Pour sa quatrième édition, la Biennale Internationale du Son “Le Mans Sonore” a considérablement enrichi son programme, avec diverses manifestations locales, investissements de nouveaux lieux et concerts en série, dominés par des prestations électro à l’image de la prestation (très appréciée) de Kompromat et… l’invitation surprise, en joli point d’orgue et pied de nez, d’une splendide free party… qui s’est invitée avec son sound system maousse et un bon millier de danseurs aux marges de la ville. L’accueil essentiellement policier réservé à cette “surprise” du son par lui-même aura eu le mérite indirect de compléter utilement le programme en offrant une représentation sociale qui ne figurait pas du tout au programme officiel, dominé par une approche artistique et technicienne, finalement plutôt consensuelle de l’économie du son.

Dans cette belle manifestation, on retiendra par sa qualité et parce qu’elle se prolonge jusqu’au 7 février, l’exposition Discover, accueillie dans le joli bâtiment de la Fabrique, en bord de Sarthe, qui vient conjuguer détournement astucieux de pochettes originales de disques iconiques (Kraftwerk, Massive Attack, Joy Division, Muse, etc.) et leçon de choses technique et scientifique des phénomènes sonores. Autour de panneaux très bien fichus et esthétiques, mais aussi d’appareils et dispositifs interactifs, l’exposition explique ce qu’est l’harmonie, présente les qualités du bruit blanc, du bruit rose, du bruit gris (en nous les faisant écouter), nous permet de nous amuser en mettant en avant et en “mixant” une guitare, une basse et une batterie. C’est ludique, très soigné et bien documenté. La balade dure 45 minutes peut-être, un peu plus si on s’attarde à faire mumuse sur les différents stands et c’est gratuit. L’exposition est délibérément orientée rock, ce qui ne peut que nous ravir avec, enfin, une bonne occasion de comprendre ce qui fait le charme du bruit, des effets fuzz, des vibrations et autres boucans tonitruants causés par nos artistes préférés. Une conférence sur l’esthétique des pochettes a été malheureusement annulée dans le même cadre où on aurait bien vu aussi quelques petits concerts.
Tous les sons ont leur place dans nos oreilles. La vidéo du “off” fait tout autant plaisir à voir et à écouter que la qualité et le soin porté au “in”. Comme quoi, les extrêmes même s’ils se combattent sont complémentaires.

Cette question de la pédagogie autour du son gagnerait de fait à être mise en avant. Le Mans Sonore y contribue avec pertinence et une grande cohérence à travers les années.

Photos : BB

