Natacha Tertone fait son retour en mode chansons

Natacha Tertone - La patience n'exste pasFigure incontournable du rock indé français de la fin des années 90, la nordiste Natacha Tertone avait complètement disparu des radars depuis un bail, avant de se signaler à nouveau à nos oreilles en 2024 avec la réédition de ce qui reste à ce jour comme son meilleur album, le Grand Déballage. On avait pu renouer à rebours ainsi avec l’excellence de son écriture et les qualités d’une voix puissante, malléable et expressive, ce qui nous aura aussi donné envie d’écouter les premières chansons de son retour discographique, La Patience N’Existe Pas.

On ne sait pas si on reviendra plus avant sur le disque mais le nouvel album est intéressant à bien des égards. On y retrouve les qualités vocales et d’écriture de la désormais quinquagénaire, des textes qui se situent avec une subtilité pop unique bien au dessus de la mêlée et une forme de grâce dans l’énoncé qui rend les premiers morceaux intrigants et particulièrement séduisants. Natache Tertone a toutefois changé quelque peu de registre, moins rock à guitares, moins “indé”, et plus chanson ou pop française. L’accompagnement est plus léger, l’ensemble presque primesautier, mais sans se départir de son ancrage électrique. On pense parfois à Françoise Hardy pour le chant à plat et l’écriture très littéraire mais aussi très intelligible, à Alison Goldfrapp (ce qui est un demi-compliment seulement) pour des arrangements très mainstream enrichis d’electronica mais qui emmènent le disque dans un registre qui nous est moins familier. La comparaison avec l’Anglaise tient aussi à une capacité (que n’a jamais eu Hardy pour le coup) à pousser sa voix et à tenir la note ce qui, pour le meilleur et pour le pire, donne parfois des airs de Castafiore sophistiquée à l’artiste (sur le bon Je Tiens Bon et son final trop “chanté” pour nous).

On adore en revanche les textes et l’évidence mélodique d’un 1 2 3 Soleil, remarquable mini-tube amoureux, mi-chanté, mi-slamé ou encore la tenue d’un NON, qu’on imaginait évoquer le consentement homme/femme mais qui parle au final de tout à fait autre chose (ou pas). La théâtralisation de ce titre est à deux doigts d’être too much mais la conviction et la qualité de l’interprétation l’emportent largement sur nos réserves. L’album compte 13 titres et présente une chanteuse en pleine forme, pleine de vitalité et de maîtrise de ses effets. On conseille à celles et ceux qui ont aimé Natacha Tertone mais aussi aux oreilles simplement curieuses d’y aller faire un tour. La chanteuse sera également sur scène en release party à Lille le 20 mars puis en concert à Paris en avril.

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