Phil Spector se fait la belle et passe le mur de son

The Essential Phil SpectorDepuis sa prison en Californie où il croupissait depuis une bonne dizaine d’années pour avoir tué l’actrice Lana Clarckson, Phil Spector a enfin trouvé un moyen de s’échapper. Traversant enfin le mur de son (wall of sound), technique de production qu’il avait inventée un peu au même moment (et avec des moyens sensiblement différents) que l’Anglais Joe Meek (on dit ça, on dit rien), Phil Spector est mort ce dimanche, à l’âge de 81 ans.

On ne va s’embêter à tenter de résumer ses faits d’armes et son extravagance en quelques lignes. Phil Spector a été longtemps un producteur aussi génial qu’il était dingo. En 1980, il avait même réussi à rebuter les Ramones tellement il leur paraissait bizarre et dangereux, c’est dire. Menaçant régulièrement ses artistes en cours d’enregistrement à l’aide d’un flingue ou d’une arbalète, Phil Spector avait surtout été brillant au cours des années 60, avant de se reposer en grande partie sur sa légende, son aura et ses techniques érigées en tics, développées avec des groupes de filles dès ses débuts à la fin des années 50.

En 1970, il signa avec Let It Be, dernier album des Beatles rien que ça, sa production la plus controversée. Sollicité par Allen Klein (le nouveau manageur du groupe), avec l’assentiment de John Lennon et au nez et à la barbe de McCartney qui ne s’en remettra jamais, Spector enveloppe les sessions avortées de Get It Back dans une production ronflante que Paul McCartney reniera et révisera avec plaisir des décennies plus tard (2003) en un Let It Be… Naked qui permet de mesurer à la fois l’apport et une partie des défauts imputables à Spector.

Gravement accidenté en voiture en 1974, le Spector de la seconde moitié des années 70 et du reste de sa vie n’est pas forcément un gars aimable, souffrant officiellement d’une bipolarité marquée et ne signant plus grand chose de marquant.

Malgré tout ça, c’était un mec plutôt cool et dont les perruques n’avaient absolument rien à envier à celles d’Elton John et de Nicholas Cage. Ce n’est sans doute pas un truc à dire mais n’importe quel de ses morceaux des années 60 suffit à faire oublier la quasi totalité de ses conneries.

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