Il y a un an exactement disparaissait la photographe Jeanne Saint-Julien. Rivkah – qui fut son amie – lui rend hommage avec une chanson nommée simplement Jeanne.
Jeanne Saint-Julien qui signait son travail Oneeyedjane, écuma longtemps les scènes rocks indépendantes où elle capta nombre de concerts, de performances, etc. Elle fut la collaboratrice de Rage, de Noise, d‘Obsküre Magazine et de nombreux autres titres de presse et médias.
Rivkah nous raconte la genèse très émouvante de cette belle chanson pleine de grâce…
Peux-tu nous présenter Jeanne Saint-Julien et son travail ? A quelle occasion vous êtes-vous rencontrées ?
Jeanne a été parisienne pendant longtemps, elle vivait dans le 20e, et on avait un tas d’amis communs, tous pratiquement artistes : Paul Toupet, Axel Kriloff, Franck Péco (batteur qui a joué avec moi), France De Griessen… et beaucoup d’autres.
Jeanne a toujours fait des photos, beaucoup de lives, a beaucoup photographié la scène « goth », mais depuis quelques années, ses photos avaient changées, elle avait traversée un bon nombre d’épreuves et puis, elle s’est mise a faire des autoportraits avec des effets de lumière qu’elle n’avait jamais expérimentés avant… A ce moment-là je me rappelle lui avoir dis qu’elle s’était comme révélée a nos yeux (et même aux siens, à mon avis)
Jeanne fait-elle partie des photographes qui t’ont shootée ?
La photo qui illustre l’article a été prise le dernier soir ou nous étions ensemble. Je devais poser aussi, mais ma petite fillette d’à peine quelques mois à l’époque dormait peu. Donc, devant me lever tôt, j’ai loupé la séance… C’est une amie proche qui se trouve sur le cliché et je suis fière que ce soit elle qui y figure. Malheureusement, Jeanne et moi n’avons jamais shooté ensemble.
Tu n’as jamais autant démultiplié ta voix que sur la chanson que tu proposes aujourd’hui ? Comment l’as-tu enregistrée ?
J’ai enregistré cette chanson le soir d’un jour où j’ai eu Jeanne. J’ai parlé avec elle en sachant qu’il ne lui restait pas beaucoup de temps… J’ai vite enregistré avec mon téléphone ma toute première version piano voix pour lui envoyer. Elle est pleine de larmes alors je ne l’ai faite écouter qu’à très très peu de proches. Jeanne a tout juste eu le temps de l’entendre et de m’envoyer un « Rebeka ! » accompagné d’un émoji qui pleure. Le lendemain elle est tombée dans le coma.
Je devais faire un clip avec des photos des nous tous pour la soutenir, mais deux jours après j’ai décidé de faire ce clip, afin qu’on le projette à ses funérailles. Entre le moment de la maquette de mon téléphone et l’enterrement, j’ai enregistré la version actuelle sur mon ordi, piano à part, basse et multiples voix. Je ne pouvais pas proposer celle avec sanglots.
Toutes ces voix sont venues en improvisant chaque piste… c’est un peu ma marque de fabrique, je crois, mais je voulais qu’elle soit accompagnée par nous tous, d’où le « we are all coming with you » qui ne pouvait pas être chanté par une seule voix.
Crédit photo : Jeanne Saint-Julien
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