On s’attendait à ce que l’épouse de feu Shane McGowan, dont on célébrera les trois ans de la mort fin novembre, démarre les campagnes d’édition et de rééditions qu’on pressentait, par la sortie du fameux (nouvel) album posthume que McGowan composait et enregistrait, à sa mort, depuis plus d’une douzaine d’années. Mais il n’en sera rien et ce n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle. Le 13 novembre, sortira en fait un disque-hommage de prestige intitulé 20th Century Paddy – The Songs of Shane McGowan, lequel réunira un aréopage de stars et ami(e)s du chanteur des Pogues impressionnant et remarquable.
Le disque/coffret est proposé en pré-commande en 3 LPs ou double-CD avec, à chaque fois, un livret roboratif d’une cinquantaine de pages. On trouve parmi les chansons un bon nombre d’inédits comme une version d’Haunted avec Johnny Depp et Imelda May, I’ll Be Your Handbag par le Jesus and Mary Chain, A Pair of Brown Eyes avec Primal Scream ou encore The Old Main Drag avec David Gray. La première superstar à émerger du casting est son fidèle et très vieil ami Bruce Springsteen, qui a été l’un des derniers artistes à lui rendre visite à l’hôpital, et dont la reprise de l’une des chansons les plus belles et touchantes de McGowan, A Rainy Night In Soho, fait office de single de lancement du disque. La version du Boss est évidemment très belle et très précise, très juste et émouvante, mais la fidélité de l’interprétation nous fait dire que reprendre McGowan n’est probablement pas la chose la plus simple au monde, tant son grain de voix (appelons cela ainsi) est inimitable et son engagement mi-poétique, mi-brisé, mi-conquérant (ça fait trois moitiés… c’est bien cela le souci) quasi uniques. Le final “you’re the measure of my dreams” est d’ailleurs étouffé par un Springsteen qui, contrairement à McGowan, ne le charge pas autant d’espoir et d’énergie.
C’est évidemment tout le souci de ces disques hommage qui, sur le fond, ne servent pas à grand chose si ce n’est peut-être à assurer la vie du fonds et à faire connaître les originaux par ricochet à d’autres publics que ceux de l’artiste. On est un peu surpris, au casting, de ne pas trouver Nick Cave qui faisait aussi partie de l’entourage amical du chanteur depuis des décennies. Problème de planning peut-être ?
On ne résiste pas à retranscrire ci-dessous le texte intégral de cette chanson majuscule, à entonner, chanter, pleurer en solo ou en duo amoureux chez soi.
I’ve been loving you a long time
Down all the years, down all the days
And I’ve cried for all your troubles
Smiled at your funny little ways
We watched our friends grow up together
And we saw them as they fell
Some of them fell into Heaven
Some of them fell into Hell
I took shelter from a shower
And I stepped into your arms
On a rainy night in Soho
The wind was whistling all its charms
I sang you all my sorrows
You told me all your joys
Whatever happened to that old song?
To all those little girls and boys
Sometimes I’d wake up in the morning
The ginger lady by my bed
Covered in a cloak of silence
I’d hear you talking in my head
I’m not singing for the future
I’m not dreaming of the past
I’m not talking of the first times
I never think about the last
Now the song is nearly over
We may never find out what it means
Still there’s a light I hold before me
You’re the measure of my dreams
The measure of my dreams


merci de rendre hommage à Shane McGowan, un prince de la musique