No Money Kids : le groupe français qui monte et remonte le temps

No Money Kids - FactoryDifficile d’échapper lorsqu’on s’intéresse un tantinet au rock français (chanté en anglais) au mouvement qui accompagne les No Money Kids depuis quelques années. Leur musique est très présente en radio et est utilisée (du moins, c’est ce qu’il nous semble) pour sa capacité à souligner un programme, à accompagner un défilé ou à faire vendre un produit : c’est vintage, un peu crade mais aussi follement remuant et suffisamment crédible et bien joué pour ne pas déplaire aux rockeurs. Les No Money Kids, c’est l’équivalent musical d’un Johnny Depp qui joue dans Pirates des Caraïbes et caresse un loup dans une pub pour un parfum, la représentation de l’esprit du rock pour ceux qui ne l’ont approché que de loin, ce qui n’enlève rien (mais rien de rien) à la séduction et à la portée du dangereux animal (Johnny, pas le loup).

Bref, les No Money Kids qui sont un groupe français, Môsieur, oui, français de banlieue parisienne, et pas porté par des ados de vingt ans mais de vrais gars barbus et qui jouent ensemble depuis plus de dix ans, sortent un nouvel album qui s’intitule Factory (rien à voir avec LA Factory de Tony Wilson et Peter Hook) et qui vous permettra de prendre en compte (pour l’avenir et pour vous tenir au courant) leur “électro-blues” atypique et taillé pour attirer l’oreille. Les titres sont sacrément bien fichus, même si la feuille de presse s’enflamme un peu en se référant à Sparklehorse, Beck ou The Kills. Il y a bien dans leur rythmique remuante et leur usage désordonné des guitares, un chant laid-back savamment étudié, un peu de l’esprit de la fin des années 90 et du début des années 2000, même si on n’entrevoit que de très loin les enjeux que cette musique peut comporter. Dear Friend est excellent, mais le précédent morceau Brother était quand même beaucoup plus léger et sautillant. L’esthétique des vidéos est quasi parfaite, les pochettes des singles sont irréprochables mais on peut trouver que ces balades auxquelles on a donné du volume en y ajoutant des couches/nappes de guitares ou de synthés, lorgnent plus du côté de Coldplay et de Muse (ce qui n’est en soi pas mal du tout) que des pré-cités. Pas aussi sombre et habité que l’on veut nous le faire croire (l’album a été enregistré, contrairement à leurs habitudes qui les menaient à écrire sur la route, par la force des choses dans un studio-usine), la Factory de No Money Kids n’en reste pas moins un disque intéressant et qui montre que le grand public peut manifester encore de l’intérêt pour les musiques à guitares, le rock et ses dérivés.

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