Bad Sounds : la révélation anglaise qui (ne) va (pas encore) enflammer la rentrée

Bad Sounds - Get BetterIl y en aura d’autres bien sûr, mais notre coup de coeur de la rentrée est peut-être à chercher du côté des outsiders anglais de Bad Sounds. Cela faisait quelques mois qu’on suivait leur activité et leur renommée croissante Outre-Manche. Le quintet, porté principalement par les deux frères Ewan et Callum Merrett, vient de passer haut la main le cap du premier album, avec une réalisation, Get Better, sortie il y a quelques jours qui confirme tout le bien qu’on pensait d’eux. Originaires de Bath, les deux garçons composent une musique ultra-moderne, colorée et joyeuse qui nous rappelle comme deux gouttes d’eau les meilleurs moments de nos amis de Day One ou tout aussi loin de Jurassic 5. On retrouve chez Bad Sounds cette capacité à mêler des influences pop, indé, soul et hip-hop dans une musique foutraque mais bougrement séduisante qui donne envie de danser et de…. sortir de son corps.

L’un des frères a séjourné à Bristol et y a ramené quelques influences musicales ainsi qu’une capacité innée à manier les sons en studio. Ce premier album qui sort dans une pouponnière de Sony, Insanity, est bien meilleur que sa pochette (encore que…). Le son du groupe y apparaît beaucoup plus abouti que sur scène où les ficelles apparaissent. Ici, c’est efficace, puissant et globalement virtuose. Le groupe évoque une sorte de soul psychédélique rapée qui n’a pas véritablement d’équivalent de ce côté-ci de la Manche. On pense en Angleterre aussi à The Streets pour les évocations (encore gentillettes) de la vie des jeunes blanc-becs sans perspectives (un titre s’appelle How Are You Gonna Lose) et le second degré façon MC Devo ou, plus sérieusement (et encore plus ancien) les géniaux Fingathing ou Ugly Duckling (américain, ceux-ci). Toujours est-il que Bad Sounds fait son effet à l’image de son single locomotive, le quasi tube Honestly, qui a une allure folle. Rythme, refrain, voix propre et paroles gentiment universelles, tout y est, y compris le patronnage d’un manageur de premier plan, pour que le groupe cartonne.

On reviendra sur le disque un peu plus tard mais il va falloir se pencher attentivement sur l’avenir des Bad Sounds qui pourraient bien fournir un contre-point poli, rigolo et digne d’un boys band aux rugueux Sleaford Mods. Disons que le groupe est à ces derniers ce que Animal Collective est aux Flaming Lips. Ca ne vous en dit pas plus mais on se comprend. Get Better, une fois, c’est le titre de cette affaire là et ça dit ce que ça dit : les jeunots pensent que cette musique peut nous aider à devenir de meilleurs êtres humains. Bah oui, pourquoi pas ? S’il faut commencer par là, y a pire.

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