Alexandre Delano : bon pied, mauvais oeil

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Alexandre Delano - La nuit des couleuvresAprès Hyperrêve il y a quelques jours, on continue d’explorer les sorties récentes de la (jeune et moins jeune) chanson française avec la mise en ligne il y a quelques jours de ce nouveau clip d’Alexandre Delano, pour son Le Mauvais Œil, l’un des excellents titres de son album, La Nuit Les Couleuvres, sorti fin octobre 2024. Autant le dire tout de suite, on s’est raté sur cet album qu’on aura écouté seulement en début d’année, alors qu’on aurait dû lui consacrer une belle chronique en novembre.

Alexandre Delano est pourtant l’un des artistes français qu’on suit attentivement depuis son premier album et pas seulement par qu’il accompagnait depuis longtemps au sein du Delano Orchestra un dénommé Jean-Louis Murat. Le Clermontois continue de travailler avec les membres d’un groupe qu’il connaît bien pour ses qualités de composition et de jeu. Ce disque, la Nuit les Couleuvres, est son troisième disque solo et n’est pas loin d’être le meilleur. Comme cela a été dit ailleurs que chez nous, on ne fera que vous inviter à aller découvrir ce rock poétique, minimaliste et souvent down tempo, qui enjôle et brille par la chaleur et la qualité de ses textes. Les arrangements sont remarquables et le mélange de sonorités électropop et rock parfaitement réussi. On pense à notre chouchou Adrien Viot dans la manière de chanter un peu “à plat” mais aussi avec une scansion marquée et mécanique qui appuie sur les syllabes importantes. Cela ajoute de la gravité et de la solennité au propos. Le disque repose sur un concept un peu fragile mais qui relie les titres les uns aux autres, autour d’une figure mystérieuse (une fille nommée Olga) que le “narrateur” poursuit, interpelle, à qui il écrit ou chante son amour. On ne sait pas trop quels sont ses liens avec Olga, si elle existe vraiment ou si elle l’a jamais aimé (on suppose que oui), mais cette astuce narrative permet aussi d’unifier un espace sensible cohérent et des décrochés stylistiques variés. Le Mauvais Oeil fait partie des titres un peu soniques du disque et renvoie bien à cette écriture très littéraire, un brin abstraite et qui se situe dans la lignée d’une chanson française sophistiquée à la Bashung.

On avait un peu moins goûté le single précédent, Le Dernier Conclave, un peu trop synthpop et affecté pour nous, mais adoré en revanche Rodéo et surtout les Radios Françaises, magnifique titre auto dépréciatif (et qui risque bien de passer à la radio contrairement à ce que son auteur prétend). Le travail de Delano se situe au niveau des anciens Superflu, de Signal Faible et consorts. C’est à la fois attendu, en partie déjà entendu mais si bien fait qu’on mord à l’hameçon. Cette pop/chanson française intelligente, émouvante et parfaitement harmonieuse est un bonheur. Delano opère dans l’espace du rêve, de la nostalgie et de l’effacement. Son art est discret et précieux à la fois.

https://www.youtube.com/watch?v=QUy1FyERMNg

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