EZTV / High In Place
[Captured Tracks / Differ-Ant]

5 Note de l'auteur
5

EZTV - High In PlaceOn aura beau être (très) indulgents à l’égard des groupes rétro-futuristes qui abondent des années (peut-être même déjà plus d’une décennie ?) et accueillir en particulier avec la plus haute bienveillance toutes les productions en provenance de Captured Tracks, EZTV a un petit côté agaçant qui risque de lui faire prendre pour les autres. En effet, que l’innovation soit absente n’est pas un problème rédhibitoire sinon on n’écouterait pas les trois-quarts des disques actuels qu’on apprécie pourtant, mais faut-il encore y mettre un peu de cœur, d’entrain, de fantaisie, d’envie, de sensibilité… Bref, quelque chose en plus d’une bonne éducation, du savoir-faire technique et d’une belle gueule.

Sans aller chercher au-delà du seul catalogue du label new-yorkais, EZTV est à la peine – et ce, dès son premier album (Calling Out – 2015). Certains recyclent mais adoptent une démarche, une attitude qui les rend sympathiques et attachants (Mac DeMarco excelle dans ce domaine). D’autres font deux ou trois branchements bizarroïdes sur la console pour sonner différemment quand ils troussent une ritournelle hédoniste (Minks quand il recycle avec talent Felt). Quelques-uns même écrivent des chansons qui se donnent des airs de classic-pop (Nic Hessler ou Chris Cohen) ou laissent éclater leur mélancolie dans un panache de fumée rose (Wild Nothing).

Le souci avec High In Place, c’est cette impression de déjà entendu mille et une fois… mais en mieux. EZTV fait pourtant exactement ce que s’applique à faire un John Cunningham, par exemple parmi d’autres possibles, depuis des lustres. Entendre par là que tout est admirablement en place, du chant de tête un brin fausset aux guitares qui carillonnent s’appuyant sur une rythmique binaire, pour servir des compositions répondant aux canons édictés par The Beatles et The Beach Boys (héritage américain oblige). C’est bien agréable et ça se laisse s’écouter comme on boit un cappuccino : une attaque sucrée et une pointe d’amertume ensuite. Le problème, c’est qu’on en connait en devine déjà la saveur dès les premiers instants. Le trio déroule mais aucune des dix chansons n’accroche l’oreille (allez, par clémence, on citera quand même Goodbye Morning qui clôture le disque). Malgré un bon nombre d’écoutes pour y déceler la petite fêlure qui ferait la différence, pour deviner l’éclair de lumière qui toucherait à la félicité, on serait bien en peine de reconnaitre EZTV dans un blind-test dès demain. Pour son second album, EZTV a engendré d’un produit standard qui copie les standards.

Tracklist
01. High Flying Faith
02. Racing Country
03. Reason To Run
04. Clear
05. States Of Confusion
06. Hammock
07. Temporary Gold
08. Still
09. How Long’s It Going To Be
10. Goodbye Morning
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