Clavicule / Full of Joy
[Le Cèpe Records / A Tant Rêver du Roi]

8.5 Note de l'auteur
8.5

Clavicule - Full of toyOn s’était promis à la sortie du premier single extrait du nouvel album de Clavicule de revenir sur le disque entier, Full of Joy, et il était hors de question qu’on ne tienne pas parole. Le disque des Rennais est probablement le meilleur disque de rock français (en anglais) sorti cette année, bruyant, sonique et turbulent dans un genre qui appelle des comparaisons grunge, punk ou garage, telles que Mudhoney, Nirvana ou plus près de nous Ty Segall et le King Gizzard.

Il y a une pointe d’accent sur l’entame Painkillers qui rend le chant un peu moins emballant que l’accompagnement tonitruant et incendiaire des guitares et rythmiques mais ne fait pas oublier les quelques martèlements Neworderesque du tout début. Les ruptures de rythme sont parfaites et dégagent d’emblée une belle aspiration à un classicisme bruitiste qu’on ne peut pas refuser. D’aucuns reprocheront au groupe de ne rien proposer de révolutionnaire ou de bien nouveau mais c’est une critique qui, à ce niveau d’exécution référentielle, ne pèse pas. A l’image de Frustration, Clavicule ne fait en quelque sorte que ce qu’il veut et sait faire mais le réalise formidablement bien et avec une conviction et une énergie qui emportent tout sur son passage. Punk speed sur l’excellent I Will Let You Know choral et quasi oï, ou punk appuyé et marqué à la MC5 sur un Do It qui pèse une tonne, le groupe nous présente 50 nuances de son qui font du bien et éclaboussent les oreilles.

On a déjà parlé du single Wilted Flowers alors on dira juste tout le bien qu’on pense d’un Rockets qu’on adore pour l’acharnement thérapeutique de sa seconde partie. Les guitares prennent du volume, sont frénétiques et ne relâchent leur étreinte que lorsque l’auditeur tombe groggy sur le sol. Clavicule compose avec précision et prend les titres comme on exécuterait un contrat, avec une froideur et une concentration totales. Cela ne les empêche pas de présenter un visage plus pop, mélodique et quasi tubesque sur un You magnifique et si romantique qu’il pourrait passer pour une extension musclée d’une franchise britpop. Destroy Me Again présente les mêmes vertus et nous renvoie à notre amour primitif pour les sucreries mi punk mi surf de Wavves. Il y a cette même décontraction crâneuse et cette même nonchalance jmenfoutisme, cet enthousiasme désinvolte de fumeurs de joints chez Clavicule que chez Nathan Williams et sa bande. Le morceau Queen Blizzard & The Sitar Guitar lorgne évidemment du côté des lézards australiens psychédéliques qui complètent l’annuaire des (bonnes) références.

INET (Slow Move) n’est pas loin d’être le morceau le plus cool de l’album, ponctuant ce coup de maître d’un final triomphal. Décidément, on ne se doutait pas qu’on avait ce genre de groupes en France et on en redemande. On peut y aller les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Tracklist
01. Total Happiness
02. Painkillers
03. I Will Let You Know
04. Do It.
05. Wilted Flowers
06. Rockets
07. You
08. Destroy Me Again
09. Queen Blizzard & The Guitar Sitar
10. INET (Move Slow)
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