(Avant le) Festival Outsiders : Momus est remonté sur scène à Karlsruhe

Momus live

Cela faisait sept ans que Momus n’était pas remonté sur scène. En 2019, juste avant le Covid, il s’était notamment produit à Barcelone pour un concert dont les vidéos disponibles sur youtube et ailleurs laissent penser qu’il valait le détour. C’est à Karslruhe, en Allemagne donc, dans le cadre d’un festival d’art contemporain (du style Nuits Blanches) que l’artiste écossais et ancien journaliste de Wired, a remis sa tenue de scène, pantalon ample façon barrel crème et polo assorti, sur ballerines/chaussons, pour proposer un set en apesanteur d’une petite vingtaine de morceaux, picorés dans une œuvre désormais monumentale. Dansant, chantant, jouant avec son double projeté sur l’écran derrière lui, Momus a livré une heure durant un set plein d’élégance et d’audace, dont un extrait de quinzaine minutes a été partagé sur sa chaîne Patreon. Aucune autre image n’a filtré bien que le concert ait eu lieu en pleine rue, sur une petite scène aménagée dans le centre-ville et devant laquelle on voit passer durant le quart d’heure d’images, des badauds plus ou moins attentifs. L’événement aura été discret, poli et posé là comme une offrande que n’ont sûrement cueilli que les personnes sensibles, averties ou celles attentives à la beauté du moment.

Ce qu’on attendait de découvrir, dans l’attente de son engagement le samedi 26 septembre, pour le Festival Outsiders 3, c’était évidemment la setlist de ce premier concert. Celle-ci fait une large place à des morceaux, et pour cause, jamais entendu sur scène comme Becoming You, Murder Me,  The Blond Beast ou Aktor tout en accueillant des “standards” ou raretés plus anciennes comme The Homosexual (1988), Hairstyle of the Devil (1989), Hypnoprism (2010) ou encore le terrible Murderers, the Hope of Women, tiré de The Poison Boyfriend (1987), et qui évoque le meurtre par un clerc de notaire d’une fillette de huit ans au XIXe siècle. On ne sera pas mécontent d’entendre sur scène Hatefulness, l’une des plus curieuses chansons du dernier album, dont on en profite pour partager le clip et qui rappellera évidemment plus que des souvenirs aux amateurs d’un certain groupe de Manchester.

Le concert semble s’être refermé sur un titre chéri par le public de Nick Currie, et renvoyant plutôt aux sonorités du groupe fameux qui a suivi le groupe fameux dont on parlait : A Complete History of Sexual Jalousy.

If looks could kill, I’d kill the men
Whose looks would kill you if looks could kill

And the men who say “No competition”
Know the competition love instills
I’m jealous of the people who ask me to ask you who’s keeping score
A Complete History of Sexual Jealousy Parts 17-24

Possible après tout qu’on meure en regardant Momus regarder les hommes qui nous rendent jaloux mais il y a sûrement des façons plus idiotes de mourir. Ce qui est certain c’est qu’on devrait mourir de plaisir à le retrouver sur scène dans l’écrin intime et chaleureux du Supersonic Records. Une setlist en appelant une autre, il est évidemment probable qu’on retrouve à Paris certaines des chansons citées ci-dessus et d’autres bien entendu. Places disponibles ici, ou depuis le site dédié.

Le dernier album de l’artiste, Mannequin, est toujours disponible, notamment désormais dans une édition 2 CDs qui reprend en CD2 l’ensemble des reprises de Michel Polnareff récemment enregistrées par Momus.

On ira bien sûr.

Photo : capture d’écran de la vidéo Patreon mise en ligne par l’artiste. Sur abonnement.

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