Teenage Wrist : le shoegaze à la sauce « My Bloody Nirvana »

 Teenage Wrist - Chrome Neon JesuLe futur est un truc bizarre, une forme de passé altéré qui ressemble la plupart du temps à ce qu’on a connu hier mais en… bizarre, singulier, moins bien, comme si tout ce qui se présentait à nous naissait avec un chromosome en moins (sans vouloir blesser personne). C’est un peu la sensation qu’on a lorsqu’on écoute les nouveaux morceaux de Teenage Wrist, un groupe plutôt sympa dont le premier album Chrome Neon Jesus (ah bon sang, ce titre!) est sorti il y a quelques semaines maintenant. Le groupe est un trio de Los Angeles qui s’était fait repérer, il y a trois ans déjà, avec un EP à succès qui avait eu un grand succès aux Etats-Unis. C’est le genre de musique dont raffolent les colleges US, un brin agitée du bocal, puissante et en même temps pas si méchante. Les Teenage Wrist sont un trio composé d’un bassiste/chanteur Kamtin Mohager, d’un guitariste/chanteur Marshall Gallagher et d’un batteur Anthony Salaza qui fait le boulot. L’album s’écoute avec plaisir, à l’image du nouveau morceau enclipé, Dweeb, qui illustre assez bien ce qu’on achète ici : un machin shoegaze bien poli sur les bords, sonore mais qui ne fait pas mal aux oreilles, puissant mais qu’on peut présenter à sa belle famille.

Teenage Wrist a toutes les qualités et les défauts du rock US : bien produit (l’ingé son de Paramore est derrière), bien écrit (les textes apparents sont plutôt cool à la Ride) et les guitares en liberté façon « My Bloody Nirvana », sorte de furia shoegaze matinée de force punk vrombissante mais complètement maîtrisée et sans aspérités. Le chant flotte dans l’air, laissant sur l’auditeur une vague impression de féminité assumée. C’est beau, c’est moderne et il faut avouer qu’on se laisserait bien faire. La musique de Teenage Wrist fonctionne comme un trip à rebours plutôt bien fichu : dès les premiers accords, on a l’impression de se retrouver à quatorze ans dans un garage, pour la boum d’anniversaire de notre première petite amie. On s’était juste embrassés une fois avec la langue avant de splitter mais entre The Cure et les Cocteau Twins, la musique nous avait fait forte impression. Deux jours sur trois, on jugera qu’il n’est pas nécessaire de s’en souvenir. Pour le troisième jour, Teenage Wrist fera l’affaire. A quoi bon ?

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