest Trick which is probably the most Beach Boyesque song here. Are you a fan of Brian Wilson and his crew ?

Again spot on !  Pet sounds in particular was a big influence on these tracks in particular. The idea just kind of happened i have a friend called Jim Boggia who is a wonderful musician/artist from Philadelphia. He really nailed those harmonies on bright and breezy and the greatest trick i just gave him the Beach Boys as a brief and off he went…

Have you seen the band or Wilson on stage those past years ?

I waited my whole life to watch Brian wilson after reading the books and listening to the records. I saw him at Hammersmith appolo and it was hugely dissapointing.

I dont know what i was expecting but it felt like a giant nostalgia trip. Bless him it felt like the audience were intruding a little and were watching him in a goldfish bowl. Dont get me wrong the guy is a legend and a hero to me musically but its the pet sounds and the wrecking crew at that time that inspired me.

As artists, how do you escape from ordinary life ? Are you both involved in this life you describe ? Work, family & kids, wake up early, duties all along… .What’s your everyday life look like ?

Yes we are both family men with full time jobs. Music is our passion and we will always write songs we just dont need to rely on labels to pay our bills.

Those songs are little stories about « little people », normal existences. It requires a lot of attention to social conditions and empathy. What are you original social conditions ? That’s an obsession here in France. Are you working/middle/upper class people ?

We are definately not upper class !

What is according to you the greatest achievement of this record ?

The fact that we made it independently it took a long time for the whole process to be complete. I hope it gets a physical relase at some point as its definately and album for vinyl.

Why does the record come so late ? What has happened between Probably Art and Intellectual Property ?

We no longer wanted to work with the record company that released that lp outside of Japan, so that took a little time. It then of course took time to write the LP and record the LP and mix the LP and so forth.

Were you still a band in between. Still trying or have you had another life ?

Were both family men with full time jobs and kids but music is always their and we still enjoy making songs very much.

 Have you worked in the musical business all these years ? I couldnt find much on the internet about you both during a few years. You were invisible to the public eye, really. Was it a voluntary withdrawal in some way ?

I dont think we have ever really been in the public eye, Yes Phelim and i enjoy making music and working together but find the whole music business rather tedious. We ve seen all sides of it and it really outside of the artistry an ugly little beast.

How do you look at your career with something like 18 years in the making ? Would you say you have been lucky to have known the Ordinary Man era ?

Yes and no, we don’t own the rights to that LP, we never will. We aren’t finacially successful from music. The only thing we have to show from that period is the songs which we are very proud of.

For most people i guess because of bad fortune or i dont know, you’re considered a band who did not fully fulfill his initial promises. Do you share this point of view ? Does it bring regrets ?

No regrets at all. I think we came out a little ahead of our time, i recall meetings in London at the label with marketing people saying  «you should concentrate on one style of music,where can we place this record ? the songs are all different ! » It’s funny really in hindsight, i doubt many of those people still have their jobs… or frighteningly they probably do !!

Are you nostalgic of your first steps in the music business ? What is your best memory of that time ?

Making ordinary man, meeting Mario. working at Sunset Sound in La, my first son being born,

What are your ambitions today ? Are you going to tour again ? What would like to do ?

To keep making great music and enjoying making it,

There is a year-2000 revival these days. Could you ride the wave and appear in festival s or events when they bring out « old glories » to play their old glory songs ?

We would love to re release ordinary man on vinyl (it was never released on vinyl) and play the full lp in its entirety. If anyone reads this that is remotely interested hit us up !

Intellectual Property has been recorded a few years from now. Have you got new material ready for a new LP ? Are you optimistic about finding a label and producing more records in the future ?

We have nearly finished writing our new LP we are really excited about it. We really don’t care about record labels and certainly won »t be sending it to different labels to ask if they want to release it !  Fuck that, we will release it to anyone that wants to hear it.

Next step ?

I guess trying to find the best way for our new lp to gain exposure and reconnect with our fanbase.

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