Voilà un drôle de nom pour un groupe, Dééfait, avec ce deuxième “é” venu dont ne sait où et que la feuille de presse semble expliquer par les origines mexicaines de son chanteur Ric Lara. “DF” renvoie là-bas au Distrito Federal, autre nom qui désigne en réalité la ville de Mexique, splendide bourgade de plusieurs millions d’âmes en furie et dont on ressent toute l’énergie et le goût des excès ici. Va pour le nom de groupe. Mais la musique qui va avec et qui s’incarne dans ce EP qui sort chez Ici d’Ailleurs mérite le détour.
Il faut laisser sortir le feu. C’est ce qu’on entend ici sur le single We Love Each Other So Much That We Wont Belong To Any Species Anymore mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que la flambée, si elle est vigoureuse, ne s’apparente pas du tout à une soirée au coin du feu pépère. L’électricité est déséquilibrée, bringuebalante. On se balade dans ce premier morceau comme on irait à la rencontre d’un rejeton de I Love You But I’ve Chosen Darkness. Le résultat est un condensé de noirceur chaotique, flippant et anxiogène qui ravira celles et ceux qui aiment ces ambiances où la folie et l’électricité en remontrent à l’ordre et à l’harmonie. Les autres morceaux du EP témoignent, dans cette agitation, d’une force surhumaine et d’une énergie qui retournerait, si pas des montagnes, les têtes et tout ce qui les tient. On sort de là comme groggy, enivré et aspiré/recraché dans une transe mystique/lessiveuse. Dééfait, c’est bien ça finalement. On pourrait tout aussi bien rajouter deux ou trois é de plus tant il y en a sous le capot. Le seul bémol qu’on aura est celui du graphisme et du nom du groupe sur la pochette qu’on… arrive pas à lire du premier coup. On nous avait toujours dit que quoi qu’il arrive, la lisibilité graphique devait être préservée. Apparemment pas pour tout le monde.

