[Clip] – Rocé se maintient debout

Rocé - Tenir Debout2020 année des retours dans le rap français, sept ans après son quatrième opus Gunz n’Rocé, José Youcef Lamine Kaminsky alias Rocé prend place afin de lutter pour Tenir debout.

Une mise en image d’Adrien Pavillard lancinante où les visages se succèdent à un rythme effréné dans une fresque mémorielle multiple. Le propos est haut et référencé. Un refrain aux accents ultra-modernes qui ne noie aucunement les scansions du rappeur qui chante la France qui prend l’allure d’un historien des (moments) oubliés. A rebours des canons du genre, il sert un discours adulte dont il a le secret. Une ode aux peuples victimes de l’impérialisme qui en perdent leur identité et pire le fil de leur histoire. Doubler d’une critique des sociétés consuméristes et start-upeuses modernes où l’apprentissage du sens collectif a été perdu ou bien vidé de sa substance. Deux thématiques terriblement d’actualité qui mettent en lumière un Rocé qui n’a pas abandonné son kimono et a conservé la constance d’engagement qu’on lui connaît.

Rappelons qu’en 2018 Rocé était derrière Par Les Damné.e.s de la Terre. Projet historico-musical qui déjà avait pour but de creuser le sillon du déracinement et de l’oubli historique par le biais d’artistes francophones engagés des années 70.

Pour perpétuer ce retour, d’autres morceaux sont à venir dont le fil conducteur sera la spontanéité (du moins pour les mises en écoute). C’est pourquoi, surveiller les différentes sources de communication de Rocé va devenir primordiale pour ne pas louper ses ricochets qui vont tel un super-héros changer le monde.

Tenir debout by Rocé

Rocé - Tenir Debout - paroles
Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

Stylés depuis des siècles on fait tourner le manège
On voit pas la recette de nos empreintes dans la neige
Ils ont cassés la chaîne pour pas que l’on se rappelle
Pour pas qu’on se souvienne qu’nos aïeux étaient balèzes

Nos histoires authentiques, un détail dans leur gros livre
Pour que l’occident vive toujours so fresh so clean
Et ce pays produit des tabous et des phobies
Dans la chronologie de toutes ses colonies

Les écoles nous mentent mal parce qu’elles veulent pas le scandale
Cherchent à faire du rentable mais la version est bancale
On efface nos histoires on garde au pire les hommages
Pour rendre plus honorable tout un empire colonial

Tous nos héros s’effacent, font pas parti du débat
Faut remplir nos mentales avec des âmes et des voix
Qu’on cite Abdelkader, Cabral ou bien Makeba
Harriet Tubman, Césaire ou Keita Soundiata

Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

On laissera quoi aux gosses à part une vie de start-up
Des cagnottes, des hold-up, des ragots et des carottes
Aucune bonne intention, pas de projets d’sociétés
Cherche pas à protéger, cherche pas à s’autogérer

Tout l’monde s’est fait léser, on aimerait se référer
Aux frères et sœurs passés qui auraient pu nous léguer
Des rêves et des échos, de l’espoir et du bon sens
Tous nos acquis sociaux et nos rêves d’indépendance

On sait rien de nos contes, des combats qui les animent
Africains, immigrés et ouvriers pactisaient
Quand ils se trouvaient contre la face de l’impérialisme
Et pour s’organiser ils devaient fraterniser

Tout ça a disparu pour qu’on ne sache pas le faire
Nous on se tire dessus mais on était frères hier
Fille, fils, c’est triste mais il se passe rien d’bien
Si tu récites un récit qui n’est pas bien l’tien

Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

Où sont nos histoires on ne sait rien de nous
Des peuples sans mémoire deviennent des peuples de fous
On perd tout espoir on a que du dégoût
Couteau dans le cou il faut tenir debout

Amilcar Cabral, Frantz Fanon, Titina Silla
Mohammed Maïga, Malcolm X, Paulette Nardal
Olympe de Gouge, Ruben Um Nyobé, Miriam Makeba
Kwame Ture, Sekou Touré, Adolfo Kaminksy
Ali la Pointe, Che Guevara, Ho Chi Minh
Võ Nguyên Giáp, Patrice Lumumba, Thomas Sankara
Angela Davis, Keita Soundiata, Emir Abdelkader
Marcus Garvey, Rosa Luxemburg, Solitude,
Cheikh Anta Diop, Bobby Sands, Aimé Césaire
Rosa Parks, Léon Gontran Damas, Francis Jeanson
Henri Alleg, Jean-Jacques Dessalines, Jean-Marie Tjibaou
Harriet Tubman, Funmilayo Ransome-Kuti
Assata Shakur, Germaine Tillon

Toutes les anonymes, tous les anonymes
Les mères, les pères, les cheikh, les sages
Les martyrs, les générations sacrifiées

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