Présentés comme des bébés Morrissey, les Brigitte Calls Me Baby ont d’abord marqué les esprits en accompagnant leur modèle/mentor durant sa tournée de l’an dernier puis en prolongeant leur séjour européen et anglais en particulier en continuant de pousser de ce côté-ci de l’Atlantique leur premier album, The Future Is Our Way Out. D’aucuns sont tombés amoureux du style et du charme de ce groupe pop de Chicago emmené par son chanteur charismatique et sexy, avec de faux airs de James Dean, Wes Leavins, au point d’en faire l’un de leurs groupes favoris. Un peu moins convaincus par leur prestation sur scène et leur allure rétro-chic, on était restés à la traîne de la hype, tout en reconnaissant un certain panache et quelques belles qualités pop à l’ensemble.
On accueille donc dans un état d’esprit similaire les premiers morceaux de leur deuxième disque, qui sortira le 16 mars et qui s’appelle Irreversible. Après Slumber Party, le mois dernier, le groupe vient de lâcher un deuxième single, I Danced With Another Love In My Dream. Comme précédemment, si on reconnaît les qualités affichées par le groupe au chant et dans l’écriture mélodique, on reste peu réceptifs à cette imagerie ultra-léchée et à ces résonances 80s très marquées. Le premier morceau (soirée pyjama) parle d’un type qui vient frapper à la porte d’une nana et lui propose ou de sortir en ville ou de rester chez elle pour mater Blue Velvet en DVD. Le morceau se déploie dans un climat quelque peu irréel (qui peut laisser planer le doute sur la réalité de cette affaire) mais hautement sensuel avec un “refrain” d’une ligne qui est répété à l’envie et peut être interprété dans deux directions : “Oh, that’s what makes it harder/ That’s what makes it harder /Oh, that’s what makes it harder”. Le choix est rude mais la b*te est dure. On en pense ce qu’on veut mais l’audace nous dépasse quelque peu. I Danced With Another Love In My Dream est tout aussi stylé et ancré dans les années 83. Cette fois-ci, notre ami chanteur semble quelque peu embarrassé par un rêve oléolé où il aurait “dansé” (comme on dit dans ces cas là) avec une autre nana que la sienne. C’est classique et à vrai dire, cela ressemble plus à Duran Duran qu’à Morrissey et les Smiths, même si on a presque rien à y redire.
Groupe brillant ou trop appliqué et soigné pour être honnête, notre cœur balance toujours au sujet de ces jeunes pousses qui feront cette fois la première partie des Vaccines lors de leur tournée 2026 avant de revenir à Paris le 31 mars au Trabendo.

