Movie Star Junkies / Evil Moods
[Voodoo Rhythm]

Movie Star Junkies / Evil MoodsAprès l’escapade de 2012 et un Son Of The Dust plus posé et aux ambiances moins électriques, ce quatrième album des turinois Movie Star Junkies marque un retour aux sources et au son garage-pop de leurs débuts discographiques.
Dès l’intro de A Promise, ces cinq cowboys hirsutes tout droit sortis d’un western-spaghetti lancent la locomotive à plein régime pour dix titres allumés et 35 minutes d’un voyage qui ne peut laisser indifférent « I tried my best to protect you / To keep you away from myself / But you don’t listen no / You come here everyday ».
On pense instantanément à des cousins pas si éloignés des Allah-Las, même si un peu moins bien lavés et un peu plus mal rasés, mais aussi (surtout pour la gouaille et la voix du chanteur Stefano Isaia) à l’univers de The Wytches, dont le premier album sorti l’année dernière vaut le détour.
Le groupe délivre avec ce disque une pop diaboliquement habillée de sonorités garage (le traitement du son y est plus pour quelque chose que l’écriture des chansons) faisant parfois apparaître des arrangements détonnants (du farfisa, du piano ou des cloches comme dans le fabuleux solo d’All Sorts Of Misery). Le phrasé est principalement scandé, rappelant Nick Cave au temps de The Birthday Party (une référence du groupe) ou le Gun Club de Jeffrey Lee Pierce.
Au final, on est en présence d’un album aux chansons solides qui semblent aspergées d’essence, comme si l’on attendait à tout moment que les Movie Star Junkies grattent l’allumette sur la boîte.
On vous conseillera fortement d’insister un peu car le disque révèle de nombreuses choses au fil des écoutes, mais également car la deuxième moitié de l’album est bien meilleure que la première (In the Evening Sun et Red Harvest en tête).
Les Movie Star Junkies sont donc de ceux qui gardent le meilleur pour la fin avec Move Like Two Ghosts, titre qui conclut Evil Moods et dont le texte est tiré d’un poème de Dylan Thomas. La guitare et la basse qui jouent ici en chœurs le même gimmick mélodique rappellent alors les meilleurs moments de Sebadoh. Un grower, on vous dit.

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