Closer Talker / How Do We Stay Here?
[Sinnbus]

8.8 Note de l'auteur
8.8

Closer Talker - How Do We Stay Here?Et si l’un des meilleurs albums de l’année 2020 était paru avant l’apparition de ce satané virus et de cette grande chienlit généralisée qui s’en suit ? On peut vraiment se poser la question en découvrant le quatrième album de Close Talker dans sa version bonifiée désormais disponible en numérique (sur le label Sinnbus). Et il faut bien le dire, peu importe de savoir quand ce disque a-t-il été réalisé – d’ailleurs, après avoir épluché minutieusement les notes et crédits de (la très belle) pochette, on peut constater qu’il ne figure aucune information sur le sujet ! Comme quoi l’essentiel est bien ailleurs. How Do We Stay Here ? est un album éminemment contemporain et en prise avec son temps, voilà qui est suffisant pour le chronodater.

C’est un album également qui vient de loin et dont l’origine géographique, l’Ouest canadien, constitue incontestablement l’un des traits de caractère. Le temps qu’il a fallu pour que cet album nous arrive fait même partie du plaisir de la découverte. C’est autant de ressemblances avec notre grand coup de cœur de l’année 2014, les Australiens de Firekites et cela suffit à mettre en action la machine à rêves.

Comme souvent chez ces groupes mineurs auxquelles on accorde des vertus majeures, Close Talker n’offre rien d’original : ni dans sa formation (un quatuor masculin, classique chez la plupart des formations pop / rock) ni dans on style (on n’est jamais bien loin d’un axe tracé par Broken Social Scene et Death Cab For Cutie). Non, ce n’est pas grâce à des arrangements instrumentaux exceptionnels (encore que…) ou par l’adoption d’une posture singulière que les Canadiens se distinguent et séduisent. C’est là qu’il faut évoquer le supplément d’âme qui fait toute la différence. C’est ce truc qu’il n’est pas possible à définir et circonscrire, qui se loge entre les notes et les détournements des canons de la parfaite pop-song. On peut le percevoir au détour d’une partie instrumentale obstinée, d’une fin de phrase qui peine à sortir de la gorge, d’un riff de guitare plus appuyée, d’une circonvolution mélodique ou encore des petits détails de production. Lorsque le groupe se dévoile en gardant de la pudeur, de la retenue, en d’autres mots, de la classe. S’il faut un exemple pour étayer, Arm’s Length est un bel objet d’analyse entre sa structure alambiquée, ce break en mode mineur au milieu et la progression de la mélodie en moins de cinq minutes. La même chanson interprétée autrement n’aurait pas le même effet.

Au fil de ces onze chansons, et peut être encore plus encore sur les 4 compositions ajoutées dans la version numérique, Close Talker parvient à distiller une forte émotion, tout en laissant la place à chacun de pouvoir se projeter, s’approprier. Difficile de dire exactement pourquoi ni comment, mais on est persuadé que ces compositions sont éminemment personnelles et en même temps, elles sont universelles puisqu’on peut les faire nôtres.

Tracklist
01. Void
02. Wait
03. The Change It Brings
04. Arm’s Length
05. Pace
06. Wandering
07. Half Past Nine
08. Carefully In The Dark
09. The Lake By The Hotel
10. All-Time
11. Refuge
12. Second Best – DIGITAL BONUS
13. Counterpart – DIGITAL BONUS
14. Stride – DIGITAL BONUS
15. Stride (reprise) – DIGITAL BONUS
16. The Change It Brings (Nice Remix) – DIGITAL BONUS
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