Sin Fang, Sóley, Örvar Smaráson / Team Dreams
[Morr Music / La Baleine]

7 Note de l'auteur
7

Sin Fang, Sóley, Örvar Smaráson - Team DreamsLes activités sont si restreintes en Islande que les artistes y sont bientôt plus nombreux que les pêcheurs et les banquiers. Et comme l’île est peu habitée, ils démultiplient les projets collaboratifs (comme chez nous, on invite nos voisins pour un barbecue plutôt que de les enfumer) : ça constitue le lien social et contribue à forger l’identité du pays.

Alors, oui certes, ce projet ne joue pas dans la cour de l’élite islandaise (Björk, Sigur Rós, …) et ne peut pas prétendre jouir de la même aura chez les hipsters que la jeune garde en pleine expansion (Fufanu ou Ólafur Arnalds par exemples). Néanmoins, la réunion a fière allure avec Sin Fang et Sóley (qui ont collaboré autrefois au sein de Seabear avant de réaliser des albums en solo), associé à Örvar Smárason, membre fondateur de feu múm, qui fut l’une des principales têtes de pont entre électronica, pop et folk en son temps (1997-2013).

Ces trois-là ont décidé de collaborer en se fixant comme contrainte d’écrire et de réaliser une chanson le plus vite possible … et de répéter l’exercice chaque mois de l’année. Avec un tel concept, on pourrait craindre que le résultat ne soit bâclé et le tout bien mal fagoté. Il n’en est rien et, bien au contraire, Team Dreams s’avère une œuvre aboutie. Comme ils n’avaient guère le temps, le trio est allé à l’essentiel, se concentrant sur les mélodies et les arrangements idoines, en faisant complètement abstraction du format couplet-refrain. La production est également limpide et claire, toujours bien dosée.

N’en reste pas moins que, comme les chansons sont ici agrégées par ordre de réalisation, l’ambiance et la tonalité varient d’un morceau à l’autre – tout en évitant l’écueil de sembler être une compilation de différentes artistes. Les premières chansons s’inscrivent dans la continuité des précédents projets des protagonistes et finalement sonnent comme on peut s’y attendre en connaissant leur pedigree. Ce sont de belles chansons de folktronica, joués sur des instruments acoustiques (un piano, une guitare, …) agencés avec minutie sur un logiciel de production, utilisé comme un véritable instrument.

Et puis, sur Slowly, une touche dubstep pointe le bout de son nez et, de fil en aiguille, l’album prend une tournure nettement plus électronique. Tennis laisse même entendre quelques inflexions r’n’b et, si ce n’était son rythme mollasson, la production serait presque « house ». La demoiselle incarne bien cette femme-enfant mi-effondrée mi-taquine qu’elle maîtrise si bien le temps du pastoral Space, il n’empêche que les trois musiciens nous entraînent dans une boite de nuit de Reykjavik – enfin, dans le backroom d’une boite de nuit bien fréquentée… tout ceci reste quand même fleur bleue. Le chant passé souvent au vocoder, les rythmiques coupées-décalées, les overdubs sont pétris de mélancolie jusqu’à s’achever dans une apothéose onirique ouatée (Dream Team Party Kids).

Certes, la 150éme référence de Morr Music ne sera probablement pas la plus marquante du catalogue du label allemand, mais elle en reflète parfaitement la teneur.

Tracklist
01. Random Haiku Generator
02. Love Will Leave You Cold
03. Wasted
04. Black Screen
05. Slowly
06. Citrus Light
07. Tennis
08. Space
09. Used And Confused
10. Go To Sleep Boy
11. The Sun Will Go Out
12. Dream Team Party Kids
Ecouter Sin Fang, Sóley, Örvar Smaráson - Team Dreams

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